‹ La petite MionneChapitre 8 sur 28 · II--- '~^ ^^ . — ^ · texte numérisé non relu

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fession qu'elle avait à remplir. Madame Gbéramy, mère de famille, disparaissait entièrement; il n'y avait plus là, dans la chambre, près de cette jeune femme, en proie aux douleurs de l'enfantement, qu'une sage-femme.

— Je suis arrivée juste à temps, madame, dit-elle en se tournant vers la vieille comtesse, qui l'avait suivie Jans la chambra.

Puis, s'adres^ant à Raymonde, qui la regardait avec dés mx suppliants, elle la rassura par de bonnes et douces laroles et lui fit reprendre courage. Elle se mit d'ailleurs tlui prodiguer des soins empressés.

Pendant près d'une heure encore, les plaintes, les gé- Dissements et les cris de douleur de ftaymonde rempliâQt toute la maison.

La sage-femme trouva dans la femme de chambre un usiliaire précieux. Quant à madame de Soleure, debout, ppuyée contre un meuble, impassible, et regardant de (té, elle attendait.

Un grand cri, plus terrible que tous les autres, retentit.

/ut suivi d'un long soupir de soulagement, puis d'un rofond silence. C'était fini. Un enfant venait d'entrer aos la vie.

Tenant le petit être dans ses mains, la sage-femme rononça ces mots d'un ton solennel :

- C'est une petite fille I

•- Yivr«-t'ellé ? demanda aussitôt madame de Soleure 'iwe voix vihraute,

- Dieu merci, çUe ne pense guère à s'en aller au pays ^ angea, répondit madame Ghéramy ; voyez, madame^ mme elle est bien constituée, toute mignonne qu'elle l; c'est une belle petite fille toute pleine de vie.

Les yeuxsecs^, un peu fiévreux de la comtesse s'arrêtent sur le chétif petit être, qui commençait à respirer à agiter ses petits bras, ses petittes jambes.

Raymonde tenait ses yeux fermés* Était-ce pour ne pas voir?

D'ailleurs elle n'éprouvait aucune émotion ; les paroles de la sage-femme n'avaient rien éveillé en elle. Maintenant qu'elle ne souffrait plus, son insensibilité était complète.

Sa femme de chambre l'aida à se mettre dans son lit, sur l'ordre de la sage-femme, qui, pour le moment, avait assez de s'occuper de l'enfant.

La mignonne fut mise dans des langes ne portant aucune marque, ce qui n'échappa point aux yeux perspicaces de madame Ghéramy. Ceci la confirmait dans cette pensée, qui lui était venue tout d'abord, que la jeune mère, appartenant évidemment à des parents riches, n'était point mariée. La pauvre enfant s'était laissé séduire et le mystère dont on entourait la naissance de l'enfant n'avait qu'un but : sauver l'honneur d'une famille.

Assurément, depuis qu'elle exerçait, la sage-femme s'était trouvée plus d'une fois en pareille circonstance; elle avait joué son rôle, plus ou moins passif, dans quelques-uns de ces drames intimes où le plus grand mystère est nécessaire, et elle avait déji\ bien des secrets de famille à garder.

C'est seulement quand elle eut emmaillotté la petite, et avant de la mettre dans son tout petit berceau en bois d'érable, acheté quelques jours auparavant à Dijon, en même temps que la layette, qu'elle la présenta à sa mère.

Raymonde resta froide : rien dans les yeux, pas un rayonnement au front, pas un mouvement de physionomie.

Cependant ses lèvres effleurèrent le front du petit ange quand, l'offrant à ses baisers, la sage-femme lui dit :

— Embrassez votre chère petite, madame.

Un instant après, la mère et. l'enfant dormaient.

Madame de Soleure &t un signe à la sage-femme et elle l'emmena dans une autre pièce, laissant la femme de cbambre seule près de sa maltresse.

— Je voua remercie, madame, dit la vieille comtesse. Tout s'est bien passé, aussi bien que nous pouvions le désirer; on ne m'avait pas trompée en me disant que Toas étiez ane habile personne, j'en ai eu la preuve sous les yeux. Encore une fois, merci. Vous ne redoutez aucun accident ?

— Aucun, madame, quant & présent, du moins.

— Ni pour la mère, ni pour l'enfant.

— Ni pour elle, ni pour lui, madame. Si, cependant, après mon dépari, quelque chose se manifestait, pouvant Yous inspirer des craintes, vous feriez venir un médecin.

— Nous ne voulons pas de médecin ici.

-~ A moins que sa présence no soit absolument nécessaire, répliqua finement madame Chéramy.

— Craindriez-vous donc quelque chose? demanda la comtesse un peu effrayée.

— Non, madame, non, rassurez-vous. D'ailleurs, je •donnerai à la femme de chambre de la jeune mère des iDstructions précises conceroant les soins à donner à sa

tmaitresse et à l'enfant.

— C'est cela, très bien.

— Du reste, je passerai ici le reste de la nuit et je ne m'en irai que demain matin & la première heure.

— Non, vous resterez près de votre malade la journée de demain tout entière : ce n'est que demain soir, la nuit venue, que vous serez reconduite ft votre domicile.

— C'est impossible, madame.

— Il le faut.

— Mais j'ai d'autres femmes qui réclamant mes soins : à chaque instant je puis être appelée par une de mes

cliente

leur in

idant quelques Heures. Vous aurez le courage de sacrifice qu'où exige de tous I II y aurait queliger à vous reconduire de jour, c'est pourquffl] partirez que la nuit venue. Vous devez ignorer ii Iroit vous êtes, et quand vous serez rentrée chK tus aurez à oublier ce qui s'est passé ici et les 9s que vous y avez vues.

1 vous Êtes entrée dans cette maison, vous ane: eau sur les yeux ; on prendra les n[i6mes pripour TOUS en faire sortir, et vous le pardonae- ;t un autre sacrifice à faire ; maïs tous en sere: nsée.

ivez bien compris, n'est-ce pas, qu'il y a autour un sombre mystère etque la naissance de cette le, qui repose en ce moment, innocente, daEs ;eau, n'est pas accueillie avec joie. Sa mère l'a monde en poussant des cris de douleur. Ali I n a, cela ; cette enfant a déjà causé d'autres doutrement grandes et terribles, et celles-là durejours.

ladame, tous touchez de près & un immense et >le malheur I mais c'est assas ; vous ne devez oir. Tout doit rester à jamais enseveli dans

en avez-vous d'enfants ?

itre, madame.

bas ftge ?

iné a huit ans.

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