‹ La Petite poste des amoureuxChapitre 7 sur 25 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Madame,

Quand on vous voit, on vous aime; Quand on vous aime, où vous trouve-t-on ?

Gontran .

Mademoiselle,

Je vous aime, et voilà bien longtemps que je retiens cette parole au bout de ma plume et de mes lèvres; car il y a une chose qui égale mon amour, c'est mon respect. Aussi je ne me consolerai jamais, si cet aveu vient à vous déplaire, il fallait pourtant bien finir par vous en informer, n'est-ce pas?

Pourquoi ne m'aimeriez-vous pas un peu, vous qui remplissez toute mon âme et que j'aime d'autant mieux que je ne tiens plus à personne au monde? Ma vie entière vous appartient ; prenez-la ou ne la prenez pas, mon amour sera toujours à vous, et je sens que je n'en guérirai jamais.

Voire resjtectueiu:.

Ërneat.

Mademoiselle,

Que vous êtes jolie et que vous devez être bonne ! Qu'il devra être heureux celui qui possédera et votre cœur et votre main ! Depuis que je vous ai rencontrée chez votre cousine, je n'ai plus qu'un désir, vous dire de vive voix tout ce que je ressens pour vous, qu'un vœu celui de vous obtenir de votre famille.

Dam le monde, les parents commencent par parler notaire et contrat, mais nous ne sommes pas du monde, aussi laissez-moi vous parler d'abord de mon amour et de l'entraînante sympathie qui m'attache et me rive à vous pour toujours.

Gaston.

Monsieur,

Nous avons beau ne pas être du monde comme vous le dites, je ne souffrirai pas que vous me parliez d'amour sans que mes parents en soient informés. Si, comme vous l'assurez, votre but est d'obtenir ma main, commencez par le commencement, voyez d'abord mes parents.

Us s'informeront si vous êtes honnête et laborieux, et, s'ils me conseillent de vous épouser, je leur obéirai volontiers.

Valentine,

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