CLAIRE, SAINTE-AMARANTHE, MORINCOURT
ADOLPHE^ en costume un peu grossier j tenant le milieu entre le ^campagnard et le provincial.
MORINCOURT, à AdolpllC.
Viens, mon garçon... viens ^ allons, approche... voilà
ma fille tiens, je le la présente. ( Bas h Claire et à
Sainte- A maranthe) Hein.... il n'est pas fort.... n'est-ce pas?.... Mais enfin ^ c'est égal, c'est un bon enfant ; il faut le ménager.
ADOLPHE, à Claire, d'un air un peu lourd. Ali! Claire; comme vous qles cml)i;llle, depuis que je ne vous ai vue!... Voulez-vous permettre que je vous em.brasse ?
CLAIRE, hésitant.
Mais... Bien volonlieis, monsieur Adolphe... (Illembrasse. — à part.) Il a l'air un peu gauche, mais pourtant sa présence me rappelle des souvenirs..
sTE. amauanthe, lorgnant Adolphe.
( A part. ) Bon ! le rival est comme je le présumais. ( Bas à Claire.) Eh bien!, quand je vous le disais.... C'est
presque un grotesque, regardiez donc sa cravate à la
*^olin.... Vrai.... Ça crie vengeance.
claire.
Ménagez-le, de grâce
STE. AMARANTHE
Il paraît qu'on est familier «n province, mon ami?
Vous croyez, monsieur.... Eh bien, oui.... on est familier Mais pas tant qu'ici, avec les personnes qu'on ne
connaît pas. ( A Morincourt. ) Qu'est-ce que c'est que ce monsieur là?
. MORINCOURT.
M. Narcisse de Ste.-Amaranthe, jeune homme charmant^ mon ami intime.
ADOLPHE
Tiens ^ moi, je le prenais pour un étranger... ou pour un numéro du Journal des Modes.
STE.-AMARANTHE
Pas mal, pas trop mal ça, pour une plaisanterie départementale.
MORINCOURT.
Un étranger! Eh ben ! c'est ça... c'est lajjiode aujourd'hui ; c'est comme moi, hier, en passant dans la rue, des petits polissons m'ont appelé Goddem J'en ai été enchanté, et je leur ai donné la pièce.
ADOLPHE
Dam... écoutez, je ne savais pas çà, père Morin.