LES DÉBUTS DE LA CONVENTION A BEAUMONT
Ces graves événements, qui ont bouleversé Paris du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795, ne paraissent pas avoir eu un grand retentissement dans notre petite ville de Beaumont. L'abolition de la royauté et la proclamation de la République, la condamnation et la mort de Louis XVI, la dictature de Robespierre et les exécutions de la Terreur, la Journée du 9 thermidor et la réaction thermidorienne ne sont même pas mentionnées dans les délibérations municipales et il n'en est pas davantage question dans les procès-verbaux de la Société populaire. Il semble vraiment que les citoyens de Beaumont, tout entiers à leurs affaires locales, n'ont même pas le temps de songer aux affaires, autrement importantes, qui intéressent la nation.
Les esprits, du reste, ont bien changé depuis deux ans. Loin de s'entendre, comme en 1789, et de rester unis pour consolider ot développer les conquêtes de la Révolution, les habitants de la ville et de la campagne se laissent diviser, souvent par des intérêts mesquins tout autant que par des considérations d'ordre politique, et, comme à la Convention, ils vont former deux partis, le parti des avancés et le parti des modérés, dont l'animosité ira toujours en grandissant et qui ne cesseront de lutter l'un contre l'autre, au grand détriment de la tranquillité publi(|uc et des intérêts communaux. Ces dissensions intérieures, nous les retrouverons un peu partout, dans les délibérations municipales, dans les réunions de la Société populaire, dans les