UN NOUVEAU MAIRE
ce sujet, écrites de sa propre main, dans le registre des délibérations de 179J (.-In//. ;;///;/., 2^' Registre, p. 400) :
Ce jourd'huy douzième novembre mil sept cent quatre-vingt-donze, l'an premier de la républiciue, par des grandes raisons à moi très connues, je donne ma démission de procureur de la commune.
Blanchard.
Il la retira, du reste, quelques jouis après, cédant à je ne sais quelles sollicitations. Je reproduis ici les quelques lignes qu'il écrivit, à ce sujet, sur le registre municipal {loc. cit., P- 415) :
Ce jourd'huy vingt-sixième du mois de novembre mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an premier de la république française, je soussigné, Pierre Blanchard, déclare me rétracter de la démission de procureur de la commune écrite sur le présent registre en date du douzième du courant, pour en continuer les fonctions ordinaires du consentement des officiers municipaux icy présents qui ont signé avec moi.
Beaumont en l'hôtel commun le jour et an cy dessus.
Blanchard.
Colin, maire. Grenier, off mp'. Dubut, off . mp'.
Un nouvel incident, celui-ci plus sérieux, nous attendait.
Vers le milieu de décembre, le fardeau du pouvoir pesant trop lourdement peut-être sur ses épaules un peu débiles, Pierre Colin, maire, se décide, à son tour, à démissionner et il écrit (c'était l'usage alors) sur le registre des délibérations municipales {loc. cit., p. 424) les trois lignes que voici (je respecte l'orthographe) :
Ce jourd'huy dix septième décambre mille sept cent quatre vain
douse, l'an premier de la république fransèse par des grande réson à
moi très connue je done ma démission de maire.
Colin.
Colin, comme Blanchard, se retire pour de « grandes raisons à lui très connues ». Ces raisons, il ne les fait pas connaître, mais on les devine. Le nouveau maire, homme paisible, sans instruction comme sans caractère, était peu fait pour la politique militante. C'était comme un homme de paille, derrière lequel s'agitaient les républicains modérés de Beaumont — nos
Girondins — ■ pour enrayer les aspirations révolutionnaires des républicains avancés — nos Jacobins — les Loiseau, les Lacoste, les Labarrière et autres. Tiraillé par les uns et par les autres, ne pouvant arriver à contenter ceux-ci sans mécontenter ceux-là, il estima que la vie qui lui était imposée était une vie insupportable et il se rendit de lui-même aux douceurs relatives de la vie privée. Il avait gardé l'écharpe municipale deux mois et un jour.
Plus logique avec lui-même que le procureur de la commune, Pierre Colin ne revint pas sur sa décision. Sa place ne pouvant rester longtemps vacante, le procureur Blanchard, avec l'assentiment des officiers municipaux, fait convoquer les citoyens actifs de la commune pour le 31 décembre, jour de dimanche,
à 9 heures du matin, en l'hôtel commun, pour y procéder à l'élection d'un nouveau maire.
L'élection se fit suivant les règles habituelles : le premier tour de scrutin donna la majorité absolue à Jacques Coste S officier municipal.
Dans la même séance, Jacques Coste fut remplacé, comme officier municipal, par Jacques Auriel, notable.
Les deux nouveaux fonctionnaires font officiellement leur entrée au conseil le 12 janvier 1793 et y prêtent le serment prescrit par la loi. Cette formalité, une fois remplie, le maire et les officiers municipaux présents à la séance arrêtent, à la pluralité des suffrages, que les citoyens Jacques Coste et Antoine Randonnicr formeront à eux deux désormais le bureau municipal.
Le citoyen Jacques Coste,
Khi ni.iiro do Boaumonl (doroiiihro 17112) en rcmplncoment de Pinn-o Oïlin
I. Jacques Coste, le nouveau maire, habitait sur In rue Devtier la maison occupée aujourd'hui par M. Desnoyers, notaire. Il exerçait la ]irofession de cordonnier. Connue tous les ouvriers, à cette époque, il n'avait reçu i|u"une instruction des plus rudiuieu» taires, mais il était inlelligcul et très pondère. C'était, eu plus, un liomuie de caractère.