QUESTIONS RÉPONSES
i^ Quel est le nom du maire? Pierre Giraudel.
20 Quel est le nom de chaque Jean Durant et Jean Combe. officier municipal?
3° Quel est le nom du secré taire greffier?
Pierre Giraudel était secrétaire, mais ayant été nommé maire par le Comité révolutionnaire, depuis, Pierre Lamouroux en a fait les fonctions.
40 Quel est le nom de chaque Georges Auriel et Pierre notable? Lourtal.
50 Quel est le nom du per- André Grenier. cepteur des impositions?
60 Le maire, quelque officier municipal, le greffier, quelque notable exercent-ils d'autres fonctions publiques?
70 Quels sont les officiers municipaux ou notables qui exercent d'autres fonctions publiques ?
80 Quelles sont les autres fonctions qu'ils exercent?
90 Exerces-tu toi-même d'autres fonctions publiques?
iqo Le nombre des officiers municipaux est-il complet?
11^ S'il n'est pas complet, combien en manque-t-il?
12° y en a-t-il qui aient donné leur démission?
130 Le nombre des notables est-il au complet?
Oui.
Jean Durant, officier municipal.
Huissier national.
Non.
Non.
Deux.
Non, ils sont décèdes.
Non, il en manque trois, qui sont décédés.
QUESTIONNAIRE DU DISIKICÏ AUX MUXRIl'AI.lTKS
L'agent national de la commune de Glottes certifie l'cclaiicissement ci-dessus sincère et véritable.
A Clottes, le 30 vendémiaire, l'an 3 de la République,
Barriat, agent national.
80 COMMUNE DE RAMPIEUX
QUESTIONS
REPONSES
1° Quel est le nom du maire? Pierre Gay.
2° Quel est le nom de chaque offîc ier m u nicipal ?
30 Quel est le nom du secrétaire greffier de la commune?
^^ Quel est le nom de chaque notable?
50 Quel est le nom du percepteur des impositions ?
6° Le maire, quelque officier municipal, quelque notable exercent-ils d'autres fonctions publiques ?
70 Quels sont les offiiciers municipaux ou notables qui exercent d'autres fonctions publiques ?
8^ Quelles sont les autres fonctions publiques qu'ils exercent?
90 Exerces-tu toi-même d'autres fonctions publiques?
Jacques Ségala et Pierre Gouyou.
Pierre RoucheyroUe.
Martin, Vernet, Eymery, Biard, Jaubert, Caminade.
Pierre RoucheyroUe.
Oui.
Ségala.
Officier public.
Raymond Vyé, agent national, exerce la fonction d'officier de santé.
10° Le nombre des officiers municipaux est-il complet?
11^ S'il n'est pas complet, combien en manque-t-il ?
120 Y en a-t-il qui aient donné leur démission ?
130 Quels sont les motifs connus de leur retraite ou démission ?
140 Le nombre des notables est-il complet?
15° S'il n'est pas complet, combien en manque-t-il?
160 Y en a-t-il qui aient donné leur démission?
170 Quels sont les motifs connus de leur retraite ou démission?
Oui.
Néant.
Néant.
Néant.
Oui.
Point.
Point.
Néant.
K. Vyé, agent national.
ij" COMMUNE DE LABOUQUERIE
C'est le maire, Nadal, qui remplit le questionnaire (il est facile de reconnaître son écriture) ; mais c'est le citoyen Pagnoux qui atteste la sincérité des réponses et qui signe le document. Je le reproduis textuellement, en respectant, comme toujours, les fautes d'orthographe :
QUESTIONS
lo Quel est le nom du maire?
REPONSES
Nadal cultivatur de sont biens.
2^ Quel est le 7iom de chaque Michel Faure, marié, cultivaofficier municipal? teur et Kandonnier marié cul-
tivateur.
QUESTIONNAIRE AUX MUNICIPALITES
3^ Quel est le nom du secrétaire greffier de la commmie?
40 Quel est le nom de chaque notable?
50 Quel est le nom du percepteur des impositions?
60 Le maire, quelque officier municipal, le greffier, quelque nota ble , exercent - ils d'autres foiwtions publiques?
70 Quels sont les officiers municipaux et notables qui exercent d'autres fonctions publiques?
8» Quelles sont les autres fonctions publiques qu'ils exercent ?
90 Exerces-tu toi-même d'autres fonctions publiques?
10° Le nombre des officiers municipaux est-il complet?
iio S'il n'est pas au complet, combien en manque-t-il ?
12^ Y en a-t-il qui aient donné leur démission?
Jean Boysset, veux (pour veuf), cutivateur.
Remont Durent, marié, cultivateur; Andret Merle, cutivateur, veux; François Petit, cutivateur, marie; Jean Jeuglat, marié, munier; Jeans Boisserie, ticerent; Alins Laguarigue, marié, cutivateur.
Linares Antoine, marie, cutivateur.
Le maire et le off'"'^ municipal, le grefier et notable net font que cette fonssions.
Que la fonssion de la municipalité.
Nons, je travaillie mon Bien.
Uist (pour oui).
Pas uns.
Nomt (pour non).
13*^ Quels sont les motifs connus de leur retraite ou démission?
140 Le nombre des notables est-il complet?
150 S'il n'est pas complet, combien en majique-t-il?
160 Y en a-t-il qui aient donné leur démission?
170 Quels sont les motifs connus de leur retraite ou démission?
Uist (pour oui).
Pas uns.
Nont.
Notre municipalité, compogée d'un maire, un agen national, du (pour deux) officies municipauxs, sit notable, un checretere grafies, je la testes (l'atteste) censere et véritable.
Pagnoux, agen national des la Bouqueries.
Décidément le maire et l'agent national de Labouquerie ne comptaient pas parmi les lettrés de l'époque, et il en était ainsi dans beaucoup de communes rurales. N'oublions pas que la plupart des membres de la municipalité, dans nos campagnes, étaient des cultivateurs qui n'avaient reçu, à une époque où les écoles étaient rares, qu'une instruction toute rudimentaire. Discourant toujours en patois, ils s'exprimaient très mal en français et, quand ils prenaient la plume, ils écrivaient exactement comme ils prononçaient {compogé pour composé, mayzou pour maison, checretere pour secrétaire, etc.) sans se préoccuper le moins du monde des règles de grammaire, (Qu'ils ne connaissaient pas et de l'orthographe des mots, à laquelle ils n'attachaient aucune importance. Ils arrivaient ainsi à rédiger des notes, des lettres, des procès-verbaux qui fourmillent de fautes
QUESTIONNAIKi: AUX MUNICIPALIiÉS 483
et qui parfois même sont peu lisibles pour ceux qui n'ont aucune notion de notre idiome gascon. Cela, fort heureusement, ne les empêchait pas d'être de bons administrateurs, apportant dans l'étude et la solution des affaires publiques beaucoup d'intelligence pratique et une activité inlassable. Ce fut le cas pour la municipalité de Labouquerie. Avec l'aide de son ami Nadal maire, Pierre Pagnoux, comme^agent national, géra les^affaires
FiG. 82.
La municipalité de Labouquerie en 179».
Le citoyen Nad;il, maire; le citoyen Linarès, procureur de la commune; le citoyen l'agnoux aujourd'liui agent national, était alors secrétaire greffier.
de la commune avec un dévouement qui n'avait d'égal que son désintéressement et son patriotisme.
On me permettra d'ajouter que, dans un autre ordre d'idées, l'agent national Pagnoux rendit un signalé service à son pays en lui donnant vingt et un enfants. On n'avait pas alors à se préoccuper de la question, si troublante aujourd'hui, de la dépopulation !
J'ai eu l'occasion, dans mon enfance, de voir au village du Tronc, un superbe vieillard, Pierre Pagnoux, le « vieux Pagnoux » comme on l'appelait alors, qui depuis bien longtemps remplissait à Labouquerie les fonctions de maire. C'était, il m'en souvient, une personnalité considérable, jouissant de l'estime publique, respecté et aimé de tous. Il vivait dans une modeste aisance, au miheu de ses enfants et petits-enfants. On disait couramment de lui qu'il avait été riche, très riche même et qu'il s'était ruiné par excès de bonté, en secourant les pauvres et, dans les années de disette, en achetant des grains pour distribuer à ses compatriotes nécessiteux. J'ai cru, tout d'abord.
que cet aimable vieillard, à la table duquel je me suis assis quelquefois (car j'avais pour camarade d'études son petit-fils, mort depuis) n'était autre que ce bon et brave républicain qui, en 1793, eut l'honneur d'être porté par la confiance des électeurs de Labouquerie au poste envié d'agent national de la commune. Mais à la réflexion et après avoir fait quelques recherches, j'ai acquis la certitude qu'il était son fils, son plus jeune fils qui, continuant les traditions du père, se dévouait avec la même activité et le même désintéressement aux intérêts de ses compatriotes.
§ 6. - L'acceptation, dans le canton de Beaumont, DE la Constitution de 93.
La Convention nationale avait été élue pour donner une constitution à la France. Mais, tout entiers à leurs querelles intestines, les députés reléguèrent l'acte constitutionnel au second plan de leurs préoccupations : ils l'oublièrent pour ainsi dire. Les événements des 31 mai- 2 juin 1793, qui amenèrent la chute des Girondins, provoqua dans plusieurs grandes villes de France un mouvement contre-révolutionnaire et jusqu'à de véritables insurrections locales. On ne voulait à aucun prix de la dictature de la Commune. Les départements se soulevèrent en masse contre Paris.
Le Comité de salut public ne fut pas sans s'émouvoir d'un mouvement aussi important que significatif et il jugea alors que, pour éviter la guerre civile et sauver la France, il n'y avait qu'un moyen : c'était « de faire une Constitution qui ralliât les départements, de la faire vite, de la faire tout de suite, de la bâcler même s'il le fallait ». (Aulard, loc. cit., p. 296.)
On alla vite, en effet. Hérault de Séchelles, à qui fut confiée la rédaction de la nouvelle constitution, la mit sur pied en six jours. Le Comité de salut public l'adopta dans la journée du 10 juin. Le 11, elle fut déposée à la Convention, qui la vota le 24 du même mois.
Ce fut la Constitution de 1793.
ACCEPTATION' DE LA COXSTITl'TIOX DE q3 4S5
La Constitution de I793avait un caractère nettement démocratique. Elle avait à sa base le suffrage universel et, d'autre part, elle instituait le refcrendum populaire : le corps législatif rendrait des décrets et proposerait des lois; or, tandis que les décrets seraient immédiatement exécutables, les lois ne pourraient l'être qu'avec la sanction du peuple, qui avait en somme le dernier mot en matière de politique générale. C'étaii là une première satisfaction donnée aux départements. La Constitution leur en donnait une autre : alors que les départements redoutaient la dictature d'un seul homme, elle confiait le. pouvoir exécutif à vingt-quatre citoyens, à la nomination desquels concouraient les départements eux-mêmes. Enfin, pour calmer les appréhensions de certains départements de l'Ouest, qui tenaient tout particulièrement à leurs prêtres et à leurs églises, la Constitution nouvelle proclamait le libre exercice du culte.
Après avoir voté l'acte constitutionnel, la Convention, dans sa séance du 27 juin, décréta que, dans la huitaine qui suivrait la réception du décret, il serait présenté à l'acceptation du peuple, convoqué dans chaque canton en assemblées primaires.
A Beaumont, les citoyens des différentes communes du canton se réunirent en assemblée primaire le 14 juillet [Arch. nat., B-II 8). Je ne sais dans quel local eut lieu la réunion, mais j'ai tout lieu de croire que ce fut dans la chapelle du « ci-devant couvent » des Dames de la Foy.
Avant de procéder à la nomination du bureau, un électeur de Sainte Sabine demande que l'assemblée se partage « suivant le vœu de la loi ^ en deux sections. L'assemblée, après une longue discussion, reconnaît le bien-fondé de cette proposition. Mais un membre ayant observé que, « dans ce jour solennel, le peuple ne saurait être serré de trop près », l'assemblée a décidé que, pour y • / ^.
cette fois, elle ne se séparerait pas ^
et que les opérations seraient faites „
en commun.
y... . T-. 111 ^>'' L* citoven Hilaire Ravnal,
Hilaire Reynal, le doyen d âge, président provisoire
remplit provisoirement les fonctions Je rassemblée du 14 juillet.
ecUiL, J^ o}r^
de président. Michel Lacoste, curé de Beaumont comme le plus jeune, remplit les fonctions de secrétaire; Jean Delpit,
Pierre Brugières et Antoine Carrière, celles de scrutateurs.
Le bureau provisoire installé, on passe à l'élection du bureau définitif. Le dépouillement du scrutin donne les résultats suivants : Président: Jean Delpit (de Saint Avit Sénieur). Secrétaire: Jean Baptiste Labarrière (de Beaumont). Scrutateurs : Jacques Coste (de Beaumont), Pierre Blanchard, (de Beaumont), Antoine Carrière (de Beaumont).
Le président annonce alors l'objet de la réunion et passe la parole à Labarrière pour donner lecture de l'acte constitution-
FlG. 84.
Le citoyen Lacoste, curé de Beaumont, nommé secrétaire provisoire.
FiG. 85.
Le citoyen Jean Delpit (de Saint Avit Sénieur), nommé président de l'élection.
nel présenté au peuple français par la Convention nationale. Cette lecture se fait au milieu du plus grand silence, en provoquant des marques unanimes d'approbation.
La lecture faite, le président, « attendu l'heure tarde et du consentement de l'assemblée »
lève la séance et ajourne la délibération au dimanche suivant, 21 du courant, à 8 heures du matin.
Le dimanche suivant, à l'heure dite, les citoyens du canton
FiG. 86.
Le citoven J.-B. Labarrière, nommé secrétaire.