L EMPRUNT FORCE
Antoine Girot et Jacques Auriel, commissaires commis par le conseil général de la commune, à l'effet des vérifications des cotes de la contribution foncière portées au rôle de la présente commune et sur ceux des communes où sont situés leurs biens, étant réunis dans une des chambres de la maison commune, conformément à la loi du 3 septembre 1793 (vieux style) concernant l'emprunt forcé, et ayant procédé à la vérification des déclarations faites au secrétariat de la présente municipalité, des extraits des matrices des rôles de Beaumont, Montcany, Bannes et Gleyzedals pour l'année 1793, attendu que les rôles de 1793 ne sont pas faits, lesquelles dites communes sont dépendantes de la susdite municipalité de Beaumont, nous avons reconnu que pas un des habitants de ladite municipalité n'est compris dans cette classe sujette à l'emprunt forcé.
Dont et de tout nous avons dressé le présent procès-verbal à Beaumont les jour et an ci-dessus.
Ters. Bessot.
Auriel. Colin. Darchier. Girot.
Robert, sec. gr.
A Montavit, le conseil général de la commune, assemblé le 28 brumaire an II, procède au choix des six commissaires. Ce choix se porte sur les citoyens Raymond Marchés, Jean Monzie, Jean Puyvandrant, officiers municipaux, Guilhaume Lacoste, maire; Guilhaume Goudal, procureur de la commune, et Pierre Castaing, notable ; lesquels, dit le procès-verbal, « sont chargés de surveiller scrupuleusement l'exécution du décret». Six jours après, le 4 frimaire, les dits commissaires se réunissent à la maison commune sous la présidence du maire Lacoste et, après une délibération qui fut fort courte, signèrent le procès-verbal que voici. Il est écrit tout au long de la main de Delpit fils, qui faisait fonction de greffier, greffier bénévole, car à la suite de sa signature il ajouta, pour bien spécifier son rôle, « pour le secrétaire greffier » :
Nous commissaires nommés par le conseil général de la commune de Mont Avit, ci-devant Saint Avit Sénieur, pour vérifier et signer les déclarations des citoyens soumis à l'emprunt forcé, d'appeler les citoyens qui, étant dans le cas d'en donner, ne l'auraient pas fait, et de suppléer à celles qui n'auraient pas été remises ou qui ne seraient pas exactes, certifions qu'aucun citoyen ne s'est présenté pour faire des déclarations et que nous n'en avons appelé aucun, parce que nous sommes convaincus, soit par l'inspection des rôles des contributions, soit par les con.
naissances particulière? que nous avons des fortunes de nos concitoyens, qu'aucun d'eux n'est compris dans la loi du 3 septembre dernier.
En foi de quoi, nous avons lédigé le présent procès-verbal, à ]\Iontavit le 4 frimaire de l'an 2^ de la République une et indivisible.
Lacoste, maire. Goudal, pv' de la Cne.
Marchés, off. mpl. Monzie, off. mpl. Puyvandrant, off. mpl.
Castaing, notable. Delpiï fils, pour le secr. greffier.
A Bourniquel, ce sont les citoyens Jean de Terme Laplane, Elie Ducros, Jean Ducros, autre Jean Ducros notaire, Jean Lagorce et Jean Chambon qui sont chargés de vérifier les déclarations des citoyens de la commune relativement à l'emprunt forcé. Après une sérieuse enquête, ils déclarent « en leur âme et conscience » qu'il n'y a aucun citoyen, domicilié ou propriétaire dans la commune, qui soit dans le cas d'être compris dans les rôles de l'emprunt forcé. Un seul pourrait, au besoin, y être compris, c'est le citoyen Saint Exupéry Rouffignac « pour raison du domaine de Cardou ». Mais, « comme ledit citoyen Saint Exupéry ne réside pas sur ladite municipalité, depuis plus de deux ans en ça; que, d'ailleurs il est compris dans la classe des émigrés^ suivant l'arrêt du conseil général d'administration du district de Belvès du 26^ jour du i^'' mois de l'an 2 de la République qui, en conséquence, a ordonné la saisie et séquestration de ses biens et eiïets mobiliers », les commissaires, après en avoir conféré avec le conseil général de la commune de Bourniquel, déclarent qu'il n'y a pas lieu de comprendre ledit citoyen Saint Exupéry sur les rôles de l'emprunt forcé, sauf (ajoutent-ils), l'avis des administrateurs du district.
I. M. de SI Exupéry était inscrit en effet sur la liste des Émigrés du district de Belvès, mais hien à tort: car, s'il avait quitté Bourniquel, il n'avait pas un instant quitté le territoire français, comme l'attestent plusieurs certificats de résidence à lui délivrés en 1792 par la municipalité de Bordeaux. 11 revint à Bourniquel vers la fin de Pan II, avec sa femme et deux de ses fils, et il s'empressa, en fournissant à l'appui de sa requête de nombreux certificats de résidence, de demander sa radiation sur la liste des Émigrés avec sa réintégration dans la jouissance de ses biens. La requête du citoyen Saint Exupéry était l'ondée et radministratiou du district l'accueillit favorablement.
L EMPRUNT KOKCE 545
A Saillie Sabine, le 22 germinal de l'an II (10 août 1794), l'agent national de la commune convoque à la mairie les officiers municipaux, les notables et les commissaires nommés à l'effet de poursuivre l'exécution de la loi relativement à l'emprunt forcé. On lit, à ce sujet, dans les registres de la municipalité de Sainte Sabine :
Séance publique du zi germinal an II de la République une et indivisible.
L'assemblée, ayant été convoquée par l'agent national, les officiers municipaux, notables et commissaires vérificateurs nommés relativement à l'emprunt forcé se sont réunis au lieu ordinaire des séances de la municipalité.
La discussion a été ouverte sur l'emprunt forcé et après de (meures) (sic) réflexions, il a été unanimement reconnu cju'il n'y avait personne dans la commune de Sainte Sabine sujet à l'emprunt forcé.
Fait et arrêté le même jour que dessus.
Blanchier, maire. Claveillk, off. inpl.
NoAiLLE, off. mpl. Groufeiek, off. mpl. Marnikk, off. iiipl.
Bigot, off. mpl. Bigot, notable
A Born de Koquepine, le conseil général de la commune, dans sa séance du 26*" jour du 2^ mois de la 2*^ année de la République française une et indivisible (16 novembre 1793), s'occupe à son tour de l'emprunt forcé. Il ne nomme que deux commis- -saires vérificateurs, les citoyens Jean Moliérac et Lespinasse, officiers municipaux. Là aussi, il n'y avait aucun habitant qui fût touché par la loi.
A No jais, les citoyens Landa Fontanelle et Rasteau Lanauve, nommés commissaires vérificateurs le 8 frimaire, rendent compte de leur mission au conseil général de la commune dans sa séance du 20 frimaire (10 décembre 1793) : « Ils demandent qu'il soit enregistré qu'ils n'ont reconnu personne sujet à l'impôt ; au contraire, que suivant le sentiment de la loi, les plus avancés en fortune en sont fort éloignés. »
A Cloltes, les citoyens André (irenier et François Barriat, commissaires pour l'emprunt forcé, déclarent qu'il n'y a pcr-
54^5 BEAUÎMOXT sors LA CONVENTION'
sonne dans la municipalité qui soit sujet à l'emprunt. Ils ajoutent que le plus fort imposé de la commune, Durfort Boissière, le ci-devant seigneur de Puybeton, ne retire de ses biens sur le territoire de Glottes que la somme de 926 livres. Du reste, Durfort Boissière est, comme Saint Exupéry de Bourniquel, inscrit sur la liste des Émigrés et ses biens sont sous séquestre, A Lahonquerie, la municipalité répond aux administrateurs du district par une lettre qui se termine ainsi :
Vous voyez par là, citoyens, que nous n'avons aucun individu de notre commune sujet à l'emprunt forcé suivant la loy. Soyez assuré que c'est d'après la plus exacte recherche.
Labouquerie, le 9 germinal de l'an II de la Rép. une et indivisible. Salut fraternel.
RoussET, commissaire. Pagnoux, commissaire.
A Rampieux, nous avons encore une déclaration négative, signée du maire et de deux officiers municipaux :
Nous, maire et officiers municipaux de la commune de Rampieux, certifions qu'il n'y a personne dans notre commune sujet à l'emprunt forcé.
Rampieux, le 24 germinal, 2^ année républicaine.
Gay, maire.
GOUYOU, ojf. mpl. SÉGALA, o//. mpl.
Comme on le voit, la loi du 3 septembre sur l'emprunt forcé ne donna pas aux municipalités de Beaumont un travail trop absorbant : elles ne rencontrèrent personne qui fût touché par la loi. Un seul, le citoyen Saint Exupéry Rouffignac, aurait pu en raison de sa fortune, « pour raison du domaine de Cardou », comme disaient les commissaires de Bourniquel, être porté sur la feuille de souscription. Mais depuis longtemps il n'habitait plus le pays et puis, comme inscrit sur la liste des Émigrés, il avait tous ses biens sous séquestre. Un autre aurait pu y figurer, c'était le ci-devant seigneur de Beaumont, le citoyen Paty : mais lui aussi, depuis longtemps, avait quitté Beaumont ; ses biens de Lusiés étaient sous séquestre comme biens nationaux et lui-
LES AFI'AIRHS MILITAIRES 547
même, à l'époque qui nous occupe, était détenu dans les prisons de Bordeaux.
Sous ce titre, nous nous occuperons tout d'abord de la Garde nationale, que nous retrouverons telle que nous l'avons laissée sous la Législative, avec, à peu de chose près, la même organisation et le même rôle. Nous dirons ensuite quel fut sous la Convention le mode de Recrutement de l'armée et nous saluerons, en passant, les nombreux et vaillants Volontaires que le canton de Beaumont, en 1792 et 1793, envoya aux armées en campagne. Nous' rappellerons, à ce sujet, la Proclamation charmante que la Société populaire adressa aux habitants de Beaumont en faveur de ces braves qui, volontairement, avaient quitté leur foyer pour voler au secours de la patrie envahie. Nous aurons à nous occuper, enfin, des Prisonniers militaires qui, au cours des longues guerres que la Convention eut à soutenir, furent internés à Beaumont.
§ I. - Garde nationale.
La garde nationale de Beaumont, sous la Convention, conserva son organisation sur la base du groupement cantonal, telle que le prescrivait le décret du 14 octobre 1791 (voy. p. 331). Conformément à l'article 10 de ce décret, elle avait pour principal rôle d'assurer l'ordre et la tranquillité dans le canton, de dissiper les attroupements séditieux, de combattre les émeutes, de saisir et de livrer à la justice tous les citoyens coupables d'excès de violence, pris en flagrant délit ou à la clameur publique. D'autre part, elle accompagnait la municipahté dans les cérémonies publiques. Somme toute, la garde nationale, sous la
Convention comme sous la Législative, était surtout une troupe de parade et un instrument de police intérieure. Elle n'eut jamais à marcher à la frontière.
Jusqu'à ce jour, la garde nationale de Beaumont, bien que la République ait été déjà proclamée depuis plus d'un an, avait encore le drapeau de Louis XVI, portant les emblèmes de la royauté.
La Société populaire, dans sa séance du 12 octobre 1793, alors que de nombreux décrets venaient de paraître pour la destruction de tout ce qui rappelait l'ancien régime, demanda « que le drapeau de la garde nationale de cette ville, portant les emblèmes de la royauté, fût brûlé et remplacé par un autre drapeau neuf aux trois couleurs », qui lui serait offert par la Société. Et, séance tenante, elle ouvrit une souscription à cet effet, nomma une commission composée des citoyens Girot et Delpit et délégua son secrétaire, le citoyen Labarrière, pour aller à Bergerac commander le drapeau.
Quelques jours après, le 3 brumaire, Labarrière apporta le drapeau et le présenta à la Société qui, l'ayant trouvé « fort à son gré », en fit la remise au commandant de la garde nationale.
Les gardes nationales, désormais, comme les troupes de ligne eurent pour étendard le drapeau tricolore.
§ 2. - Recrutement de l'armée.
Sous la Convention, on le sait, la France fut continuellement en guerre avec les principales puissances de l'Europe. La question militaire acquit, de ce fait, une importance capitale. Il fallut lever des recrues, les équiper, les armer, les instruire, les organiser en régiments et, une fois aux armées, assurer leur ravitaillement en vivres et en munitions. Chaque district, chaque canton, chacune commune furent appelés à concourir, dans la mesure de leurs facultés, à la défense du pays. Le canton de Beaumont, avec toutes les municipalités de son ressort, dut lever de nombreuses troupes. Il eut successivement recours :
RECRUTEMENT DE L'aRMÉE 54g
lO aux Enrôlements d'abord; 2° puis, au Service obligatoire par contingents ; 30 enfin à la Levée en masse, autrement dit au service obligatoire personnel ou Réquisition.
V L'enrôlement volontaire.
Primitivement, on demanda aux gardes nationales de fournir des volontaires, soit pour organiser des régiments de ligne, soit pour combler, dans les régiments déjà formés, les vides faits par la mort, la maladie, les blessures ou la désertion. Mais cela ne dura pas. La Convention, par un décret en date du 4 août 1791, fit appel aux enrôlements volontaires pour former des bataillons spéciaux, dits Bataillons de volontaires, destinés à marcher à la frontière et prendre place, dans les combats, à côté des régiments de figne. Voici le décret :
Décret du 4 août 1791.
L'assemblée nationale, voulant prévenir les difficultés qui pourraient naître de la différence qui existe entre le décret du 21 juin dernier, uniquement applicable à la formation des bataillons des gardes nationales volontaires destinés à la défense des frontières et le décret du 28 juillet dernier concernant en général les gardes nationales qui restaient dans leurs départements respectifs, pour y être au besoin les soldats de la Constitution, les défenseurs de la liberté, de l'ordre et de la paix intérieure etc....
Décrète ce qui suit :
Article 1er.
Les gardes nationaux qui se seront présentés volontairement pour marcher volontairement à la défense des frontières seront divisés par les commissaires du département en corps de 568 hommes chacun, destinés à former un bataillon. Il sera fourni, dans chaque département, autant de bataillons qu'il sera possible d'y réujiir de corps de volontaires ayant cette forme.
Article II.
Les commissaires des départements commenceront par distribuer chaque corps de volontaires en huit compagnies de 71 hommes chacune.
Article III.
Il sera ensuite extrait de chacune de ces compagnies, sur l'indication de leur commandant, 8 hommes de la plus haute taille pour en composer une compagnie de grenadiers.
Article IV.
Le bataillon sera composé pour lors de neuf compagnies de 63 hommes chacune, dont une de grenadiers et huit de fantassins.
A ce premier décret, la Convention, le 6 mai suivant, en ajouta un second, portant qu'il serait levé dans les départements 31 nouveaux bataillons de volontaires, lesquels seraient organisés d'après les dispositions du décret du 4 août. Sur ces 31 bataillons, 20 seraient répartis entre les départements qui n'avaient pas encore été admis à fournir le contingent volontaire, et les II restants seraient accordés aux départements qui s'étaient offerts pour lever de nouveaux bataillons. Le département de la Dordogne était au nombre de ceux qui devaient fournir deux bataillons.
Au reçu du décret du 6 mai, le directoire du département prit toutes ses mesures pour en assurer l'exécution dans le plus bref délai. On se rappelle la fière proclamation qu'il adressa, à cette occasion, à ses premiers volontaires :
« Nous allons combattre 1 pour conserver les droits de l'homme. La guerre devient un malheur nécessaire, un devoir sacré. Armez-vous donc, guerriers volontaires : les lois, l'intérêt, l'honneur vous appellent à la défense de la Patrie. La Nation compte sur vos serments, sur votre amour pour elle, et vous remplirez dignement son attente. Laissez avec nous, (juittez sans crainte vos parents, vos amis. Nous jurons de veiller à leur conservation. Allez, volez à la victoire ! Un peuple est invincible lorsqu'il combat pour la liberté. »
A Paris et dans quelques grandes villes, les enrôlements se firent avec un certain apparat. Sur les places publiques et dans les carrefours, on avait dressé des estrades garnies par des soldats et décorées de drapeaux tricolores. Des magistrats y prenaient place avec, devant eux, une table et un registre ouvert, sur lequel des groupes de citoyens, chantant des airs patriotiques, souvent précédés de tambours, venaient inscrire leurs
I. Il s'agit de la guerre conlie l'Autnclie, volée par l'A.sseniblee iiatioiiale le 20 avril 1792.
noms. Dans notre petite ville de Beaumont, les choses se passèrent plus simplement. La municipalité se contenta de faire un appel aux habitants et de déposer à la mairie un registre destiné à recevoir les enrôlements.
Ces enrôlements furent nombreux.
J'ai trouvé dans nos Archives municipales une première liste de volontaires dressée au mois d'août 1792. Elle comprend «treize volontaires à pied», dont douze habitaient Beaumont. Je suis heureux de pouvoir reproduire ici les noms de ces braves citoyens, qui s'offrirent ainsi à courir à la frontière pour y défendre, comme on disait alors, « la Patrie et la Constitution. »
Noms des volontaires à pied
qui, à Beaumont, se sont fait inscrire pour servir ait recrutement,
en exécution de la loi du 6 mai 1792.
i» Le 12 août 1792, s'est engagé Jean Campergue, âgé de 22 ans, de la paroisse de Beaumont ;
20 Le 13 août 1792, s'est engagé Bernard Beyssade, âgé de 34 ans, habitant de la paroisse de Beaumont ;
30 Le 15 août 1792, s'est engagé Jean Tréneule, âgé de 21 ans, habitant de cette ville;
40 Le 15 août 1792, s'est engagé Méry Guy, originaire d'Aurillac (Auvergne), âgé de 22 ans, habitant depuis longtemps de cette ville;
50 Le 15 août 1792, s'est engagé Jean Jacquet, habitant de cette ville, âgé de 29 ans;
6» Le 15 août 1792, s'est engagé Pierre Broussounet, habitant de cette ville, âgé de 23 ans;
70 Le 15 août 1792, s'est engagé Jean Lafon, habitant de cette ville, âgé de 21 ans;
80 Le 15 août 1792, s'est engagé Jean Bigot, habitant de cette ville, âgé de 22 ans;
90 Le 16 août 1792, s'est engagé Bertrand Blanche, habitant de cette ville, âgé de 33 ans;
iqo Le 19 août 1792, s'est engagé Ramond Grimard, habitant de cette ville, âgé de 17 ans;
II" Le 19 août 1792, s'est engagé André Fronty, du village du Tronc, paroisse de Labouquerie, canton de Beaumont, âgé de 19 à 20 ans;
120 Le 19 août 1792, s'est engagé Pierre Coste, habitant de la présente ville, âgé de 20 ans;
130 Le 19 août 1792, s'est engagé Antoine Cabanne, habitant de cette ville, âgé de 41 ans.
A côté du registre destiné aux volontaires pour l'infanterie, la municipalité en avait ouvert un autre pour les volontaires à cheval, conformément à l'arrêté du directoire du district de Belvès, en date du 3 août 1792.
Du 15 au 26 août, quatre citoyens de Beaumont vinrent y inscrire leurs noms :
Noms des volontaires à cheval qui se sont fait inscrire, à Beaumont, du 15 au 26 août 1792.
i^ Le 15 août 1792, s'est engagé André Blanc, citoyen de cette ville, âgé de 30 ans ;
2° Le 19 août 1792, s'est engagé Antoine Carrière, commandant de la garde nationale, habitant de cette ville, âgé de 48 ans;
30 Le 19 août 1792, s'est engagé Antoine Delpit ' lils aîné, habitant de cette ville, âgé de 17 ans;
4*^ Le 26 août 1792, s'est engagé Pierre Chaval, habitant de cette ville, âgé de 34 ans.
Mais ces deux listes de volontaires à pied et volontaires à cheval, dressées au mois d'août 1792, sont très incomplètes. Cardenal {lac. cit., p. 435) a publié la liste, par ordre alphabétique, des volontaires des quatre premiers bataillons de la Dordogne. Or, rien (pie dans le deuxième bataillon, je vois ligurer
I. l.i' jeune Antoine Delpit était le fils aîné de Pierre Delpit, leniiel était liiiniêine le lils aine d'.Antoine Delpit s'' de Uelerd, t|ui axait été consul de Beaumont, sous l'ancien régime.
34 volontaires, originaires du canton de Beaumont. Je tiens à joindre leurs noms à ceux précédemment cités :
Volontaires du canton de Beaumont faisant partie du 2^ bataillon de la Dordogne.
Berthoumieux (François), de Bayac, âgé de 21 ans.
Bitra (Pierre) [pour Vitrac (Pierre)] de Bayac, 21 ans.
Boisserie (Antoine), de Monsac, 22 ans.
Boisserie (Jean), de Monsac, 20 ans.
Boisserie (Pierre), de Monsac, 22 ans, grenadier.
Bosredon (Antoine), de Monsac, 27 ans.
Boutel (Jean), de Monsac, 30 ans.
Bouy (Biaise), de Naussannes, 23 ans.
Bureau (Antoine), de Bayac, 20 ans.
Carrière (André), de Beaumont, 16 ans.
Chabrillac (Jean), de Bayac, 18 ans.
Château (Jean), de Monsac, 19 ans.
Coutausse (Jean), de Bayac, 21 ans.
Dagou (Antoine), de Beaumont, 22 ans, mort à Meaux, le 14 décembre 1792.
Delluc (Antoine), de Monsac, 20 ans.
Dignac (Jean), de Beaumont, 20 ans, grenadier.
Fabry (François), de Naussannes, 18 ans.
Faugère (Jean), de Naussannes, 20 ans.
Gousseau (Jean), de Naus.sannes, 34 ans.
Jacquet (Etienne), de Naussannes, 25 ans.
Lacassagne (Pierre), de Monsac, 20 ans.
Lafaye (Pierre), de Beaumont, mort à Baume-les-Dames, le 16 mai 1794.
Landa (Jean), de Naussannes, 24 ans; élu caporal au mois de juillet 1792.
Marty (Jean), de Beaumont, 25 ans.
Merle (François), de Monsac, 19 ans.
Merle (Jean), de Monsac, mort à Toul, le 3 mai 1794.
Pradines (Hugues), de Bayac, 40 ans.
554 BKAUMONT SOUS LA rONVENTIOX
Reynal (Pierre), de Beaumont; mort à Poligny (Jura), le 8 septembre 1794.
Ringuet (Louis), de Bayac, 35 ans.
RoucheyroUe (Antoine), de Naussannes, 19 ans, mort à Gênes, le 11 mai 1801.
RoucheyroUe (Jean), de Beaumont, 18 ans.
Venol (Pierre), de Sainte Croix de Beaumont; mort à Besançon le 4 janvier 1794.
Vernet (Pierre), de Naussannes, 22 ans.
Veyssy (Etienne), de Naussannes, 24 ans.
Vivien (Pierre), de Naussannes, 24 ans.
A cette liste de volontaires qui font partie du deuxième bataillon, il convient d'en ajouter un grand nombre d'autres, notamment les citoyens Pierre Meyzaute et Jacques Champon, de Saint Avit Sénieur, et le citoyen Bernard Carrier, de la commune de Nojals.
Ce dernier mérite une mention spéciale.
Après avoir signé son engagement, Carrier demanda à le rétracter en raison de la maladie de son père, que son départ aurait laissé sans soutien. Je lis, à ce sujet, dans le registre des délibérations du district de Belvès : « Bernard Carrier, de Nojals, expose qu'un zèle mal conçu l'ayant porté à s'inscrire sur la liste des volontaires destinés à la défense des frontières, il vient aujourd'hui réclamer contre cet acte d'indiscrétion qui, en ôtant à son père infirme et accablé de vieillesse, toute espèce de faculté, le laisserait à lui-même livré aux remords de l'avoir laissé sans secours. » Le directoire, devant ces bonnes raisons, n'hésita pas à décharger le jeune Carrier de l'engagement qu'il avait contracté.
Mais Carrier était un ardent patriote. Au.ssitôt que la mort de son père le rendit libre, il s'enrôla de nouveau comme volontaire et nous le retrouvons plus tard dans le 9^ bataillon avec le grade de lieutenant de grenadiers. A son nom est apposée la belle citation que voici : « Né le 15 octobre 1769 à Nojals, canton de Beaumont, cultivateur; a servi depuis le
commencement de la garde nationale en qualité de capitaine ^ ; est parti volontaire; a été nommé sous-officier et officier dans le bataillon; a été fidèle et exact à ses devoirs; ne sait ni lire ni écrire; ne sait que signer. » Voilà un brave garçon de 23 ans, qui ne sait ni lire ni écrire, qui toute sa vie a cultivé la terre et qui, par sa bonne conduite, son intelligence, son activité, sa bravoure, s'élève très rapidement au grade envié de lieutenant de grenadiers. Je suis heureux de tirer son nom de l'oubli et de le signaler à l'admiration de ses compatriotes.
Le département de la Dordogne, en conformité de la loi du 6 mai 1792, forma tout d'abord deux bataillons de volontaires.
Organisés à Périgueux en juillet, ils reçurent le 20 août suivant l'ordre de partir pour Douai, où ils devaient être habillés et armés. Cet ordre de départ pour Douai, sans être habillés et armés, ne fut pas accueilli sans murmures par nos volontaires. Cardenal, d'après les Archives départementales (Série L-29), nous dit leurs protestations et leur vif désir d'être équipés avant de se mettre en route.
L'un d'eux, au nom de ses camarades, représente aux administrateurs du département qu'ils « sont humiliés de traverser tout le royaume sans armes et sans uniformes ; que les habits leur importent peu, mais que les armes leur tiennent à cœur ». Et il ajoute : « Qu'on ne pouvait pas douter qu'il existât dans l'Empire un parti mal intentionné contre les bons citoyens qui se vouent au service de la patrie, pour la défense de la liberté ; que les volontaires pourraient, dans le cours de leur route, être exposés à l'insulte de l'insolent parti des aristocrates; que, n'ayant pour toute défense que des bâtons, ils pourraient alors être plus évidemment exposés. »
Le pétitionnaire, enfin, expose aux administrateurs, non sans raison, que le deuxième bataillon, n'étant organisé que depuis quelques semaines, n'est pas encore discipliné et qu'il est absolument ndispensable aux hommes d'avoir des armes « pour
I. Sur la liste des gardes nationaux de la commune de Nojals en 171)5 (voy. p. 347) Bernard Carrier figure connue porte-drapeau.
le maintien du bon ordre, la garde de la caisse et des équipages». En conséquence, il demande à l'administration du département de « leur procurer 300 fusils assortis de leur baïonnette, destinés au maintien de l'ordre, à la garde de la caisse et aux patrouilles de nuit ».
Certes, les administrateurs du département reconnais.sent le bien-fondé d'une pareille réclamation. On aurait pu, peut-être, fermer la bouche à quelques soldats, mais comment donner satisfaction à tout un bataillon? Il n'y avait pas d'armes à Périgueux, les 1.400 armes nationales accordées au département ayant été déjà distribuées aux municipalités. A force de chercher, on mit la main sur 40 fusils, vieux et usés, qu'on répartit entre les deux bataillons. C'est avec cet armement tout rudimentaire que les volontaires périgourdins prirent la route de Paris. Arrivés à Limoges, ils remirent leurs vieux fusils aux administrateurs de la Haute-Vienne qui leur donnèrent en échange 228 fusils achetés à Tulle. Quelques jours plus tard, en passant à Meaux, le deuxième bataillon reçut encore 470 fusils provenant des armes nationales.
Ce deuxième bataillon \ qui nous intéresse tout particulièrement, parce qu'il compte dans ses rangs de nombreux volontaires de Beaumont, est dirigé sur l'Al.sace. Le i*"!" janvier 1793, il est en garni.son à Strasbourg. Le 15 août suivant, il est à l'avant-garde de l'armée du Rhin sous les ordres de Landremont. En octobre, il se bat à Saverne et à Wissembourg. Puis, il passe le Rhin et, en février 1794, nous le retrouvons à Spire dans le Palatinat. Le repré.sentant du peuple Rougemont, (jui le pas.se en revue, lui donne les notes les plus flatteuses : » Les officiers sont instruits;
I. Lf (.k'u.Nièiiic' bat:iilloii des volontaires de hi Dnrdogiie avilit élu pour commandant, Lafarge, de Montignae, et pour conunandant eu second, Mergier, de Bergerac : c'était le bataillon Lafarge Mergier. Mergiir (Georges-Pierre), était né à Dergerac, le 18 février 17S2. Hngagé volontaire liaus les troupes coloniales, à la Martinique, en 17O8, à l'âge de seize ans, il a\ail été nommé lieutenant, en 1771. Fuis, il était rentré dans sa ville natale. Nommé commamlant en second du ileu-xième bataillon île volontaires, le 1 1 juillet I7<)2, il se distingua, in 1792 et i7<)'?, à l'armée du Rhin, île i7<)'; à 179^, à Tarmée dus P\iéiiées orientales. 11 fut successivement adjudant-général et chef de tirigaile. Réformé le 22 mai iSoo, il se retira à Hergerac, où il mourut le 3 septembre ibo(;.
i.A lf,\[-:J': ])]■: joo.ooo Ho.MMiis 557
les hommes ont très bonne volonté ; l'espèce d'hommes est belle et bonne; l'équipement est bon. » Enhn, le 24 juin 1794, notre deuxième bataillon de volontaires de la Dordogne contribue à former la 7*^ demi-brigade de l'armée du Rhin et Moselle.
2" Le service obligatoire par contingents, la levée de 3oo ooo hommes.
Les besoins en hommes allant toujours croissant, la Convention nationale ne tarda pas à s'apercevoir qu'elle n'arriverait jamais, avec les seules ressources des enrôlements volontaires, à faire face aux dangers qui s'accumulaient sur les frontières et elle eut recours alors au service obligatoire par contingents. Le corps législatif fixait par un décret le nombre d'hommes que chaque département devait fournir. Le département répartissait ce nombre entre ses différents districts, qui, à leur tour, faisaient une sous-répartition, au prorata de leur population, entre toutes les municipalités de leur ressort. C'est avec ce système que le département de la Dordogne mit sur pied ses quatrième, cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième bataillons. C'est encore au service obligatoire par contingents qu'il eut recours pour la levée des 300.000 hommes.
Comme nous l'avons vu plus haut, l'exécution de Louis X\'I, en même temps qu'elle souleva la Vendée, provoqua en Europe une vaste coalition dans laquelle entrèrent, à côté de l'Autriche et de la Prusse, l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et les petits États de l'Italie. Menacée de tous côtés par un ennemi puissant bien résolu à rétablir la monarchie en France, la jeune république courut les plus grands dangers. La Convention, sans se laisser intimider, massa sur nos frontières tout ce qu'elle avait de troupes disponibles et pour répondre « aux despotes coalisés qui menaçaient la liberté » elle ordonna, le 24 février 1793, à la demande de Crancé, une levée de 300.000 hommes : 100.000 pour les troupes de ligne et 200.000 pour les bataillons de volontaires. Le recrutement de ces hommes se ferait dans la garde nationale, où tout citoven, non marié ou marié sans enfants, était à la
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disposition du pouvoir exécutif, depuis dix-huit ans jusqu'à quarante-cinq.
La répartition de la levée de 300.000 hommes entre les différents districts de la République attribua à celui de Belvès un contingent de 468 hommes. Les administrateurs du district se hâtèrent de sous-répartir ce contingent entre toutes les communes de leur ressort, en prenant pour base le chiffre de leur population et en tenant compte aussi du nombre d'hommes que chacune d'elles avait déjà fournis à l'armée, soit pour les régiments de ligne, soit pour les bataillons de volontaires. Le travail fut terminé le 8 mars et communiqué au.ssitôt aux municipalités.
Le canton de Beaumont, avec une population de 5.633 habitants, devait fournir 68 hommes ainsi répartis entre ses 9 communes :
1° La commune de Beaumont (y compris Bannes, Montcany et Gleyzedals), avec une population de 1.588 âmes, fournira 16 hommes.
2^ La commune de Nojals, avec une population de 150 âmes, fournira 2 —
30 La commune de Born de Roquepine, avec une population de 300 âmes, n'ayant encore rien fourni, fournira 6 —
40 La commune de Bourniquel, avec une population de 365 âmes, n'ayant encore rien fourni, fournira 6 —
50 La commune de (lottes, avec une population de 50 habitants, fournira i ■ —
50 La commune de Lahouquerie, avec une population de 400 âmes, fournira 6 —
70 La commune de Rampieux, avec une population de 400 âmes, fournira 6 —
8» La commune de Sainte Sabine (y compris le Bel et Saint Ciermain), avec une population de 942 âmes, fournira 10 —
.1 reporter 53 hommes
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Report. ... 5j hommes.
()0 La commune de Saint Avit Sénieur, avec
une population de 1.438 habitants, fournira. ... 15 —
Total 68 hommes.
Dans chaque commune, un registre fut ouvert à la maison commune, sur lequel étaient invités à se faire inscrire ceux des gardes nationaux qui, volontairement, consentaient à se consacrer à la défense de la patrie. Partout on s'inscrivit avec empressement. Le chiffre du contingent attribué à chaque commune fut rapidement atteint et, nulle part, la municipalité n'eut à recourir à des désignations d'office. Voici, à titre de curiosité, le procès-verbal de ce qui se passa à Beaumont :
Le dixième jour du mois de mars 1793, l'an II de la République française, les officiers municipaux et conseil de la commune de Beaumont, district de Belvès, département de la Dordogne, soussignés; en exécution de l'article 1'^^ du décret de la Convention nationale du 24 février dernier et de l'arrêté du directoire du département du 4 courant, ayant convoqué tous les citoyens de leur territoire, leur ont fait faire lecture, tant de la loi et arrêté sus-énoncés, que du décret du 21 février dernier relatif à l'organisation de l'armée...
Et, après lecture faite, ils ont mis en réquisition permanente tous les citoyens demeurés dans leur arrondissement depuis l'âge de 18 ans jusqu'à 40 ans accomplis; jusqu'à l'époque du complément du recrutement effectif des 300.000 hommes de nouvelle levée.
Et, après avoir exhorté tous les jeunes gens présents à voler au secours de la patrie, ils ont ouvert un registre pour servir à l'inscription des volontaires, jusqu'à mercredi au soir sans interruption, dont le contingent est porté au nombre de 16, suivant la répartition qui en a été faite par le directoire du district.
De tout quoi ils ont fait et dressé procès-verbal audit Beaumont les jour et an que ci-dessus.
Randonnier, 0//. mpl. Dubut, off. mpl.
Reynal. Robert. Jakdkl. Tinet. Coste.
Labarrière, secrétaire greffier.
Les hommes recrutés en Dordogne pour la levée des 300.000 hommes, en exécution de la loi du 24 février 1793, furent incorporés, par groupes plus ou moins importants, dans les régiments et bataillons de l'armée de l'Ouest. Dès le début,
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un détachement d'une centaine d'hommes, recrutes à Montignac, avait été dirigé sur l'armée des Pyrénées. Mais ce détachement, par arrêté du conseil général, fut bientôt rappelé à Bergerac, et, de là, envoyé en Vendée.
Les registres des délibérations municipales de Beaumont nous apprennent que, en septembre de la même année, il fut fait en Dordogne une nouvelle levée, destinée très probablement à fournir les effectifs du sixième bataillon de volontaires. Pour cette levée, la commune de Beaumont fut appelée à fournir six hommes. La municipalité désigna d'office les citoyens Pierre Dumeau cordonnier, Jean Lanis journalier et Monpazier tailleur de pierres, les deux premiers originaires de Beaumont, le troisième l'habitant depuis cinq ou six ans.
Dumeau et Lanis, excellents patriotes, se rendirent à Belvès, où ils arrivèrent le 12 septembre.
Quant à Monpazier, il ne bougea pas et continua tran- ([uillement à tailler ses pierres. Comme on devait s'y attendre, le directoire du district écrivit à la municipalité de Beaumont pour lui réclamer le complément de son contingent. Aussitôt la lettre reçue, le maire, les officiers municipaux, les notables et le procureur de la commune, qui était Pierre Blanchard, se réunirent en assemblée du conseil général de la commune et, après avoir de nouveau u désigné et requis » le citoyen Monpazier, ils l'invitent à comparaître devant eux. Au valet de ville qui avait été le chercher, il répond « que la municipalité ferait de lui ce qu'elle voudrait, qu'il ne partirait pas». Il se rend, cependant, à la maison commune. Le maire lui rappelle tour à tour la loi votée par la Convention, l'arrêté du district le concernant, ce qu'il doit à la patrie, ce qu'il se doit à lui-même, etc. Mais, malgré toutes les «remontrances» qui lui .sont faites, il n'en persiste pas moins « dans la mauvaise oppignion » (sic) et il cpiitte la salle. Sur ce, et à la réqui.sition du procureur de la conmiune, le conseil de la commune charge le capitaine de la garde nationale, Tincl, tle mettre sa main siu" le citoyen Monpazier, réfractaire, et de le conduire de force, entre tpiatre gardes nationaux, au chef-lieu du di.strict.