BOUCHERS ET BOULANGERS
Les cochons de la commune de Beaumont n'étaient pas les seuls animaux à manger des grains. Les volailles en faisaient aussi une grande consommation, à laquelle il fallait mettre fin.
Cette fois, ce ne fut pas la municipalité, mais la Société populaire qui les sacrifia. Dans la séance du 4 frimaire an II, un membre demanda la parole pour faire une observation au sujet de la maison de Cardou. L'ayant obtenue, il exposa « qu'une quantité considérable de volailles con.sommaient journellement des grains qui pourraient être d'une très grande utilité avant la prochaine récolte ». En conséquence, il demanda qu'une pétition fût faite au directoire du district pour le prier de donner les ordres nécessaires, afin de faire cesser cette u consommation prodigue» des grains. Inutile d'ajouter que cette motion fut adoptée par l'assemblée.
§ 5. - Bouchers et Boulangers.
Entre temps, Jacques Coste eut à s'occuper, à Beaumont, des bouchers et des boulangers.
Des plaintes nombreuses avaient été apportées à la municipalité au sujet du « prix exorbitant que les bouchers de Beaumont vendaient leurs viandes ». De fait, leurs prix étaient toujours plus élevés que ceux des bouchers de Belvès, de Montpazier et autres villes voisines. Sur la réquisition du procureur de la commune, Pierre Blanchard, la municipalité s'appliqua à réprimer les abus, en taxant la viande de boucherie à un prix convenable.
Au sujet des boulangers, la municipalité ayant appris que les boulangers de Beaumont vendaient du pain en dehors du canton et même en dehors du district, prit un arrêté (18 juin 1793), aux termes duquel elle faisait, à tous les boulangers de Beaumont, défense expresse de vendre du pain en dehors du canton « sous peine de destitution, de confiscation de leur pain et d'une amende qui ne pourrait être moindre de trente livres ». On réserva ainsi une certaine quantité de grains pour le canton
de Beaumont, ce qui, par ce temps d'affreuse disette, n'était pas à dédaigner.
§ 6. - Ingérence de la Société populaire dans les affaires
DE subsistances.
Il n'est que juste de rappeler que, dans tous ses efforts pour assurer l'alimentation de ses administrés, la municipalité de Beaumont fut admirablement secondée par la Société populaire des « Amis de la Constitution ». Souvent, au cours de ses séances, elle fit intervenir dans ses délibérations l'affreuse misère dont souffrait la population du fait de la pénurie des subsistances et elle le fit toujours avec le vif désir d'y mettre un terme ou, tout au moins, d'y apporter quelque soulagement.
Dans sa séance du 24 septembre 1793, un membre de la Société, qui n'est pas nommé, mais que je soupçonne fort d'être le citoyen Lacoste, curé de la paroisse, demande qu'il soit adressé aux commissaires de la Convention dans le département de la Dordogne, qui doivent passer sous peu à Belvès, une pétition à l'effet d'obtenir, pour la municipalité de Beaumont, l'autorisation d'obliger les propriétaires à porter au minage les blés qu'ils avaient à vendre et, sur leur refus, de pouvoir requérir une force importante pour les y contraindre. Par cette même pétition, on demanderait encore que la dite municipalité de Beaumont, quand la provision de blé de la commune serait épuisée, fût autorisée à requérir les autres municipalités de son ressort, chacune à son tour, de tenir le marché suffisamment approvisionné. Cette motion ayant été approuvée, la Société nomme sur-le-champ quatre commissaires, les citoyens Labarrière, Blanchard, Bessot et Lacoste curé, pour rédiger la pétition en question. Elle désigne, en outre, le citoyen Carrière aîné pour la porter, au nom de la Société, aux représentants du peuple en mission.
La Société populaire suivait très attentivement les faits et gestes de la municipalité relatifs à la question des subsistances, l'aidant de ses conseils, contrôlant ses arrêtés, et ne craignant