I» RÉQUISITION DU 2 FRUCTIDOR AN II
Par un arrêté en date du 2 fructidor an II, l'administration du district fait, dans le canton de Beaumont, une forte réquisition de fourrages et notamment d'avoine et de paille. L'avoine, comme la paille, était alors très rare et les municipalités eurent le regret de ne pouvoir envoyer des réponses satisfaisantes.
La municipalité de Lahouquerie, notamment, écrit au district que le peu d'avoine et de paille qui se trouve actuellement dans la commune lui est absolument indispensable, l'avoine, pour la semence et la paille pour la subsistance des « bestios ». Et le maire, le citoyen Nadal, rappelle encore à ce sujet que la plus grande partie de l'avoine qui se récoltait dans la commune provenait des « biens des ci-devant » et que les fermiers nationaux l'ont toute emportée.
La municipalité de Glottes, par la plume de Giraudel, maire, et Durant, officier municipal, déclare que « la dizette d'avoine se trouve dans la commune, puisqu'il ne s'en est pas recueilli du tout ». Et le maire ajoute que les cultivateurs ont cherché à se procurer de l'avoine « en payant », et que cela leur a été impossible.
A Born de Champs, la situation est la même. II n'y a pas d'avoine. L'agent national de la commune, le citoyen Pierre Grenier, écrit à ce sujet à l'agent national près le district :
Du 30 fructidor l'an 2 de la rep. fr. une et indivisible.
L'agent national près la commune de Born de Champs à l'agent national près le district.
L'arrêté de l'administration du district fixe le contingent de la commune de Born à 1^ quintaux paille et 18 quintaux avoine.
Malgré le besoin absolu que nous avons de toutes nos ressources en paille, parce que c'est la seule chose qu'il y ait dans la commune pour la litière des bestiaux, nous savons que les besoins de nos armées sont, dans cette circonstance, les premiers à remplir et la municipalité a déjà réparti le contingent que chaque propriétaire doit fournir.
Quant à l'avoine, il nous serait bien difficile de remplir notre contingent. Dans aucun temps, on n'en a presque pas semé dans la commune. L'année dernière, lorsque je sus cpi'il y avait une loy qui fesait un devoir à chaque particulier d'en semer, je rappelais les dispositions de cette locaux habitants. Ils se pré.sentèrent en foule à la municipalité pour avoir de la semence. Je vous écrivis alors et à plusieurs reprises. Je vous fixai même la quantité qu'il en aurait fallu pour ftmrnir aux réclamations. Vraisemblablement que l'administration n'en eut pas à sa disposition, puisque nous n'en reçûmes pas. Comment serait-il possible que nous eussions recueilli sans semence et sans semer?
Le tableau des déclarations de la récolte actuelle et les recherches particulières que nous avons faites pour cet objet ne nous présentent qu'une ressource en avoine d'environ deux quintaux; et, si nous les versons au dépôt, nous ne pourrons pas satisfaire à plusieurs demandes qui nous ont été déjà faites pour semer. Si l'administration juge qu'il soit plus avantageux de la conserver dans la commune que de la verser, elle nous fera connaître son avis le plus tôt possible, sans quoy nous allons obéir en l'instant. Mais, en attendant, l'administration aura à nous décharger du reste de notre contingent par raison de carence.
Salut et fraternité. P. Grenif.r.