‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 19 sur 269 · Rue Borgne · texte numérisé non relu

Rue Borgne

l:î. Rue de la fon laine de (;arriére

14 Rue sans nom descendant aux fossés,

15, Rue du Pourlanel.

16, Rue loneeant l'église

17, Rue du Barry

18, Première Iruversière.

1!', Deuxième Iraversiére.

20, Troisième travorsière.

21, Quatrième traver.siére.

22, Cin(|uième Iraversiére.

23, Sixième Iraversiére.

2i. Septième Iraversiére

a. Tour sud-est.

h. Tour sud-ouest

'•. Tour nord-esi.

(i. Tour nord-ouesl (Tour de

Bannes).

e. Petite tour ronde /', Tour carrée de Ters.

.9, Porte Vidal.

7). Porte Ramond.

( Porte de Lusiés ;, Porte de Paris.

k. Église paroissiale.

^ Couvent des Dames de la Foy.

/;i. Presbytère (ancien hôpital).

«, Nouvel hôpital.

o, Prisons de la ville

f), La maison de l'aumônier du couvent

FiG. I.

Plan par terre de la ville de Beaumont à la Révolution.

A la Révolution, elle reçut du corps municipal le nom de Place de la Liberté.

Topographiquement , la Place Publique se trouve située,

comme dans toutes les bastides, au centre de la ville. Elle est, toutefois, un peu plus rapprochée de son extrémité nord que de son extrémité sud. C'est un quadrilatère un peu irrégulier, dont les côtés sont assez exactement orientés suivant les (juatre points cardinaux : il y a un côté nord, un côté sud, un côté est et un côté ouest. Chacun des côtés comprend quatre maisons, soit immédiatement juxtaposées, soit séparées par d'étroits espaces connus dans le pays sous le nom d'andrones. Il est à peine besoin de rappeler que l'androne n'existait que pour les vieilles maisons : elle est, dans nos constructions modernes, remplacée par le mur mitoyen.

Primitivement, chacune des seize maisons qui sont en bordure de la Place Publique avait son porche ou cornière pour, les jours de pluie ou de neige, donner abri aux promeneurs et surtout aux marchands, eux et leurs marchandises. Il n'en reste plus aujourd'hui que sept : (Quatre sur le côté nord (elles sont complètes de ce côté), une sur le côté sud et deux sur le côté ouest. Neuf ont été démolies. Sur ces neuf, il y en a au moins quatre qui étaient encore debout en 1789 : celle qui se trouvait en avant de la maison occupée actuellement par la boucherie Auriel ; celle appartenant à la maison où se trouvait encore il y a deux ans la pharmacie Bouny; et, au levant de la place, celles qui appartenaient aux deux maisons extrêmes (maison de la Poste et maison du café Fourlanty). Ces quatre cornières, je les ai vu démolir entre 1854 et 1885.

J'ajouterai, en ce qui concerne les cornières de la Place Publique, que deux seulement, celles qxù se trouvent au couchant (maison Perraudin et maison Coste) remontent au xiii^' siècle. Les autres ont été refaites, soit au xvii^, soit au x\ii!^' siècle. Celle qui appartient à la maison Koussely porte sur une clef de voûte la date de sa reconstruction : elle est de 1777.

La Place Publicim; de Beaumont, en 1780, avait uni halle, où les marchands, les jours de marché ou de foire, installaient leurs marchandises à l'abri de la pluie et du soleil. C'était une construction de forme quadrilatère, rappelant assez exactemi-nt par sa situation et son architecture la halle de Montpazier.

LES PI.ACKS

Kilo se trouvait située sur \c côté sud clr la place. Plus longui' que largo, ollo axait son grand diamètre orienté est-ouest. Comme Cille de Montpazier. elK' était constitiu'e ])ai" trois rangées de piliers '. sur lesquels reposait une charpente en bois dv chcni\ supportant la toiture. Cette toitiue, très plate, autant cjuc je

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FiG. 2.

La place publique de Beauiiuiiit en 178g, vue du cote est un matin de marche.

puis me le rappeler, était couverte en tuiles creuses. De temps à autre, des troupes de comédiens nomades élisaient domicile sous la halle et le soir, à la lumière vacillante de lampes fumeuses, y donnaient des représentations. Le palais du commerce de\'eiiait ainsi le palais de la comédie, palais certes bien primitif, mais où la population, plus gaie qu'aujourd'hui — moins difficilo aussi — passait, moyennant quelques sous, des soirées fort

1. Les piliers de la halle de .Mnntpazier sont en liois: ceux de la halle île IJeaiiiiiDiit étaient en pierres de taille.

récréatives. La vie, dans nos petites villes du Périgord, était si monotone et les distractions si rares que l'arrivée d'une troupe de comédiens ou de saltimbanques atteignait les proportions d'un gros événement.

Les habitants de Beauniont qui ont passé la soixantaine se rappellent que, à l'angle sud-ouest de la halle, en face de la maison Auriel par conséquent, se trouvait, les jours de marché et le dimanche matin, un étalage de viandes de boucherie, de viandes de veau pourrais-j(^ dire (car le b(tmf et le mouton n'y faisaient que de très rares apparitions !), qui appartenait à Rivière. Ce Rivière, boucher, ou plutôt son père, s'était déjà emparé de ce coin de la halle dans les premières années de la Révolution et nous verrons plus loin l'assemblée municipale lui interdire, au nom des principes les plus élémentaires de l'hygiène publique, d'en faire un abattoir.

La halle de Beaumont devait remonter, comme l'église, à la fondation de la bastide. Meille de six cents ans en 1856, elle tombait en ruine. La municipalité d'alors, sans respect pour sa vieillesse, oubliant tous les services qu'elle avait rendus et songeant seulement qu'elle n'en pouvait plus rendre, » vota » sa mort. Elle fut démolie en 1864. Il n'en reste plus aujourd'hui aucun vestige..., pas même une photographie ou un dessin. Encore quelques années, et il n'y aura plus à Beaumont un seul habitant qui pourra en parler pour l'avoir vue.

C'est sur la Place Publique que le peuple, à la Révolution, planta l'arbre de la liberté. C'est encore sur la Place Publique, comme nous le verrons plus tard, qu'avaient lieu les fêtes civiques et que fut élevé, en certaines circonstances mémorables, l'autel de la patrie.

b) La Place de l'Eglise.

La Place de l'Eglise est cette petite place, de forme irrégulièrement quadrilatère, qui se trouve située devant le portail de l'église paroissiale. Elle se continue, du côté du midi avec la Place Publique, du côté du levant avec une ruelle >ans nom qui

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