‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 20 sur 269 · LES PLACES · texte numérisé non relu

LES PLACES

va vers le Barr\", du côté du nord avec une grandi^ ru^ que nous décrirons tout à l'heure sous le nom de Rue Froment.

Cette appellation de Place de l'Eglise, je la trouve dans un acte de vente [Minutes de Darchier) « par Marie Maran, veuve, et Pierre Blanc, maître-boulanger, son fils, on faveur de Michel Dumeau, dit Quercy », d'une maison qui n'est autre que la maison occupée aujourd'hui par la famille Fage. Cette vente porte la date du 27 avril 1773. La maison en question, qui a été rebâtie depuis, figure comme « située dans la présente ville devant la Place de l'Eglise paroissiale d'icelle, qui confronte du levant à la maison de Pierre Grimard, du midi à la Place publique de ladite église, du couchant à la Rue de Froment, et du nord à une petite ruelle

Bue allant ou.n fosse

Place Pubîi

volt (.;/

FiG. 3.

qui part de ladite Rue La place de IHglise. au xvme siècle, vue eu plan.

Froment et \'a au Barr\' -^u centre de lu place juste en face (lu grand portail de

l'église, se voit une ligure circulaire : c esUormeau deli-glisc. de la ville >' au-dessous duquel, sous 1 ancien régime, les habitants, le

dimanche a la sortie de la messe ou dos vOpres, se réunis- Tq rk<3+if«j rii<->lh> fin saient en Assemblée de jurade |)our délibérer sur les affaires i^d. pCLlLt; lUeUC en ,,ommunales

question séparait la maison vendue de la maison qu'occupe aujourd'hui M'"^ Delrieu. Dumeau (non pas l'acquéreur de 1773, mais son fils ou peut-être son petit-fils, que j'ai connu et qu'on appelait vulgairement Michel de Quercy), en faisant reconstruire sa maison, s'empara de la portion de ruelle qui répondait à son emplacement. De son côté, le propriétaire de la maison Delrieu (qui était alors

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M. Dclj^it ("ombètt'), mit la main sur h- rtstt', c'cst-à-diR' sur toutf la portion comprisi' t-ntri' la nouwik' maison Dumcau et la rue (Rue- Renarde) qui, de l'église, se dirige vers le Harry. Ajoutons que cette ruelle, qui ne laisse plus aucune trace du côté de la Rue Froment, se \()it très nettement encore du côté de la I^ue Renarde, sur huiuelle elle s'ouvre par iuk; petite porte. Elle forme aujourd'hui comme une sorte de cour intérieure de la maison Delrieu.

c) Lu Phicc des Mesures.

La l^lace des Mesures se troux'e à l'angle sud-ouest de la Place Publique. Elle a peu changé depuis 1789. Comme les précédentes, elle a une forme (quadrilatère : sa longueur ou profondeur est de 10 mètres; sa largeur, de 7 m. 50.

Du côté du couchant, elle était fermée, comme aujourd'hui du reste, par un grand mur ([ui la garantissait contre les vents d'ouest, \-ents (|ui, dans nos pays, soufflent avec violence, apportant la pluie l'hiver et, pendant l'été, les orages.

Du côté (lu midi et du côté du nord, elle était délimitée par deux maisons d'habitation (jui, comme elle, s'étendaient en arrière jus(iu'à une ruelle appelée ivue Eéliciane. Ces deux maisons, à l'époque où éclata la Révolution, appartenaient, l'une à la famille I^éonard Tinet, l'autre à Pierre Colin (lui, pendant (quelques mois, fut maire de Beaumont. Ce sont aujourd'hui les maisons Avezou et Perraudin.

Du côté du levant entin, la place, dépourvue de clôture, s'ouvrait largement, d'une part, sur la grande rue qui va de la Place Vieille à la Place Publi(pie, d'autre part, à cette Place Pul)li(]ue par les deux cornières qui formaient son angle sudouest.

Cette appcllalioii de Place des Mesures se trouve dans un acte (11- \cnte du i.f juillet 1773, se rapportant à la maison qu'o((U])c aujourd'hui M. Axc/.ou. Cette maison, a\rc le jardin qui (11 (l(''])eii(l, aj)part<'nait à cet le ('•pocjue à demoisclK' Tlu'rèse Cicncste. Il fut accpiis par demoi-eUc Louise Daxid, ncun'c de

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Léonard Tinct aîné. Or, il est ixprrssénu'ut dit dans l'acte, qu'elle confrontait, (]u U\"ant (})ar le jardin) '< à la fyldcc où sont les iiiesiiws, mur rnur drux "', ...du unrd. à l.i ditr '^ place où sont It's mesures ».

FlG. |.

L'i Place des Mi;miic> ;i lio.iuiuoiil au xviii" sicclc, vue depuis ki 1 ue Kanicuid : à gauche, la Diaisuii de Léonard Tiiiet (iiiai.sou Avezou aujoui d'Iiui : a i.lroiu-, l,i mai.snn de Pierre Colin (maison Perraudin aujourd'hui).

I.iigenl |ircpos<' .'lU mesuiMgi- de> ;.'r;iiii>. \idf du blé diiii> lu misurc. Iandi> i|u une l"innr femme. <iv<-e son 8a<' ai<i''>chr à la pi.'lilc iioile de la mosurc. se pi-cpaïc à le rcievar i|iianil il •nnr.i ••!>• rafsuré A dnjile. un pn\s.in porte nn sai" dr firains an luesurufre

La Place des Mesures, en 1789, était ce qu'elle est aujourcl'liui '. Toutefois, les récipients dans lesquels on recevait les

I. Ces lignes étaient écrites en 1919. Cette année inènic, la Place des .VIesures dont je suis iieureu.\ de donner ici la vue perspective, a été aliénée par la Municipalité, en faveur de M. Perraudin, maire, propriétaire de la maison limitrophe, qui .n démoli les Mesures et entièrement iransl'ormé la place.

l6 LA VILLE ET COMTÉ DE BEAUMOXT

grains étaient en pierre au lieu d'être en enivre. Ces derniers sont de date toute récente. J'ai vu, dans mon enfance, les anciennes mesures : elles étaient creusées dans la pierre, avec, sur le devant, une petite ouverture de forme carrée, où l'on accrochait les sacs destinés à recevoir les grains tombant de la mesure. De petites portes en bois et fer, munies d'une charnière et d'un loqueteau, étaient adaptées à ces ouvertures, que l'on ouvrait ou que l'on fermait à volonté.

d) La Place du Pisadis.

\'oilà une vieille place qui a conservé son nom : c'est encore, à notre époque, la Place du Pisadis ou tout simplement le Pisadis ^ Elle se trouve située, on le sait, vers le milieu de la Rue Ramond (actuellement Rue Poussai) et au couchant de cette rue. Elle mesure 22 m. 50 de longueur sur ro mètres de largeur : c'est donc une sorte de carré long, dont le petit diamètn; est dirigé nord-sud, parallèlement à la Rue Ramond. IVautre part, elle n'est pas horizontale, mais fortement inclinée du levant au couchant.

Les maisons qui bordent le Pisadis sur le côté nord et sur le côté sud sont exactement les mêmes que celUs (lui U> délimitaient en 1789. Par contre, du côté du couchant, de {grandes modihcations se sont produites. Aujourd'hui, le Pisadis est fermé de ce côté par un grand mur, au delà duquel s'élève une construction relativement récente occupée par M"'" l)a\'oust. Cette maison, si l(;s renseignements qui m'ont été foiuiiis sont exacts, a

I. Je ni; sai.s iroj) ce i|uc sigiulic ce iiml de Pisadis ou Pisadi Voici l\l\ uiologie i]uc je propose. Hii proxençal, le mol pi.s<i e.st un verbe actil ijui signifie (l)ir/io>in,iiril)ru\'cii(al-lriiiu\iis de Frédéric Mistral) baUrc les châtaignes sécliées à la l'uiiiée pour en ôter la peau. On ilit encore s.ujitft.i, battre dans un .sac et, dans notre idiome gascon, b,issai\t : hiissiici Lis dislii p nos, battre un sac de cli."ilaiy;nes contre un billot, contre un mur, contre les marches d'un escalier pour les déci)rti(]uer. Du \erbe />/.v./, qui, s'il n'est plus usité chez nous aujourd'liui, a dû l'être autrefois, on a fait : pisiido, la pisttdo, le battage des châtaignes; /><•/• pisiuio, au battage des châtaignes ; Ion sa pisadoti, le sac dans lequel on met les châtaignes pour les battre, etc. La terminaison ; indiquant le lieu, le Pisiidioxx Pis.uils devient le lieu où l'on battait les ctiâtaignos et, par extension, l'endroit où l'on portail et \endait les châtaignes. la Place du Pisadis était donc, à Bcaumont, le lieu où se tenait, en hiver, le marché aux châtaignes.

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