DES I AINES
OBSERVATIONS
Antoine Olivier
Jérôme Tonnadre . . .
Pierre Tonnadre
Jean Veyssy
J. Paponnaux
Jérôme Ramond ....
Etienne Viratelle ....
Landat Labatut
Michel Armand
François Cambrouse.
Evmerv
6 livres.
à son usage, à son usage, à son usage.
à son usage, à son usage, à son usage, à son usage.
Toutes les laines portées au présent recensement sont de la plus grande nécessité aux particuliers qui y sont portés pour leur usage.
Total
116 livres.
Fait et arrêté à S" Sabine le 25 fructidor 2^ année républicaine.
Blanche, maire. Grouffier, officier municipal.
Claveille, officier municipal. Moliérac, secrétaire.
La commune de Sainte Sabine est, avec les communes de Born et de Nojals, une de celles qui possédaient le moins de
laines : les brebis y étaient relativement rares. La commune de Saint Avit, où les troupeaux de moutons étaient au contraire fort nombreux, produisait des quantités beaucoup plus considérables de laine. Chaque maison en possédait, en moyenne, de 8 à 10 livres. Le tableau de recensement de la commune porte, au total, 789 livres pour "j^ cultivateurs, soit une quantité 7 fois plus considérable qu'à Sainte Sabine.
Les états produits par les diverses municipalités du canton de Beaumont au sujet du recensement des laines nous suggèrent les réflexions suivantes :
i'' La première colonne du tableau « Restant des laines des années précédentes » est toujours vide. Le cultivateur ne conserve pas sa laine. Il la transforme, aussitôt récoltée, en étoffe par le tissage ou en bas par le tricotage.
2^ Toutes les laines sont destinées, comme on le lit dans la troisième colonne du tableau, à l'usage de celui qui en est détenteur. Elle n'est jamais livrée au commerce et j'ai vu, quelque part, qu'il n'y en avait jamais sur le marché. Les laines, dans notre pays, n'étaient à cette époque ni exportées ni importées. Elles étaient, sur place, transformées en étoffes et la quantité récoltée suffisait aux habitants.
Ces étoffes, produits du pays, qui, suivant leur qualité et leur épaisseur, prenaient le nom de bure, de serge, â'étamine, étaient l'œuvre de nos modestes tisserands de campagne, travaillant chez eux sur les métiers un peu primitifs qui existent encore aujourd'hui. Il n'y avait dans le canton, ou même dans les cantons voisins, aucune fabrique d'étoffe. Bien plus, les foires et les marchés étaient dépourvus de laines. Cette industrie et ce commerce des laines, si florissants ailleurs, n'existaient pas chez nous, même à l'état rudimentaire, et cela faisait le désespoir d'un certain Delespinasse, de Montpazier, qui ne manquait jamais l'occasion d'entretenir le district des avantages qu'il y aurait à introduire dans le pays l'industrie du lainage: uElle ne pourrait que prospérer, écrivait-il le 3 ventôse an III, si elle était dirigée par de bonnes mains et, infailliblement, elle sortirait le district de l'état de misère où le retient l'aridité du sol. »
Et il allait même, ce brave Delespinasse, jusqu'à désigner la (( ci-devant abbaye» de Cadouin\ alors devenue propriété nationale, comme un « superbe local » pour recevoir « une manufacture d'étoffes de laine ».
Certes, les vastes locaux abandonnés par les moines de Cadouin auraient pu se prêter à l'installation rêvée par Delespinasse. Mais les fabriques d'étoffes ne prospèrent généralement que lorsqu'on les installe sur un cours d'eau, auquel elles empruntent la force motrice, et le citoyen Delespinasse avait oublié, dans le projet qu'il proposait au district, que la petite ville de Cadouin, en fait de cours d'eau, ne possède que la « fontaine des moines », fontaine minuscule, bonne tout au plus pour l'arrosage des jardins, bien insuffisante à coup sûr pour actionner les métiers d'une manufacture d'étoffes.
Le 15 ventôse an II (5 mars 1794), le commissaire ordonnateur de l'armée des Pyrénées occidentales adressa au district de Belvès une lettre, vue et approuvée par le représentant du peuple Pinet aîné, relative à une réquisition « à faire sur les riches » de paires de draps de bonne qualité.
Le 2 germinal suivant, l'administration du district, à la demande de son agent national, prit un arrêté portant que, conformément à la lettre sus-indiquée, « il sera fait une invitation et réquisition aux riches de ce district de fournir des draps pour l'usage de l'armée des Pyrénées occidentales >>. Et, pour faciliter l'exécution de cet arrêté, l'administration nomma une commission dont les membres étaient pris dans tous les cantons.
Il est intéressant de savoir quels sont les citoyens et citcyennes (car il y avait des citoyennes dans la commission), riches et bons, qui, dans le canton de Beaumont, furent chargés de réquisitionner des draps. Les Archives de la Dordogne {Série Z.-31)
I. Ancienne abbaye Je J'ordre de Citeaux, avec une église et un cloître remarquables, située dans le hourg même de Cadouin.
nous en font connaître 13, ainsi répartis dans les différentes municipalités :
/ La v^ Bessot.
i FOUSSAL.
lo Municipalité de Beaumont. ' Louise Laphite.
Ters.
TiNET jeune.
2» Municipalité de Montavit. . Monzie, du bourg.
..,,.,,,„,„,. i Lantourne, ci-devant curé. 30 Mumcipalitc de bte Sabine. ^
r Laval Dubousquet.
ÎChoisy.
Lespinasse Fonzal.
CiBIAL.
Grenier.
50 Municipalité de Nojals . . . Lantourne \ ci-devant curé.
Ce fut le citoyen Loiseau, juge de paix, qui fut commis par le district pour, avec l'aide des 13 personnes sus-indiquées, assurer dans le canton de Beaumont l'exécution de l'arrêté du 2 germinal sur la réquisition des draps.
50 RÉQUISITION de couvertes, MARMITES, GAMELLES ET BIDONS EN CUIVRE
POUR l'armée des Pyrénées occidentales.
Le 14 frimaire de l'an II {4 novembre 1793), en exécution de l'arrêté des représentants du peuple près l'armée des Pyrénées occidentales, l'administration du département de la Dordogne donna mission au citoyen Laval Dubousquet, de Beaumont, de « faire la recherche et prélève de toutes les couvertes en laine propres à l'usage des troupes qui se trouveront dans l'étendue du canton de Beaumont, les marquer et faire porter en dépôt au chef-lieu du canton, ainsi que les marmites et bidons en cuivre ».
I. Il y avait dans le canton de Beaumont deux curés Lantourne, l'un curé de Sainte Sabine, l'autre curé de Nojals. Nous les retrouverons plus loin (Voy. 1. II, Culte).