I.rS PI ACES
été bâtie vois 1S30 par Darcliier Caumont, sur un emplacement Hu'il avait actpiis des liéritiers de M. Tors, mort en 1807. ("est, parait-il. Lamothe, maitre-maçon à Beaumont, ([ui en fut à la fois l'architecte i^t le eonstrncteur.
Elle prit la place d'une maison ancienne (du xiii^' siècle probablement), où habitait a\ant la Révolution l'aumônier des Dames de la Foy, M. Lagausère. Du reste, le vaste jardin qui faisait suite à la maison, du côté du couchant, appartenait à la communauté des Dames de la Foy.
La Place du Pisadis confrontait donc, au couchant (fig. 5), à une ^^eille maison, démoUe auj ourd'hui, à laquelle se trouvait annexé un très grand jardin.
Il convient d'ajouter que, sur ce même côté ouest, la Place du Pisadis donnait naissance à deux ruelles, toutes les deux fort courtes : l'une qui, passant au levant de la maison Lagausère, se dirigeait vers le nord (nous y reviendrons plus loin pour lui donner un I. 2
Fig. 3.
L;i Place du Pisadis, vue depuis la Rue RaiiiDiul,
Dan.s le fond, au inilieu il un jardin (jardin D.ivinisl aujonr- (1 liui>, se voit la maison de M Lagaiisère. aumnnier du rouvenl lies Dames de la Koy.
l8 LA VILLE ET COMTÉ DE BEAUMONT
nom); l'autre qui, longeant le côté sud de cette même maison Lagausère, se dirigeait vers le couchant et s'ouxrait, au moyen d'une petite porte, dans le jardin sus-indiqué. Cette dernière, qui pouvait avoir de 20 à 22 mètres de longueur, a été prise et supprimée par Darchier Caumont, soit quand il a fait construire sa maison, soit peut-être quelques années plus tard : et voilà pourquoi la dernière maison du Pisadis sur le côté sud, qui s'ouvrait primitivement sur cette ruelle et, par elle, sur la place elle-même, se trouve incorporée maintenant dans la propriété même de M'^^ Davoust.
Au centre de la Place du Pisadis, se trouvait autrefois un puits profond qui donnait de l'eau à tous les habitants du quartier. Ce puits existe encore, mais il a été fermé au ras du sol par une large dalle qui en marque l'emplacement. Il y avait aussi, au Pisadis, quatre beaux ormeaux, disposés deux à deux sur le côté nord et sur le côté sud. Ces quatre ormeaux, qui ombrageaient agréablement la place, existaient encore à la Révolution. Ils n'ont été arrachés, en effet, que dans les premiè'res années du second Empire.
Le mot de Pisadis, pour désigner la place de ce nom, figure deux fois dans les procès-verbaux des assemblées municipales. Mais je l'ai trouvé dans une dizaine d'actes notariés, se rapportant à la vente des maisons qui se trouvent en bordure de cette place. Dans deux actes de 1761, l'un du 28 janvier, l'autre du 3 février, passés devant M^ Castaing à propos de la maison qui forme le côté nord et c^ui fut vendue en deux moitiés, je lis qu'elle confronte au midi « avec la place appelée le Pisadis '». Dans un autre acte, du 26 décembre 1789, il est question du cul-de-sac de la Rue Ramond, appelé le Pisadis : la Place du Pisadis est bien, en effet, une sorte de cul-de-sac s'ouvrant sur la Rue Ramond. Enfin, dans un acte du 29 mars 1791 (nous sommes en pleine période révolutionnaire), passé devant M^ Darchier et relatif à la vente de la maison qui occupe l'angle sud-est de la place, je lis que la dite maison « confronte, au nord, à une rue appelée le Pisadis ». Cette même maison se revendit quelques années après, le 4 pluviôse an VI, toujours devant M*' Dai-
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chier, et elle confronte alors ^ du nord, à la place du Pisadis ». Sous la plume du même notaire et à sept ans d'intervalle, la place, qui était descendue au rang d'une simple rue, est de nouveau devenue une place. C'est assez dire que Place du Pisadis et Rue du Pisadis sont deux synonymes.
2» Places extérieures.
Les places de Beaumont situées en dehors du mur d'enceinte sont au nombre de deux : la Place Vieille et la. Place du C a stelot.
a) La Place Vieille.
La Place Vieille, comme le Pisadis, existe encore, avec les mêmes limites et le même nom. Mais combien changée ! Aujourd'hui, c'est une place toute moderne, propre, bien pavée, complantée de grands et beaux arbres avec, sur les côtés, de jolis bancs en pierre pour le repos des promeneurs et, au centre, un puits profond, que surmonte un petit édicule de forme carrée, haut de 2 m. 50 à 3 mètres, d'aspect très décoratif. En 1789, la Place Vieille n'était qu'une sorte de terrain vague, non nivelé, mal entretenu, transformé çà et là, l'hiver surtout, en de véritables cloaques. Elle communiquait avec l'intérieur de la ville par deux portes ogivales, la Porte Vidal et la Porte Ramond, terminant l'une et l'autre deux rues de même nom. DéUmitée du côté du nord par ces deux portes et par le mur de ville qui les reliait l'une à l'autre, la Place Vieille confrontait sur tout le reste de son pourtour à des terrains en culture, qui appartenaient pour la plupart aux familles de Constantin et de Montsec.
Du côté du levant, courait un vieux chemin qui, faisant suite à la Grand'rue et passant sous la Porte Vidal, se dirigeait vers le sud. Il allait à la Capelette et, de là, à Rampieux, à Lavalade, à Montpazier : c'était le Grand chemin de Beaumont à Montpazier. A la Capelette, il était rejoint, sur la gauche, par un autre chemin qui prenait naissance derrière l'église et longeait le côté est du mur d'enceinte : c'était le Chemin de Saint
Rock, ainsi appelé parce qu'il se rendait à la Chapelle Saint Roch, petit oratoire, aujourd'hui démoli, que les habitants de Beaumont avaient élex-é autrefois sur le tertre de la Capelette. Sur l'emplacement de la chapelle se dresse maintenant une croix en pierre qui porte le même nom, la Croix de Saint Roch.
Du côté du couchant, se trouvait un chemin analogue. 11 sortait de la ville par la Porte Ramond et se dirigeait vers le sud d'abord, puis vers le sud-ouest, pour passer à Larocal, à Cugnac, à Saint-Léon, à Faurille, à Sainte Radegonde et, finalement, aboutir à Castillonnès : c'était le Grand chemin de Beaumont à Castillonnès.
De la Place Vieille, partait un troisième chemin, qui allait à Saint Avit Sénieur par Magal et Pontroudier : c'était le Chemin de Saint Avit par Magal. Le (Chemin de (irandc communication n^ 25 l'a détruit et remplacé sur bien des points, de même que le Chemin de (îrande Communication N» 8 a r'?mp]acé presque partout l'ancien chemin de Beaumont à Montpazier. Le nom de Place Vieille est fort ancien et, en tout cas, bien antérieur à la Révolution. Il figure déjà dans un acte notarié (Minutes Castaing) de 1721 : il s'agit de l'achat par Guillaume Grenier dit Lagrave, d'une pièce de terre « située hors la ville de Beaumont et proche d'icelle, au lieu appelé à la Place Vieille». Je le retrouve dans deux autres actes passés encore devant M^ Castaing vers le milieu du dix-huitième siècle et relatifs à la vente de terrains qui avoisinaient cette place. Dans l'un de ces deux actes, qui porte la date du 24 mai 1745, je fis que la pièce de terre vendue confrontait, au couchant, avec u la place ou marché appelé place Vieille ». La place en question servait donc de marché comme la Place Centrale, mais avec cette spécialisation cependant — spécialisation qui existe encore aujourd'hui — que, tandis (|ur la Place Centrale était occupée par les marchands venus du dehors, particulièrement par les marchands d'étoffes, la Place Vieille était affectée aux bestiaux et à la volaille. Le marché aux bestiaux ou foirail, qui se trouve aujourd'hui au-dessous de l'église paroissiale, n'existait pas encore. 11 est de création relativement récente.