‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 231 sur 269 · NE SONT PAS TRANQUILLES · texte numérisé non relu

NE SONT PAS TRANQUILLES

Les royalistes, continuant à intriguer dans l'ombre, faisaient répandre le bruit par leurs émissaires que les ventes des biens nationaux n'étaient pas définitives, qu'on allait revenir sur ces ventes, que les biens vendus seraient rendus tôt ou tard à leurs anciens propriétaires et que, en conséquence, les acquéreurs seraient dépouillés comme l'avaient été ceux dont ils avaient pris la place. De ce fait, tous les citoyens (et ils étaient nombreux) qui, aux enchères de 92 et de 93, avaient acquis des biens provenant des couvents, des curés, des ex-nobles, des émigrés, etc., n'étaient pas sans inquiétude : « Dans ce canton, écrivait Grenier le i^^" thermidor an V, les acquéreurs des domaines nationaux ne sont pas sans quelques sollicitudes sur le sort de leurs acquisitions. Les uns et ceux qui sont les moins instruits craignent que les ventes ne soient annulées, les autres et le plus grand nombre s'attendent à un supplément de prix, soit en raison de la disproportion qu'il présente avec la valeur réelle dans certaines ventes, soit en raison de la dépréciation qui s'était opérée dans le papier monnaye depuis les contrats d'acquisition jusqu'aux époques des payements. Ces sollicitudes n'ont cependant pas alarmé, en général, les acquéreurs des domaines nationaux de ce canton au point de les engager à commettre les dégradations qui ont été dénoncées au ministre des finances. Un seul des acquéreurs de ce canton a fait et fait encore des abatis de bois considérables et il est à observer même qu'il y a longtemps qu'il a payé l'entier prix de son acquisition. »

Cette affaire des biens nationaux souleva sur certains points du département des troubles graves. C'est ainsi que, dans le Sarladais, pour ne citer qu'un fait, le citoyen Lafargue, qui avait acquis le presbytère de Grolejac, faillit être assassiné.

Page 1