‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 5 sur 269 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

temfys. Malgré l'exiguïté de son théâtre, Vhistoire locale, par la variété mente des faits qui y sont relatés, est on ne peut plus intéressante. Mais elle est aussi utile, en ce qu'elle apporte toujours des éléments nouveaux - éléments souvent précieux — à l'histoire générale du pays. Xos municipalités rurales, ne l'oublions pas, comptaient alors, plus qu'aujourd'hui, des hommes de valeur {la petite commune de Born avait à elle seule cinq avocats en Parlement) et, quand ces hommes n'étaient pas envoyés par les électeurs à l'administration départementale ou à V Assemblée nationale, ils travaillaient sur place, avec autant d'intelligence que d'abnégation, à former cette France nouvelle, éprise de Liberté, i^'Égalité et de Fraternité, qui devait sortir de la Révolution. Voilà pourquoi nous trouvons çà et là, dans nos registres municipaux, des délibérations remarquables que ne renieraient pas des municipalités de grandes villes. Sans doute, les règles de la grammaire (peu de gens les connaissaient alors) n'y sont pas toujours respectées. Nous verrons plus loin, émanant de nos « maisons communes », des procès-verbaux, des rapports, des proclamations, des lettres administratives oîi fourmillent les fantaisies orthographiques les plus invraisemblables. Mais sous cet habillage incorrect, parfois grossier, on retrouve toujours, avec une Profonde honnêteté et des convictions sifwères, beaucoup de sens pratique, une connaissance des affaires qui parfois étonne, un dévouement aussi absolu que désintéressé à la chose publique et, par-dessus tout, un grand amour pour la France. Nos officiers municipaux de la Révolution, dans toute l'acception du mot, étaient des patriotes !

Certes, les hommes ne font pas défaut, dans un pays où l'histoire est enseignée avec distinction dans nos plus petits collèges, pour étudier la Révolution dans les cantons et dans les communes. Mais, pour une pareille œuvre, les hommes ne suffisent pas et, si les histoires communales et cantonales sont encore si rares, c'est qu'on éprouve les plus grandes difficultés à se procurer les matériaux nécessaires pour les écrire. La tradition étant sur ce point presque toujours muette et, en tout cas, notoirement insuffisante, on est obligé, naturellement, de se rabattre sur les documents d'archives. Or, si les Archives départementales sont en général

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