X PRÉFACE
très riches en documents de la période révolutionnaire et s'il en est de même des Archives nationales, nos Archives communales, qui sont les plus importantes dans l'espèce, sont à ce sujet d'une pauvreté désespérante.
Il y a quelque vingt ans, rêvant déjà d'écrire un jour une histoire de ma ville natale, je demandai au maire d'alors, qui était un de mes excellents amis, de m' ouvrir les portes de la mairie pour y compulser les divers documents qui pouvaient s'y trouver concernant le «vieux Beaumont ». Il me répondit que, en fait de papiers anciens, il n'y avait jamais rien vu ». J'y allai néanmoins et je constatai que, en effet, les trois ou quatre étagères en bois blanc qui constituaient alors tout le mobilier de notre pauvre maison commune ne supportaient que quelques registres relativement récents.
Je m'en retournai profondément déçu et j'allais probablement renoncer à mon rêve quand, un beau jour, le secrétaire de la mairie m'avisa qu'il avait vu jadis quelques « vieux papiers » dans le fond d'un grenier, tout en haut, sous les combles. Nous y montâmes aussitôt et, à ma stupéfaction, je le déclare, mais en même temps à ma grande joie, je trouvai là, entassés pêle-mêle, dans le plus grand désordre, sous une épaisse couche de poussière, exposés à toutes les intempéries, un monceau de documents administratifs, qu'un maire inconnu, à une époque également inconnue, mais certainement postérieure à 1840, y avait fait transporter , comme papiers sans valeur, papiers inutiles parce que trop vieux, papiers encombrants parce que tenant trop de place, dont il fallait se débarrasser. C'étaient des registres de délibérations ; des cahiers de correspondance avec le gouvernement, avec le département, avec le district, avec les communes, avec les particuliers ; des liasses nombreuses, encore ficelées, concernant V administration municipale, les impositions, les subsistances , les affaires militaires et religieuses : des procèsverbaux d'élection ; des comptes rendus de séances de la Société populaire ; des requêtes des habitants ou des communes ; des rapports administratifs sur les objets les plus divers, etc., etc., mais le tout dans un état lamentable. Depuis cinquante ou soixante ans qu'ils servaient d'épongé aux gouttières tombant de tuiles cassées ou mal jointes, tous ces <( vieux papiers » n'étaient pas sans avoir