‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 65 sur 269 · LA FÊTE DE LA FÉDÉR.ATIOX. UN NOUVEAU MAIRE · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE LA FÉDÉR.ATIOX. UN NOUVEAU MAIRE

Trois mois à peine s'étaient écoulés depuis les élections des mimicipalités quand l'Assemblée nationale appela les citoyens actifs à une nouvelle manifestation politique. Elle les convoqua en assemblées primaires à l'effet de choisir des délégués qui se rendraient au chef-lieu du département et, à leur tour, nommeraient à l'élection (élection à deux degrés) les membres de l'administration départementale.

Les électeurs du canton de Beaumont se réunirent dans les derniers jours de mai ou au commencement de juin et choisirent les onze délégués auxquels ils avaient droit à raison d'un délégué pour cent électeurs inscrits. Le procès-verbal de l'élection a disparu. Je ne sais donc au juste quels sont les délégués que les assemblées primaires de Beaumont envoyèrent à l'assemblée départementale.

Les délégués des diverses assemblées primaires du département .se réunirent à Périgueux le 12 juillet 1790. Ils étaient au nombre de 703, représentant les 73 cantons dont se compo.sait alors le département. Elus dans leurs cantons respectifs, en dehors de l'influence d'un comité central, les membres de cette assemblée représentaient les opinions les plus diverses. Il y avait là un certain nombre de gentilshommes, envoyés surtout par le nord du département : mais leurs prétentions étaient autrement modestes qu'aux élections des états généraux; leur influence allait manifestement en décroissant et ils .sentaient

I. C^n désignait sous ce nom, par opposition aux assemblées cntuiiiiDuiles qui ne comprenaient ijue les électeurs d'une uicnie conimuiie, les réunions auxi|uelK's étaient convoqués tous les électeurs du canton.

252 BEAUMONT SOUS LA COXSTITUANTr ET LA LEGISLATIVE

eux-mêmes leur impuissance à lutter contre le flot montant des revendications populaires. Il y avait, naturellement, des révolutionnaires avancés : mais ils étaient, eux aussi, peu nombreux, trop peu nombreux pour pouvoir exercer une influence sérieuse sur les décisions de l'assemblée. La grande majorité se composait de bourgeois et de paysans qui, tout en étant foncièrement acquis aux idées du jour, ne songeaient pas encore à remplacer la monarchie par une république. Par contre, ils étaient toujours les ennemis irréductibles des privilèges et des privilégiés; ils tenaient avant tout, se grandissant en face de la noblesse et du clergé, à établir l'égalité des citoyens devant la loi, et ils n'auraient pas renié les jolis couplets que l'un d'eux, un paysan sarladais — poète à ses heures — avait composés sur la Constitution *:

Nou veyres pus un fat.

Que n'o per tout mérite Que sous chès et sous titres, Vostres champs traversa, Vostres blas dévasta.

N'aves pus à crogna Qu'un tiran de villatze Vous força à randre houmatze O so fotuita.

Nou y o pus qu'tm Estât.

Nou y o pus qu'un Estât :

Froncés, sen doun tous fraîres, Couinuno es nostro inaïre :

Lo cal tous respecta Et non pas l'o/fligea.

Vous ne verrez plus un fat, Qui n'a pour tout mérite Que ses chiens et ses titres.

Traverser vos champs, Dévaster vos blés.

Vous n'avez plus à craindre

Qu'un tyran de village

Vous force à rendre hommage

A sa fatuité.

Il n'y a plus qu'un État.

Il n'y a plus qu'un État :

Français, nous sommes donc tous frères,

(^onimune est notre mère :

Il nous faut tous la respecter

Et non pas l'affliger.

[/a.sseral)lée électorale do Périgueux siégea une quinzaine de jours. Parmi les administrateurs dont les noms sortirent des urnes, nous remarquerons : Maleville, de Verneilh Puyraseau, Beaupui, Elie Lacoste, Saint Rome, Louis Ters. L'élection de ce dernier nous intéresse tout particulièrement. Louis Ters, en effet, était maire de Beaumont et la population de notre

1. Cette cliansoii. écrite en i.ii;ilecte surlaiiais (ruuteiir était <.ie Salij{iiac), a été recueillie par G. Herinaiin et publiée par lui, dans la Ri'vuliil iun J i\i in iii .w , eu déeeniliri' 1900. l{lle a viiitrt cnuplets.

AFFAIKKS r(M ITIQrKS HT ADMI MSTKATIVKS 25^

petite ville fut, à coup sûr, très flattée de voir ainsi l'un des siens appelé, par la confiance des électeurs cantonaux, aux hautes fonctions d'administrateur du département.

Pendant que l'assemblée de Périgueux procédait à l'élection des administrateurs du département, le 14 juillet 1790, anniversaire de la prise de la Bastille, Paris célébrait, au Champ de Mars, la fête de la Fédération nationale, dans laquelle 100.000 fédérés et 20.000 spectateurs, réunis autour de l'autel de la patrie, juraient au nom de la France entière, fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi.

Une fête analogue, avec moins d'apparat sans doute, mais avec le même cérémonial et la même signification, eut lieu dans les quarante-quatre mille municipalités du roj^aume.

La ville de Périgueux, avec le concours de la municipalité, de la garde nationale et de nombreuses délégations envoyées par les gardes nationales du département, célébra sa fête de la fédération sur la Place Tourny.

La municipalité de Beaumont célébra la sienne sur la Place du Castelot, qui devint ainsi le Chamf de Mars de Beaumont. Le procès-verbal de la fête ne nous est pas parvenu et les registres municipaux n'en font qu'une simple mention. Mais le programme de ces fêtes populaires était partout le même et, par ce qui se passa ailleurs, nous savons assez exactement ce qui s'est passé à Beaumont. A 10 heures du matin, un long cortège comprenant la garde nationale en armes, le corps municipal, le curé de la paroisse et la plus grande partie de la population en habits de fête se forma dans la Rue Froment, en face de la mairie. Puis, tambours en tête, il s'achemina vers la Place du Castelot où, la veille, on avait élevé vm autel de la patrie, soigneusement décoré de drapeaux, d'emblèmes et d'inscriptions patriotiques. Là, le curé, revêtant ses habits de chœur, célébra la messe sur l'autel de la patrie. Puis, la messe dite, le commandant de la garde nationale, qui était vraisemblablement Lachapelle Morton, gravit les marches de l'autel et d'une voix forte, comme Lafayette au Champ de Mars, comme le commandant de la garde nationale de Périgueux sur la Place

2,54 BEAUMONT SOCS 1 A (OXS III I A M )•; ]■: 1 I.A I.HC.ISI.ATI VF,

de Tourny, il prononça le serment fédératif, tel qvi'il avait été prévu par l'Assemblée nationale : Nous jurons d'être à jamais fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi; de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par V Assemblée nationale et acceptée par le Roi ; de protéger, conformément aux lois, la sûreté des personnes et des propriétés, la libre circulation des grains et des substances dans l'intérieur du royaume, et la perception des contributions publiques sous quelque forme qu'elles existent ; et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité. Après lui, tous les autres citoyens présents s'écrièrent avec enthousiasme : Je le jure! Et ils entonnèrent en chœur des chants patriotiques. La cérémonie terminée, le cortège se reforma et, au son des fifres et des tambours, reprit le chemin de la ville. A partir de ce moment, et pour perpétuer le souvenir de ce grand acte, la Place du Castelot prit le nom de Champ de la Fédération ou de Champ de Mars.

Revenons maintenant à nos élections départementales. Ces élections eurent une répercussion immédiate sur la constitution de notre corps municipal. En nommant Louis Ters administrateur du département, ils obligèrent celui-ci à renoncer à sa charge de maire de Beaumont : il y avait, en effet, incompatibilité entre les deux fonctions. Il fallut donc le remplacer.

Le 24 août 1790, les officiers municipaux étant réunis en l'hôtel commun, le procureur de la commune, qui était alors Pierre Melon, exposa à l'assemblée que le « digne chef de cette municipalité » (c'est ainsi qu'il désignait Louis Ters) ayant été élevé au grade d'administrateur du département et le nouvel office étant incompatible avec celui de maire, il était indispensable de pourvoir à son remplacement ; et il requérait, en conséquence, l'autorisation de convoquer extraordinairement tous les citoyens actifs de la commune de Beaumont pour le dimanche 5 septembre prochain, à l'effet d'y procéder, en la forme prescrite, à l'élection d'un nouveau maire. Le conseil approuva naturellement la proposition de son procureur et, par une ordonnance qui fut prise et signée séance tenante, il convoqua les citoyens actifs aux urnes pour le 5 septembre, à 8 heures du

vriAiKi s l'oi I iinri:s i: i .\i>MiMsrKAi i\ i:s

malin. Il dccidii en niômc tenips qwv la dite ordonnance serait lue au prône de chaque paroisse du canton et qu'elle serait, en outre, affichée u partout où besoin sera, le tout à la diligence du procureur de la commune ».

Conformément à cet arrêté, les citoyens actifs de Beaumont (ville et banlieue) se réunirent le 5 septembre, à 8 heures du matin, à l'hôtel commun pour procéder à l'élection d'un maire

FiG. 52.

La TiiJiisuti de PiciTL' Luisciiu, iiuiiic de lîcauiiioiit, .i rencoigiuirc siid-oucst de la Place Puhlii|Lie.

A j.'iiiicli"'. la iiiai><)ii de Colin >i-llii'i-: a ilniilf. la l'iai^i- de- Mi>iii-i- • •[ la maison ili; Pierre Colin, auliergisli-

en remplacement de Louis Ters. Les suffrages des électeurs se portèrent ^ur Benoît Loiseau, premier officier municipal.

Sept jours plus tard, le 12 septembre, à l'issue des vêpres, le nouveau maire se présenta devant le corps municipal, que présidait le vieil Audibert, et après avoir produit le procèsverbal de l'assemblée communale où il avait été nommé maire, il prêta le serment en ces termes [Arck. mun., Registre des délibérations, i*^'" cahier, p. 228) : Je jure de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du royaume, d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi et de remplir exactement les fonctions qui me sont

2f)() lîEAUMONT SOIS LA COXSTITUAXTK ET I.A LÉClISr.ATIVK

confiées. Et, séance tenante, il entre en fonctions et prend place au bureau à la tête du corps municipal.

L'élévation du citoyen Loiseau aux fonctions de maire laissait une place vacante dans le corps des officiers municipaux. Cette place revenait de droit au premier des notables, le sieur Bernard Redon. Mais celui-ci se récuse, à cause de son grand âge : il avait plus de quatre-vingts ans ! Le maire l'offre alors au sieur Randonnier, qui est inscrit au second rang sur le tableau des notables : il déclare, à son tour, qu'il ne peut accepter. Loiseau, à la suite de ce deuxième refus, propose la charge d'officier municipal à celui des notables qui vient immédiatement après, Randonnier, dans l'ordre du tableau : c'est le sieur Jean Baptiste Lacoste, huissier royal. Lacoste refuse lui aussi et, à la demande du procureur de la commune, il écrit sur le registre de la municipalité la déclaration suivante : « En qualité de notable, la charge d'officier municipal m'étant dévolue, je, pour des moyens et des raisons qui m'empêchent d'occuper cette charge, déclare la refuser. Signé : Lacoste. »

Après ces trois refus, le maire, qui ne voulait pas s'exposer à un quatrième, se déclare satisfait et il lève la séance. Du reste, quelques semaines à peine nous séparent de la vSaint-Martin, l'époque fixée par la loi pour le renouvellement des municipalités.

§ 2. - Les élections municipales de novembre 1790.

Aux termes du décret du 14 décembre 1789 sur les administrations communales, il devait être procédé, en novembre 1790. le premier dimanche après la Saint-Martin, au remplacement de la moitié, tant des membres du corps municipal que de ceux des notables, nommés le 17 février dernier.

A cet effet, le procureur de la commune invite les citoyens actifs dt' la municipalité de Beaumont (ville et banlieue), à la fois par voie de publication au prône et par voie d'affiches placées à la porte des monuments publics, à se rendre le 14 novembre, jour de dimanche, à 8 heures du matin, à l'hôtel commun de

affaikm:s roi rnori:s i:r ammimsi ka i i\i:s 257

la prôsont».' \illo pour \ procéder, dans ks formes prescrites, au dit remplacement.

Les opérations, comme d'habitude, fment fort longuets. La machine électorale, encore toute neuve, ne fonctionnait (pi 'avec une extrême lenteur.

La première séance fut présidée par Bernard Redon, doyen d'âge, avec (lilles Darchier, Jean Audibert et Jean Delpech comme scrutateurs pro-

visoires.

Comme on le sait,

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c est au tirage au sort y\o. 53

(lu'étaient désignés ceux ,, ,„ ,

lîcriKiiJ Rt'i-loii, ,uu-R'n lieutciKuit do pnlici-,

des officiers municipaux ,„„„„„, ,„.„^,„„,„ „^ ,,„„.,.^„

et des notables qui

devaient cesser leurs fonctions et être remplacés. Pour les officiers municipaux, la nomination de Loiseau aux fonctions de maire et la démission, en date du 13 courant, de Jacques Auriel et de Jean Delpech, laissaient trois places vacantes : il n'y a donc pas lieu d'en appeler au tirage au sort. En ce qui concerne les notables, dont le cadre est au grand complet, le sort désigne comme membres sortants les citoyens Redon, Randonnier, Lacoste, Grimard, Dubut et Robert jeune.

Ce « préalable rempli »>, comme on disait alors, le président Redon fait l'appel des électeurs. Hélas, sur les 325 citoyens actifs qui étaient régulièrement inscrits sur les listes électorales, 35 seulement répondent à l'appel de leur nom ! C'est à peine croyable et, si l'on n'avait pas le procès- verbal sous les yeux, on ne pourrait ajouter foi à un pareil désintéressement de la chose publique. Décidément, nos pères, en matière d'élections, étaient beaucoup plus calmes que nous. J'ai présidé un jour une élection dans une circonscription qui comptait plus de 400 électeurs : il n'y en eut que 4 qui ne prirent pas part au vote.

On s'occupe alors de remplacer le bureau provisoire par un

bureau définitif. Le premier scrutin donne comme résultats :

pour président, Bernard Redon, qui se proclame lui-même. Il

est reconnu, aussitôt, président de l'assemblée. Un deuxième

25^^ BEAUMONT SOUS I.A COXSTITrAXTK KT LA LÉGISLATIVE

scrutin pour la nomination d'un secrétaire donne la majorité absolue à Jean Baptiste Labarrière, le secrétaire ordinaire de la municipalité. Le président proclame le résultat de ce deuxième scrutin et invite le citoyen Labarrière à prendre place au bureau.

Le président et le secrétaire, chacun à leur tour, prêtent le serment d'usage de maintenir de tout leur pouvoir la Constitution du royaume, d'être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, etc., etc.

Ceci fait et avant de passer aux autres scrutins, le vieux Redon se lève de nouveau et, s' adressant aux électeurs présents, il prononce à haute et intelligible voix cette formule du serment, telle qu'elle est prescrite par la proclamation du roi du 28 février dernier : Votis jurez et promettez de ne nommer que ceux que vous aurez choisis en votre âme et conscience comme les plus dignes de la confiance publique, sans avoir été déterminés par dons, promesses, sollicitations ou menaces. A quoi chacun des citoyens actifs répond par ces mots : Je le jure.

Il est alors procédé, par scrutin de liste simple, à la nomination de trois scrutateurs destinés à remplacer les trois citoyens qui en avaient jusqu'ici fait fonction. Les suffrages se portent sur Jean Audibert, Jean Delpech et Gilles Darchier. Ils sont proclamés par le président et prennent place auprès de lui. Le bureau définitif est maintenant au complet et, comme on le voit, il est exactement le même que le bureau provisoire.

Mais il est déjà 6 heures du soir. Il avait fallu une journée tout entière pour nommer le bureau de l'assemblée électorale. Le président, avec l'assentiment de tous, lève la séance et renvoie la suite des opérations au dimanche suivant, à 9 heures.

Le dimanche suivant, 21 novembre 1790, le président ouvre la séance à 9 heures précises. Il attend une heure, deux heures..., personne ne se présente. Nos citoyens actifs étaient plus que tièdes. A la séance' du soir, 35 électeurs sont présents : le président annonce tout d'abord que, la commune de Nojals venant de constituer une municipalité indépendante, les électeurs de cette commune ne font plus partie, de ce fait, de l'assemblée électorale de Beaumont. Puis, il passe au scrutin

AFIAIKKS POIITIOIKS 1:T ADMINISTRATIVES 25<)

pour la nomination de trois officiers municipaux. I.e dépouillement du vote donne les résultats suivants :

Blanchard (Pierre), avec 24 suffrages. Sont nommés : Rivière (Pierre) — 22 —

Lacoste (Jean Baptiste), — 21 —

Le président, après les avoir proclamés officiers municipaux, constate qu'il est 6 heures, u heure tarde > comme on disait alors, et il renvoie les électeurs, Fig. 54.

pour la COntmuation j^^,,^ ^^p^^^^^ Lacoste, huissier,

des opérations, au di- éi.i omcier ...uuicipai,

manche suivant 28 novembre, à 8 heures du matin. On avait employé toute une journée pour élire trois officiers municipaux : la machine électorale était de plus en plus lente.

Nous arrivons au troisième dimanche.

A 8 heures du matin, pas d'électeurs et, partant, pas d'opérations. A la séance de l'après-midi, les électeurs qui avaient pris part aux deux premiers scrutins sont peu nombreux, à peine une vingtaine. Mais tout à coup et au grand étonnement du président de l'assemblée, viennent se joindre à eux des électeurs de la commune de Bayac, qu'un arrêté du district de Bergerac avait tout récemment rattachée au canton de Lalinde. On ne comptait donc pas sur ces électeurs. Mais la veille au soir, une lettre de M. Louis Ters, partie de Périgueux, les avait informés que, par décision du département, ils « demeuraient provisoirement unis à leur municipalité de Beaumont » et, à cette nouvelle, ils étaient accourus pour prendre part à l'élection. Par suite de cet appoint, le nombre des votants s'éleva au chiffre de 32.

Un deuxième incident, celui-ci as.sez plaisant, vint marquer le début de la séance. Le vieil Audibert, qui remplissait dans

Jf.o IWAIMONT sors I,A CONSnit 'A\I !•; 1;T IA M'C.ISI athe

cette élection les fonctions de scrutateur, était sourd comme un pot et n'entendait absolument rien de ce qui se disait autour de lui : il était peut-être le seul à ne pas s'en apercevoir. Quelqu'un probablement dut le lui faire comprendre, et alors on vit ce pauvre vieillard, blanchi et cassé, aller péniblement auprès du président et dire que c l'infirmité qui l'empêche d'entendre distinctement s'accroissant de jour en jour, l'oblige de demander la démission de son office ». Le président acquiesça naturellement à sa demande et décida, d'accord en cela avec l'assemblée, que, séance tenante, on remplacerait le démissionnaire dans le cadre des officiers municipaux : un scrutin spécial désigna Pierre Mianne par 25 suffrages.

Arrive enfin le dernier scrutin pour le remplacement de huit notables, savoir : tout d'abord les .six déclarés sortants par la voie du sort; puis deux autres au lieu et place de Pierre Blanchard et de Pierre Mianne, élus l'un et l'autre officiers municipaux. Le dépouillement du scrutin donne les résultats suivants :

Lachèze, de la commune de Bayac.

Lablaye, — Bayac.

Carrière (Jean), — Bannes.

SouRBiER, — Gleyzedals.

Beleymet, — Montcany.

CosTE (Jacques), — Beaumont.

Remarquons, en passant, que, dans ce dernier scrutin, les communes suburbaines, qui jusqu'ici ont été comme évincées par les électeurs de la ville, se vengent en ne nommant presque exclusivement que des candidats pris dans leurs communes. C'est ainsi que, sur les huit notables, ils nomment deux habitants de Bayac, un habitant de Bannes, un habitant de Gleyzedals et trois habitants de Montcany. Parmi les candidats de la commune de Beaumont, ils n'en laissent passer qu'un seul, le citoyen Jacques Coste, que nous verrons bientôt officier municipal et, un peu plus tard, maire de Beaumont. Les nouveaux élus sont proclamés par le président et prennent place au bureau.

AFFAIRES POI ITigrES ET ADMINISTRATIVES 261

Le président annonce alors que, l'assemblée ayant terminé ses opérations (ce n'avait pas été sans peine!), la séance est levée et que « chaque citoyen peut se retirer après la signature lin verbal par ceux qui savent écrire ». Ont signé à l'original :

Jacques Julien Nevrac

Dakchiek, scrutateur Audibert, scrutateur

LoiSEAV, maire CtRENTER, officier municipal

Blanchard Lachaise Pradier,

P. Rivière Lacoste Audissou Mianne

Redon, président Labarrière, secrétaire

J'aime à croire, vu le petit nombre de signataires, qu'un grand nombre de citoyens actifs ont omis d'apposer leur griffe au bas du procès-verbal. Il n'est pas admissible, en effet, que, dans les citoyens actifs qui ont pris part à l'élection, il n'y en ait eu que quatorze qui sussent signer.

A la suite de cette élection, l'administration municipale de Beaumont fut constituée comme suit :

Maire: Loiseau (Pierre Benoît) ^

Procureur de la commune: Melon (Pierre).

Officiers municipaux: Grenier (André), Blanchard (Pierre), Rivière (Pierre), Lacoste (Jean Baptiste), Mianne (Pierre).

Secrétaire greffier: Labarrière (Jean Baptiste).

Notables: Bessot (Pierre), Robert (Etienne), Revnai. (Hilaire), Carrière (Antoine), Lachèze, Lablaye, Carrière (Jean), Sourbier, Beleymet, Audissou, Mevniel, Costk (Jacques) .

Contrairement à ses collègues de la municipalité, dont la signature est remarquablement fixe, immuable, ayant toute la valeur d'un portrait, Benoît Loiseau, maire, modifie la sienne

I. Le procés-vcrbal de la séance du 4 décembre 1790 de la municipalité de Boaiiniont nous dit i|ue Benoit Loiseau avait été « réélu maire après sa démission ». Le successeur de i-ouis Ters aurait donc démissionné à la veille du scrutin pour se soumettre à réélection. Le proccs-verbal de la séance ne paile nullemeiil de cette réélection du rnaire.

dans la forme de ses lettres, dans son paraphe et jusque dans •'orthographe de son nom {fig. 55). Il signe, tout d'abord, Loyzeau (1790). Puis, l'année suivante (1791), remplaçant le z par un s, ■

Première manière (Décemhn- lyqo).

Deuxième manière ( Dèteiiibre i/cji)

Tiûisième manièie (Octohre i-j(.)2).

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