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L'^S MOUVEMENTS IRRÉSISTIBLES

cochons d'Inde sans déterminer la mort immédiatement. El si l'on avait soin d'éviter une grande perte de sang, en liant préalablement les artères les plus importantes, et d'entretenir artificiellement la respiration, l'animal pouvait vivre pendant un temps assez long et se montrer encore sensible aux impressions externes (1).

Jusqu'au commencement de ce siècle, on avait des idées très confuses sur les fonctions du cerveau et de la moelle épinière. Louis Rolando. célèbre physiologiste de l'Université de Turin, le premier, démontra clairement que la moelle allongée (portion de la moelle la plus voisine du cerveau) devait être considérée comme le centre du système nerveux. Aucun de ses contemporains n'a mieux connn (jue lui la structure des centres nerveux, c'est lui qui démontra que la moelle allongée « est le premier riidi- « ment du système nerveux, le siège de la sensibilité et « des insiincls, le coordinateur des mouvements volon- « taires, le centre de la vie, la cause merveilleuse des phé- « nomènes surprenants au plus haut degré, connus sous « le nom de sympathie et de volonté (2; ».

Lorsqu'on tranche la tête à un canard d'un coup de couteau, il ne reste pas immobile, mais s'agite,-^bat des ailes, et fait des mouvements connue s'il voulait s'envoler et fuir. On raconte que l'empereur Commode faisait trancher la tète à des autruches dans le cirque avec des tlèc'.es en forme de demi-lune et que celles-ci poursuivaient leur course jusqu'à la fin. Si d'un coup de hache on tranche la tête à un chien, on voit, singulière ironie, le tronc agiter la queue. On ne saurait douter cependant que rar-imal ne sent plus lien ; si on lui pince fortement la peau^ il met la queue entre ses jambes comme s'il avait peur, bien qu'il soit décapité.

(1) Fontaiia, Du venin de la ripère, t. 1, pace 31". (:2) L. llol.mJo, Snjjio sopra la vera strutLuva del cerrello e sopra le funzionidel sistema nercoso. Torino, lSi8, sezioue III, pag. lio.

Ici se présente une grave question. Pour continuer notre comparaison de tout à l'iieure, nous dirons que quelques physiologistes soutiennent que la servante est aveugle et (ju elle fait tout bien, mais sans savoir ce qu'elle fait. Qu'elle lire le cordon quand on sonne, qu'elle allume le fourneau, qu'elle fait la cuisine et lave la vaisselle, Lalaie la maison, jette les immondices et autres choses semblables, mais qu'elle n'a pas le discernement, qu'elle agit comme un automate et ne saurait modifier en rien ce qu'elle a toujours fait par pur instinct. D'autres, au contraire, soutiennent qu'il ne lui manque pas une miette de bon sens, qu'elle aussi raisonne, et que l'âme de la maison n'est pas tout entière dans le maître.

C'est une question très grave, attendu que s'il était démontré que la servante est aveugle et fait tout par habitude, pauvre maître! dirait-on, qui n'y voit pas très clair et n'est certainement pas capable d'enseigner grand'chose à la servante.

Je dis que la question est importante aussi parce que les plus grands physiologistes vivants s'y trouvent engagés. Goltz et. Foster, ayant pris une grenouille, enlevèrent le cerveau et puis la plongèrent dans l'eau contenue dans un vase de verre. En la touchant, ils virent que, comme toutes les grenouilles dans des conditions semblables, elle réagissait, nageait, et pouvait aussi sauter hors du vase. Ayant ensuite réchauffé l'eau lentement jusqu'à 40 degrés, la grenouille ne faisait plus aucun mouvement; elle ne sentait pas que l'eau s'échauffait, ne cherchait pas à sauter hors du vase, et finalement se trouva cuite, sans faire aucun acte qui indiquât en elle de la sensibihté. Donc la moelle seule ne sait pas raisonner. La grenouille se meut comme une machine toutes les fois qu'elle éprouve les mêmes excitations auxquelles elle a été habituée; elle est comme un automate qu'il est nécessaire de loucher en certains points pour obtenir un mouvement donné. Quoi qu'on fasse en dehors de ces excitations, elle y reste indif-

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