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unis aux changements de la substance nerveuse. Les impressions q-.ii Viennent du monde extérieur trouvent la substance des cellules cérébrales déjà préparée à recevoir Tempreinte et à la fixer d'une manière durable, comme une reproduction photoj^^raphique, s'il est permis de faire une comparaison entre deux phénomènes dont un Sf?uî est connu. C'est le saui: qui transporte aux hémisphères du cerveau les substances qui semblent nécessaires à la fonction de la mémoire. L'attention ne peut se manifeste.' dans toute son intensité sans changements notables dans la circulation du sang. Quand nous sommes distraits, les idées ne laissent pas d'empreinte durable dans la mémoire, parce qu'il n'y a pas eu d'abord, avec les changements physiques de Lor^ïanisme qui accompagnent l'attention, un mouvement plus rapide du sang dans les hémisphères cérébraux.
L'antique idée qui fait du cerveau un réservoir dans le quel cha'vue pensée a sa petite case où elle demeure, et où elle peutètre retrouvée, semble plus vraie maintenant. La science moderne a démontré que ia chose est plus compliquée qu'on ne croit. En etfet, il suffit qu'un caillot obstrue l'artère qui porte le sang dans quelque circonvolution, ou qu'une tumeur détruise une partie du cerveau, pour déterminer la perte de toute une province de la mémoire.
Bornons-nous, comme exemple, à la mémoire de la parole, qui, on le sait, se trouve localisée dans la région pariétale gauche. Une personne reçoit-elle un coup à la tempe de ce côté, elle peut perdre la parole, bien qu'elle se souvienne encore des choses, et qu'elle ouisse même en prononcer les noms s'ils lui sont suggérés. Ce dernier tait montre bien qu'il n'y a pas de lésion dans les muscles de la langue. L'aphasique peut même chercher les mots dans le dictionnaire et les prononcer lorsqu'il le voit.
Quand nous apprenons une langue, il est permis do supposer que quelques cellules cérébrales remplissent des fonctions et acquièrent une activité nouvelles, que des rapports s'établissent avec les autres cellules, et qu \ dans ce réseau inextricable, se localisent les noms, les verbes, les idées, la représentation gra[)hi(|ue des idées et des mots.
A mesure que nous manions la langue, le sang porle de nouveaux cléments à ses cellules, et Fimpression devient d'aulanl plus \ive que l'attention a été plus soutenue. Dans les cliangcmenls matériels qui surviennent, ce qui est déjà fait ne disparait pas complètement, Fempreinte reste, bien que plus faible. Si nons cessons pendant quelques années de faire usage de la langue, nous rencontrerons une certaine difficulté à la parler de nouveau, il nous semble que les communications sont devenues moins faciles; toutefois, en peu de jours, nous retrouverons Faisance primitive.
^ Nous pourrions citer le cas d'un homme qui, à la suite d'une maladie, perdit la mémoire d'une langue qu'il savait et auquel la mémoire de celte langue est revenue en même temps que la santé; d'autres qui avaient oublié plusieurs langues dans l'ordre où ils les avaient apprises et qui en recouvrèrent l'usage dans l'ordre inverse.
Quand on veut fouiller dans certaines régions peu pratiquées de la mémoire, on s'aperçoit toujours qu'il y a des associations et des liens très étroits entre les phénomènes de la pensée. Le sang, en p:^nétrant dans certaines parties du cerveau, est comme un flambeau qui éclaire un souterrain sur les murs duquel sont figurées les idées dos objets et des choses que nous connaissons. Souvent les vaisseaux sanguins ne livrent pas facilement passage au sang, et nous tournons en vain dans ce labyrinthe, reculant, avançant, jusqu'à ce que tout à coup s'ouvre un accès et apparaisse subitement l'idée cherchée. Cette livjiolhèse qu'il s'agit d'une influence du sang, d'une dilalalion ou d'une contraction des vaisseaux, des phénomènes de la nutrition permet d'expliquer comment parfois, à la suite d'une forte émotion, on peut recouvrer subitement la mémoire de tout un ordre des choses qu'on croyait avoir oublié.
Le lien qui unit les phénomènes physiques à ceux de la mémoire apparaît encore plus évident dans le fait de l'épuisement et dans l'influence réparatrice du repos. La mémoire peut même cesser tout à fait par suite de l'anémie, ou bien après un empoisonnement par les narcotiques, ou encore si le cerveau est débihté. Ne sait-on pas combien elle
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persiste chez les vieillards, en ce qui touche aux faits relatifs à leur jeunesse, taudis qu'elle est rétive pour les faits récents.
A la suite de certaines hlessures, ou de contusions à la tète, on a vu des pères qui ne se souvenaient plus d'avoir des enfants, des écrivains qui avaient oublié le titre de leurs œuvres, puis, la fièvre ayant cessé, ils recouvraient la mémoire. D'autres, pendant la fièvre, racontaient des faits et se rappelaient des noms qu'ils semblaient avoir oubliés et qu'ils oubliaient de nouveau une fois guéris.