‹ La peur en DauphinéChapitre 23 sur 111 · Déposition Boudard, Houx, p. \j · texte numérisé non relu

Déposition Boudard, Houx, p. \j

4. Il y a plus de quatre lieues de Morestel à Aoste : mais Bouffard suivait une belle route, sur laquelle le galop était facile. D'après la déposition t\u châtelain Roche (Houx. p. k>s), il serait arrivé à deux heures : mais Hoche était alors au Pont-de-Beauvoisin. Le receveur des fermes Lacombe mieux informé, puisque c'est à lui (pie Bouffard porta la correspondance, dit « une heure » (Houx, p. 109). Le médecin Comte, un dis principaux propagateurs de la nouvelle, dit : « entre midi et une heure » (Houx, p m) Le brigadier Lambollel dépose (pie Bouffard apporta la nouvelle « sur environ midi » (Roux, p. 112). Le journal tenu à Aoste (Bibl de Grenoble, mss . O. 887)

donne <( une lieure ». Cette minutieuse chronologie est nécessaire : elle seule

permet de suivre avec exactitude le parcours de l'alarme.

5. Dépositions du receveur La comité. Houx, |>. IO9-IIO; du médecin Comte.

id., p. M-: du brigadier Lambollet, id., p. na-n3; d'Etienne Grillât, domestique >\r Madame d'Aoste, p. 1 I S.

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on redoutait la venue, on sentait la nécessité d'être en force, et les notables décidaient, en l'absence du châtelain, de faire sonner le tocsin. Seul le curé voulut s'y opposer, « parce que cela répandait une trop grande alarme », et renvoya le sonneur : le médecin et l'abbé de Leyssin donnèrent tort au curé, et tirent si bien que la cloche continua à sonner lugubrement pendant une heure '. On battait la générale, et les habitants couraient aux armes : les communautés voisines se préparaient, sans bien connaître encore la nature du péril, à venir au secours d'Aoste, dont le tocsin annonçait le danger \

Aoste n'est qu'à une demi-lieue de la frontière de Savoie : aussi certains pensaient déjà sans doute qu'on avait à redouter, non plus des brigands, mais des « ennemis 3 ». Dans le village de Chimilin, presque contigu à Aoste, l'émoi était vif: certains habitants s'enfuyaient dans les bois ; on cachait en hâte « les effets les plus précieux » ; un journalier, sans même demander des ordres au curé, montait au clocher et mettait la cloche en branle 4. Antoine Jas envoya son frère cadet, un enfant, prévenir leur père qui était au marché du Pont-de- Beauvoisin, « et on lui donna un cheval pour qu'il put revenir promptement ». L'enfant partit au galop, et arriva, tout en larmes, au hameau de la Guinguette, à l'entrée du Pont-de- Beauvoisin, vers deux heures de l'après-midi

i. Voyez les dépositions citées à la note précédente, et en outre celles du marguillier Cl. Guerre, Roux, p. 108-109; de Jean Berliat, id., p. 110-111; du curé Barbarin, id., p. 118-119; de l'abbé de Leyssin, id., p. 119-120.

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