‹ La peur en DauphinéChapitre 25 sur 111 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Le bourg- du Pont-de-Beauvoisin était déjà dans L'inquiétude : c'était jour de marché, el quelques achats inconsidérés avaient sutïi à provoquer des rumeurs. On avait voulu arrêter un accapareur : « Un détachement des invalides vint pour se saisir de cet homme qui s'évada en Savoie ' ». L'arrivée de l'entant, qui était « dans la plus grande désolation », provoqua un grand rassemblement de paysans ; il raconta que « le feu était à Chimilin » et que « les brigands dévastaient tout ~ ». Le capitaine général des fermes partit aussitôt avec sa brigade sur la route d'Aoste. pour aller à la découverte. Les habitants se rassemblèrent à l'hôtel-de-ville pour former une milice bourgeoise. On croyait toujours à des brigands, qui étaient vers Chimilin. et on était confirmé dans cette crainte par un billet qu'un habitant d'Aoste écrivait au châtelain, venu au marché du Pont-de-Beauvoisin. pour qu'il vînt diriger la défense de sa communauté '.

La nouvelle gagna bientôt le bourg des Abrets : c'était un important croisement de routes ; de là elle devait se répandre rapidement à travers la province .

Cependant toute la région traversée par la sinistre nouvelle se mettait en défense : Aoste était considéré comme le point le plus menacé, et, vu son voisinage de la frontière, on admettait partout, vers la tin de l'après-midi, qu'il y avait à craindre, non plus des brigands venus du Hugey, mais des troupes du roi de Sardaigne. qui passaient le Guiers à Saint-

(ïhauvrp) « ne se rappelle pas bien l'heure » (Houx. p. 101-102); mais la déposition du notaire et lieutenant de ehàtellenie Drevon, qui donne deux heures pour l'alarme et trois heures pour la lin de la délibération à l'hôtelde-ville (Roux, p. 101-102) me paraît plus sûre.

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