‹ La peur en DauphinéChapitre 3 sur 111 · E. Risler, Géologie agricole, t. III, p · texte numérisé non relu

E. Risler, Géologie agricole, t. III, p

3. Observations d'un habitant du Dauphiné à l'Assemblée des États généraux, Arch. nat., IL, O70. Cf. presque toutes les réponses des Communautés à la Commission intermédiaire (Voir la note suivante).

4. Le nombre des « Cahiers de doléances » proprement dits, rédigés en 1789 par les communautés dauphinoises, est très faible. Mais nous possédons une série abondante de documents d'une valeur analogue, rédigés à la même époque. Ce sont les réponses des communautés dauphinoises à un interrogatoire détaillé qui leur avait été envoyé, le 28 février 1789, par la Commission intermédiaire. Il en existe un grand nombre aux Archives de la Drôme (('., 5 à 5) et des Hautes-Alpes (C, 2 à 12). Il y en a malheureusement beaucoup moins pour l'Isère : j'en ai trouve seulement sept aux Archives de ce département (Papiers de la Commission intermédiaire, série C, non cotés) et quelques-unes dans les papiers de Mounier (Bibl. de Grenoble, mss., H. G3i4). Je donnerai à ces documents le nom de réponses, pour les distinguer des quelques cahiers de doléances, que rédigèrent certaines communautés. J'ai étudié plus longuement la question : voir Révolution française du 14 juin i9<>3, Les Caliii'rs du Daujiliiné en ij8g.

ô. Réponse de Burcin (Bibl. de Grenoble, mss., R. 63i4)- « Les maisons ont jusqu'ici été bâties en torchis et clayonnage, c'est-à-dire en bois revêtu

trappe de « l'air de pauvreté et de misère » des hameaux, qui contrastait avec l'agréable apparence des châteaux et des « cottages » épars sur les hauteurs '.

Les gentilhommières étaient en effet particulièrement nombreuses dans le Viennois, comme on peut s'en rendre compte par l'examen de la carte de Cassini. Or, en Dauphiné comme dans toute la France, la fréquence des demeures seigneuriales se traduisait en lourdes charges pour les paysans du voisinage. Dans une chambre sûre, autant que possible à l'abri de l'humidité et des risques d'incendie, des générations d'hommes de loi aux gages des seigneurs, notaires et châtelains, greffiers et procureurs fiscaux, entassaient depuis des siècles, avec les parchemins authentiques des nobles familles, les terriers et les lièves \ les aveux et les reconnaissances, instruments et garanties de -la fiscalité seigneuriale3. Certains villages, qui n'avaient point de haut justicier laïque, relevaient d'un corps ecclésiastique : huit communautés dépendaient du chapitre de Saint-Chef: d'autres avaient pour seigneurs les moines de Bonnevaux, les dames Chartreusines de Salette, ou le chapitre de Saint-Maurice de Vienne 4 ; les Chartreux de Sylve-Bénite avaient des tenanciers dans une vingtaine de paroisses voisines \

de terre glaise pétrie; on construit aujourd'hui en mur à chaux et

sable, ou plus économiquement en pisé, ou mur de terre battue.... » Réponse de Roybon, Arch. de l'Isère. « Les trois quarts des maisons sont construites en pisé ». Réponse de Brions, Arch. de l'Isère; etc.

i . A. Young, Travels in France, p. 282.

•2. « Liève. Extrait d'un papier terrier qui sert au receveur pour faire payer 1rs redevances seigneuriales. La liève contient la désignation de chaque héritage par le terroir et la contrée où il est assis, le nom du tenancier, les confins, et la qualité et quotité de la redevance dont il est chargé ». Guyot, Répertoire de Jurisprudence.

3. Voir les nombreux procès-verbaux de pillages, que j'aurai à utiliser souvent plus loin (Bibl. de Grenoble, mss., O. 889, 893,894, 899. 906, 907, etc.).

',. Voir, pour le chapitre de Saint-Chef, Revision des feux (Pièces justilicatives, n° I), fos :k/5, 878-931; pour Bonnevaux, id., fos 1302, 1829, i34o; pour Salette. id., fus 557, 5;4, ,ï;8; pour le chapitre de Saint-Maurice, id., fos 177N. i838.

5. Voir les renonciations des Chartreux de Sylve-Bénite en août 1789 : Bibl. de Grenoble, mss., O. 910.

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