‹ La peur en DauphinéChapitre 52 sur 111 · Déposition Morel de Montcizet, Roux, p · texte numérisé non relu

Déposition Morel de Montcizet, Roux, p

3. Procès-verbal des olliciers municipaux de Bourgoin, Arcli. uat., 1) xxixl>i>, 1, 3e dossier.

4. Id.; dépositions Joseph Benoit, Roux, p. 63-68; Morel de Montcizet, id., p. 18-20.

5. Déposition Morel de Montcizet. Le rôle de Morel de Montcizet dans la journée du 28 et son attitude de conciliation lui valurent une dénonciation anonyme, qui fut envoyée ou remise aux commissaires des États (Arch. de l'Isère, série C. papiers de la Commission Intermédiaire). Il y est accusé d'avoir soulevé les paysans de Nivolas et de Yenncllc.qui, séduits, « se laissèrent d'abord conduire à Bourgoin où le sieur Morel leur donna chacun une cocarde en leur faisant promettre qu'ils le reconnaîtraient pour leur général ». Ce serait lui qui aurait fait livrer les papiers du château et aurait ordonné de les brûler: Un encore qui aurait mené les paysans chez Benoit. Ce document ne concorde aucunement avec les autres textes-, et la Commission intermédiaire n'en tint pas grand compte ; il fut place dans la chemise des « notes presque inutiles ».

En se bornant à brûler les titres des seigneurs, ils avaient fait preuve d'un sang-froid relatif; cet exemple ne devait pas être perdu. Si. les jours suivants, on imita dans certains cantons la conduite des incendiaires de Yaulx, dans d'autres on se contenta de suivre le procédé des paysans de Ruy et de Maubec. La destruction des châteaux n'était qu'une vengeance : celle des terriers pouvait passer aux yeux des paysans pour un acte légitime et nécessaire, qui rendrait impossible à l'avenir la perception des droits féodaux.

Dans loul le Nord du Dauphiné, la nouvelle des dévastations suivit de très près le passage de la peur. On fut donc naturellement porté à regarder les désordres comme la réalisation de l'alarme : on confondit souvent les événements : et, comme on avait redouté quelques heures auparavant la venue des « brigands », on pensa que les pillages et les incendies étaient leur œuvre. On se remit à parler des bandes, sans comprendre encore que ces bandes étaient formées de paysans. Le terme de « brigands ». à partir du 28, servit donc à désigner les incendiaires et les pillards des campagnes '. Sur certains points, on crut même que la troupe qui. le 28, avait dévasté Yaulx et la Yerpillière, était formée de gens sans aveu venus de Lyon 2. Les alarmes se répétèrent sur différents points ; et, dans beau-

1. C'est ainsi que le Mémoire à Messieurs les Commissaires des Etats du Dauphiné, dans Fochier, p. i3g, appelle brigands les destructeurs de terriers. Cf. déposition Gourjut, Roux, p. 126: « Le sieur Michoud. . .. vit à Chapeau-Cornu des brigand s qui dévastaient ou faisaient brûler des papiers près du château ». A Chimilin, on parle des brigands le 29 ; déposition Giroud, Roux, p. 114. C'est encore ainsi que le Comité des Douze formé à Grenoble parle des « brigands » ; Registre des délibérations de la Commission intermédiaire (Arcli. de l'Isère, série C), 3o juillet, après-midi, p 3a3.

•y. Lettres de Parent cadet, de Saint-Chef, à Pey, de Vignieu ; de Pey au lieutenant de ehàtellciiie de Morestel, Bibl. de Grenoble, mss., O. 871 ; cf. déposition Gourjut, Roux, p. 126.

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