‹ La peur en DauphinéChapitre 71 sur 111 · CHAPITRE QUATRIEME IOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME IOI

voilà séditieux, rebelles, brûleurs de châteaux, et bientôt assassins... 4 » Le commandant en second de la province, le comte de Durfort, n'osait prendre sur lui de donner les premiers ordres, espérant sans doute que la Commission intermédiaire des États du Dauphiné assumerait la responsabilité des mesures nécessaires \ La Commission, de son côté, ne se hâtait pas d'agir '. Le Parlement, soucieux à son ordinaire de jouer un rôle, intervint alors : il proposa aux membres de la Commission intermédiaire « de se réunir à eux de la manière qui leur serait le plus agréable » et de former un Comité de douze membres, dont quatre pris dans la Commission, quatre dans le Parlement, et quatre dans le Corps-de- Ville « pour aviser aux moyens de rétablir la tranquillité publique 4 ».

Le Comité des Douze prit séance le 3o au matin sous la présidence du marquis de Viennois, et commença par obtenir de M. de Durfort que, sur des bons signés par le président et par le secrétaire Farconet, on délivrerait de la poudre aux officiers des communautés qui en demanderaient pour se défendre contre les « brigands ». Le Comité prit aussi des mesures pour faire relâcher les nobles arrêtés à Champier et défendit le colportage et la distribution des libelles ano-

i. Savoye de Rollin à Mounier, 39 juillet i"Sy, Lettre citée.

2. Toute la correspondance de Durfort pendant tes troubles, Bibl. de Grenoble, mss., O, 891, atteste son désir de ne rien faire (pie d'après l'avis de la Commission intermédiaire.

3. Il n'est pas question des troubles dans la délibération du 29 juillet au matin. Registre des délibérations tle la Commission intermédiaire (Arch. de l'Isère, série C, non coté), p. 3l5-3i6. J'ai déjà eu l'occasion de citer ce registre plusieurs fois; mais il devient ici d'usage constant. Il comprend deux volumes: le premier va du 17 janvier au 5 octobre 1789, !<• second du 6 octobre 178g au r> mais 1790, date à laquelle la Commission se sépara.

Les procès-verbaux des séances de la Commission sont malheureusement

assez brefs, el ne donnenl aucune idée de l'attitude des différente membres qui la composaient. Mais en revanche ils permettent de se faire une Idée assez complète des occupations et des travaux de la Commission. Ils semblent n'avoir guère été utilisés jusqu'ici. On s'est à peu près exclusivement Bervi de ceux de ces procès-verbaux qui furent imprimés en totalité ou en partie, par ordre de la Commission.

'1 . Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, p. 317-319.

nymes '. Mais ce ne fut qu'à sa délibération de l'après-midi qu'il se décida enfin à agir contre les paysans révoltés : il commençait alors à connaître un peu plus exactement l'étendue des ravages commis : de toules parts les notables du pays insurgé demandaient des secours. « A chaque instant les courriers se succédaient pour apporter les nouvelles des châteaux qui avaient été incendiés ou dévastés ~ ». La nécessité d'un envoi de troupes dans le Nord de la province apparaissait enfin.

Mais le Daupliiné était alors assez « dépourvu de troupes » : deux cents Suisses de la garnison de Grenoble, deux cents dragons de celle de Vienne avaient été récemment mis à la disposition des échevins de Lyon, qui refusaient de les restituer : on s'exagérait, d'autre part, la force numérique des bandes, et on croyait qu'il fallait des effectifs imposants pour en venir à bout '. Enfin Durfort ne se souciait guère d'aventurer dans les campagnes soulevées des soldats qui y seraient sans doute assez froidement accueillis, sans qu'ils fussent accompagnés par un détachement de la « milice citoyenne » de Grenoble *. En conséquence, il fut décidé de faire partir de Grenoble un détachement de cent Suisses et de soixantedix grenadiers, chasseurs et volontaires pris dans la milice bourgeoise. Ils devaient opérer à Moirans leur jonction avec les artilleurs du régiment de Valence et cinquante hommes de la milice de Romans \ Le commandement de ces forces

i. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, délibération du Comité des Douze du 3o juillet au matin, p. 3i9-32'3 : ordre de M. de Durfort au sieur Joly, chargé de l'entrepôt des poudres, 3o juillet, Bibl. de Grenoble, mss., O. 882; Arrêté du Comité du 3o juillet 1 ~8g (placard), Bibl. de Grenoble, impr., O. 817.

2. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, p. 323-324; lettre de la Commission intermédiaire aux députés de la province, 3 août 1789, Arc h. nat., D xxix, 40 ; lettre des Commissaires des Etats du Dauphiné à l'Assemblée nationale, 3i juillet 1789. Arch. nat., Dxxi\li>, 1 (ier dossier).

3 Lettre de la Commission intermédiaire aux députés de la province, 3 août 1789 ; lettre des Commissaires des États du Daupliiné à l'Assemblée nationale, 3i juillet 1789.

t. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, 3i juillet 1789, après-midi. p. 328.

•t. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, 3o juilletaprès-midi, p. 323-326.

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lui donné à M. de Frimont, maréchal des camps el armées du Roi, cl inspecteur-général <le la division de Dauphiné '.

Elles partirenl dans la soirée du ')<>. ci arrivèrenl bientôt à Moirans, où elles trouvèrent l'artillerie de Valence el la milice de Romans . Mais là se prodllisil une défection. La milice bourgeoise de Grenoble n'était recrutée que dans les bonnes familles ', et elle ne se sentail sans doute aucune bienveillance pour les a brigands » : mais les chasseurs, grenadiers cl volontaires étaient effrayés de l'accueil qu'on leur faisait dans les campagnes : les paysans les huaient el les appelaient « garde-châteaux ' ». Que serait-ce dans le pays insurge? Beaucoup déclarèrent à Moirans qu'ils n'iraient pas plus loin et repartirent pour Grenoble, où ils arrivèrenl vers le milieu de la Journée du 3i. Cependant les soldais du Roi et les plus déterminés des miliciens poussèrent jusqu'à Rives. Ils s'y arrêtèrent, assez indécis, pour attendre les ordres du Comité .

Or, à Grenoble, la plus grande animation régnait depuis le matin. Le menu peuple prenait t'ait et cause pour les paysans révoltés, et menaçait (( d'assassiner les citoyens braves et honnêtes qui désireraient se joindre aux divers détachements de troupes qu'on se propose d'envoyer... ' o Au retour de la milice bourgeoise, le

i. Lettre des Commissaires des États du Dauphiné à L'Assemblée nationale, 3i juillet 1789.

2. Note «lis dépenses laites par la milice citoyenne de Romans, adressée le 5 août 178g à la Commission intermédiaire (Arch. «le l'Isère, série C).

'5. JJélihérntion du Conseil général rie la ville île Grenoble, concernant In formation d'une milice citoyenne, du i3 août 1789, Bibl. de Grenoble, impr., U. 1896.

î. Verbal de ce qui s'esl passe dans nos cantons, Bibl. de Grenoble, mss., ( ). 896.

5 Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, U juillet, matin, p. 'juCi-'iu- ; rapport du procureur général à M. Necker, à M. le Garde

des sceaux el à M. le eointe de Sa i n td'liesl , 7 auùt [781), Bibl, de Grenoble, mss., Q <>, f" 102 r°.

d. Lettre de la Commission intermédiaire à l' \ >semblée nationale, 3 aoûl

i;s.|. \ich. nai., I) wi\, \o.

désordre s'accrut, et le peuple exigea du Comité le rappel de la fraction qui s'était portée à Rives : il fallut céder : et le procès-verbal de la délibération du 3i porte la trace de l'effroi ressenti par les Douze.

« Du même jour, sur les trois heures de l'après-midi ; présents les mêmes Commissaires.

« Les grenadiers et les chasseurs de la milice citoyenne qui ont rétrogradé depuis Moirans sont arrivés en cette ville ; leur retour a excité une fermentation extraordinaire ; ils ont demandé le rappel de ceux de leurs camarades qui ont continué leur route jusqu'à Rives ; les parents de ceux-ci ont formé la même demande.

« MM. du Comité, pour prévenir des désordres extrêmes annoncés par les mouvements tumultueux du peuple, ont arrêté de rappeler les grenadiers, chasseurs et volontaires qui se sont rendus jusqu'à Rives.

« Ensuite MM. du Comité ont rendu compte de cette résolution à M. le comte de Durfort, commandant de la province, qui leur a déclaré qu'il allait donner ordre aux détachements des régiments suisses de revenir dans la même ville et au régiment d'artillerie de retourner à Valence, n'étant pas dans l'intention de les faire marcher sans être accompagnés d'un détachement de milice citoyenne.

« MM. les Commissaires ont pris ensuite les mesures les plus propres à ramener le calme dans la ville, et ils ne se sont, séparés qu'après minuit '. »

Ce fut la dernière séance tenue par le Comité des Douze ; sentant son impuissance, il se décida à se dissoudre et la Commission intermédiaire rentra en fonctions 2. Cependant le peuple de Grenoble était toujours dans la fermentation : les familles riches partaient pour la Savoie ; dix membres du Parlement, et parmi eux le président d'Ornacieux, chef de la compagnie, les imitaient. Le procureur général écrivait

i. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, p. 32^-328 2. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, ier août 1789, matin, p. 329 : « Des considérations importantes pour la tranquillité publique ont déterminé le Comité à se dissoudre. La Commission a été convoquée par Le président. . . .».

< il LP1TRE QUATRIEME !<»•>

peu après aux ministres : « Nous sommes livrés à L'anarchie et aux désordres affreux qui en sont la suite nécessaire. Le commandant, le Parlement et la Commission intermédiaire n'onl aucune espèce d'autorité : c'est pour ainsi dire le peuple qui commande seul ' ». Au même moment, le peuple de Vienne et de Bourgoin montrait aussi sa sympathie pour les paysans insurgés.

Les dragons de Monsieur avaient enlevé une vingtaine de prisonniers à Meyzieux et les avaient ramenés à Lyon. Le Comité des électeurs de la sénéchaussée ne tenait pas à les garder longtemps dans les prisons de la ville; il avait assez à faire avec la population de la Croix-Housse et les « brigands » du Lyonnais. Au reste, les faits qu'on reprochait aux prisonniers avaient été commis sur le territoire relevant du lieutenant de maréchaussée de Vienne ". Celui-ci fut invité à venir prendre possession de ses justiciables et il les emmena à Vienne ; les dragons de cette ville y avaient déjà conduit quatorze autres captifs, pris sans doute aux environs de Saint-Georges-d'Kspéranchc.

a Dans le nombre, il en était d'innocents auxquels on ne pouvait pas refuser la liberté ». Dès le matin du 3i juillet, on en relâcha six, et on se prépara à instruire la procédure des autres. Mais « une multitude de gens du peuple (•('•clamaient ceux qui reslaienl dans les prisons, et menaçaient de fondre sur les gens du Comité permanent. D'autre pari le danger de voir la totalité des brigands se réunir pour

i. Rapport <tu procureur général aux ministres, 7 août 1789, Bibl. «te Grenoble, miss., Q. (i, (<- ioi-ios. Ce que <lii 1<- procureur général dans la

citation ci-dessus s'applique aux journées du 3l juillet et du I" août, car d

constate que « la fermentation ici a forl diminué depuis dimanche ». c'est-àdire depuis le a août. Cf. la lettre de la Commission intermédiaire à l'Assemblée nationale, 3 août i;"-;), Areli. liai , I) \\i\, \o.

2. Lettre de Fleury-Chevalier à l'Assemblée nationale, sans date (postérieure au là août [789), An li. nat.. Dxxrxbis, 1, u' dossier.

faire une irruption sur la ville, le petit nombre des troupes et une milice bourgeoise insuffisante pour sa défense, toutes ces conditions forcèrent... à faire élargir le restant de ces prisonniers. La ville ne pouvait compter sur sa sûreté qu'à la faveur d'une telle résolution ' ».

Ainsi, le 3o, la population de Vienne sauvait les brigands menacés d'être « pendus et étranglés » par jugement prévôtal ; le lendemain, celle de Bourgoin en faisait autant.

Depuis le début des troubles, la conduite de la municipalité de Bourgoin avait amplement montré que ses membres étaient quelque peu dépourvus d'héroïsme s. Ils souhaitaient ardemment l'arrivée des forces militaires de Lyon ou de Vienne, mais ils n'osaient guère la provoquer : « Il fut agité dans notre assemblée, écrivaient-ils le 3o aux officiers de Crémieu, si on demanderait des troupes ; on crut plus prudent de ne pas le faire, dans la crainte de nous faire soupçonner d'accord avec ceux que ces furieux traitaient en ennemis, et d'occasionner des massacres :1 ». Pendant toute la matinée du 3i, ils redoutèrent que la ville ne fût attaquée par les bandes de brigands : « On annonçait que ces troupes se réunissaient pour venir fondre sur Bourgoin, et y mettre tout à feu et à sang. ...» Tout en visitant les passeports des voyageurs, le maire « fré-

i. Lettre du Comité permanent de la ville de Vienne à l'Assemblée nationale, i" août i"8o. Arch. nat.. D xxix, 83. Le 5 août, le procureur général écrivait au Comité permanent de Vienne, en insistant sur le mauvais effet que l'élargissement des prisonniers pourrait avoir dans la province : « 11 est essentiel, ajoutait-il, que les prisonniers, qu'on pourra faire à l'avenir et qui seront traduits à Lyon, restent dans les prisons de cette ville où ils seront en sûreté ». Registre de correspondance avec la province, Bibl. de Grenoble, mss.. Q. 4- t. 6, f° libre 25. C'est sans doute pour ne pas émouvoir l'opinion publique que les Affiches de Dnuphiné passèrent complètement sous silence lélargissement des prisonniers de Vienne et de Bourgoin.

2. Comme, à partir d'ici, je suis le procès-verbal des officiers municipaux de Bourgoin déjà fréquemment cité (Arch. nat., D xxix'>i*. i, 3e dossier), je ne donnerai en note que les détails empruntés à d'autres documents. Le fond du récit est tout entier tiré de ce procès-verbal.

3 Copie de la lettre écrite à MM. les officiers municipaux de la ville de Crémieu par MM. les officiers de Bourgoin, 3o juillet 1789, Bibl. de Grenoble, IUv^.. ( ) 881 .

Cil Vl'ITliK QUATRIEME IOJ

missail » au récit des récentes dévastations, a Ils ne se contentent plus, lui rapportait-on, d'aller dans les châteaux des riches, ils vont chez les bourgeois, chez les fermiers un peu aises ». Aussi les notables de la petite ville éprouvèrent-ils un vrai soulagement quand L'étapier vint leur annoncer, dans l'après-midi du 3l, (pie les Suisses de Grenoble étaient en marche, et que des dragons allaient aussi arriver * . Un particulier informé assurait même « qu'on était à peu près certain qu'il était arrivé des troupes à Ghampier, que ce voisinage en imposerait et qu'elles ne manqueraient pas d'arriver demain matin». On s'occupa de préparer le logement des soldats annoncés et on reprit confiance.

Justement la municipalité de la Tour-du-Pin venait de demander assistance de très pressante façon. Les employés ('es fermes et la milice bourgeoise de cette ville avaient enfin eu le courage, ce jour-là, d'arrêter quelques brigands : c'étaient des gens qu'on avait trouvés occupés à achever le pillage de quelques-uns des châteaux déjà visités par les bandes la veille ou l'avant-veille \ Gomme la prison de la Tour-du-Pin était insuffisante pour les garder, treize d'entre eux avaient déjà été conduits à Bourgoil) parla maréchaussée. Presque aussitôt après, la municipalité de la Tour-du-Pin demanda à celle de Bourgoin de lui envoyer un renfort de cinquante hommes : on venait d'arrêter encore cinq prisonniers, et les paysans du voisinage menaçaient de « faire une incursion » pour venir les délivrer

1. Le Comité des Douze, tu Faisant partir les Suisses el les volontaires de Grenoble, ainsi que L'artillerie de Romans, avait en clïet demandé que les dragons de Lyon et < I * ■ \ ienne vinssent se joindre à ces foires: registre îles délibérations «le la Commission intermédiaire, 3o juillet, après-midi, |>. 3a4- Il ne semble pas que cet avis ait été suivi, et les dragons se bornèrent à protéger les abords de Lyon et de Vienne.

•1 Mémoire à Messieurs les Commissaires des Etats du Dauphinê, dans Pocbier, p. i'(i 1 \ ■•

3. Lettre des officiers municipaux >\r la Tour-du Pin, du 3i juillet 1789, dans le recueil des lettres envoyées et reçues par les officiers municipaux de Bourgoin, Bibl. <\<- Grenoble, mss., O. s^ < Ces cinq prisonniers élaienl ceux qui axaient été pris à Cuirieu, le ii ; déposition Lhoste, Houx, p. 79.

Iû8 LA PEUR EX DAUPHINE

A la réception de cette demande, grande perplexité à Bourgoin : « On s'agite, on délibère, on voudrait bien secourir la Tour-du-Pin, c'est l'intérêt de la cause commune, mais on craint d'avoir besoin de toutes ses forces pour se défendre ». Mais, puisque les trtmpes vont arriver, on peut prêter aide aux « frères » menacés : a M. de Rivais écrit au commandant des troupes qu'on croit à Ghampier pour le prier de les faire avancer incessamment. Nous allons conduire un piquet de vingtcinq hommes à la Tour-du-Pin. A onze heures, ils sont prêts et nous partons. » Le lendemain Ier août, à trois heures et demie du matin, le maire Roy, qui commande le détachement. « en qualité de lieutenant-colonel de la milice ». voyant que la Tour-du-Pin n'est pas encore attaquée, se décide à ramener ses hommes chez eux. Les officiers municipaux de la Tour-du-Pin le prient alors de protéger la marche des employés des fermes qui vont conduire les cinq prisonniers à Bourgoin. « Jugeant qu'il était de l'intérêt public de mettre la justice à même de punir les perturbateurs du repos public, et que lesdits détenus paraissaient grièvement accusés d'en être coupables, avons adhéré à la demande desdits officiers municipaux : et, de suite, cinq employés s'étant saisis desdits détenus, les ont liés : et, ayant formé une enceinte autour d'eux pour les conduire aux prisons de cette ville, nous les avons suivis avec notre détachement et avons veillé à ce qu'il ne leur fût apporté aucun trouble. »

Mais, en arrivant chez eux, les miliciens de Bourgoin apprennent la retraite des troupes de M. de Frimont, qui n'ont même pas été jusqu'à Ghampier. Aussitôt les craintes des notables recommencent : « On propose, pour éloigner le plus grand danger, de faire conduire à Vienne les prisonniers. ...» Mais la brigade de maréchaussée ne peut suffire à les mener, et les citoyens ne se sentent point le courage de fournir l'escorte des captifs : de plus, « un exprès qu'on avait envoyé à Vienne pour demander du secours

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