Procès-verbal des capitaines de la milice lyonnaise
4. Extrait du Cahier des motions du Comité de la ville de Crémieu, 3 août 1789. « Délibération du Comité de Crémieu en réponse à une délibération de la commune de Saint-Chef... » (Arch. de l'Isère, papiers de Crémieu, série L, sans cote).
.">. Nous manquons de renseignements sur l'itinéraire de ces bandes; les dates mêmes des pillages sont quelquefois incertaines (surtout pour les Costes). Mais la situation de la Saône, qui était assez loin des châteaux de la Garde, du Voland, de Montfort et de Milieu, et qui fut attaquée presque en même temps, permet de penser que deux bandes distinctes au moins agirent dans cette région.
en mm TRE 'M a 11: 1 1 -: ni i : u'j
Voland, de lit Garde, de Montfort, de Milieu avaient été saccagés, les meables brisés, les effets emportés, les papiers brûlés ' : le château il»- la Saône, près de Lens- Lestang, attaqué dans la nuii du 3i juillet au iLr août par les vassaux du président d'Ornacieux, avail été incendié. La maréchaussée de Saint-Vallier, arrivée le Lendemain sur les lieux, parvint, aidée par quelques milices bourgeoises, à arrêter onze des coupables \ Mais il fallait plus pour mettre fin aux exploits des pillards. Le Chàtelard, le Contant, les Costes, Petit-Cour, Montseveroux, reçurent bientôt leur visite*. Enfin, le () août, ils venaient de dévaster le château de Terrebasse, quand survinrent quelques dragons de Monsieur et les milices de Serrières et de Saint-Rambert <|ui les chargèrent, les dispersèrent et en laissèrent plusieurs sur la place '. dette défaite arrêta les désordres qui menaçaient de gagner L'élection de Valence et préserva le reste du Bas-Dauphiné \
i. Visite des commissaires au Voland, Roux, p. 191-192; à la Garde, id., p. 190-191 ; à Montfort, id., p. 188-18958 Milieu, id., p. 187-188; évaluation des dommages causés au château de .Milieu (5y<j8 livres), Bibl. de Grenoble, mss., O. 988.
•i. Visite des commissaires au château <1«- la Saône, Roux, p. 186-187 : « Nous avons vérifié que ce château, qui était très grand, a été entièrement livré aux flammes. Tous les murs nous ont paru calcinés et peu susceptibles de réparations .. »; lettre du sieur liergeron, procureur du Roi auprésidial et à la maréchaussée de Valence, au Garde des sceaux. Valence, a8 août 1789, Arcli. nat., Dxxixbis, 1, -- dossier; Jugement prévôtal et en dernier ressort qui condamne à mort Les nommes Jean Roche et Ferréol Allègre (placard), Bibl. de Grenoble, impr., <•. :
3. Visite des commissaires aux Costes, Roux, p, 181; à Petit-Cour, id., p. i8i-i83; à Montseveroux, id., p. 187; au Contant, id., p. 3o5-ao6. M. de Leusse, propriétaire des Costes, évalue les dommages à 6,000 livres dans son mémoire des dégâts laits an château de Meyzieux, Bibl. de Grenoble, mss.. ( ). 876.
î. Visite des commissaires au château de Terrebasse, dépositions Charvet ■ 1 Suât, Roux, p. 1 83-i 86; adresse des habitants de la paroisse de Salaize à
! \- ■ mblée nationale, le :>\ mai [790, Arrh. nat., I> \\i\, ;>. procès-verbal
de ce qui s'est passé à rerrebasse depuis le 28 juilb 1 1789, Bibl, de Grenoble, mss., O. 989. D'après un procès-verbal du Comité permanent du bourg de Serrières, remis à la Commission intermédiaire le ni août 1789 (Registre de la Commission intermédiaire, p. \ 13), quinze brigands forent tu. g à Terrebasse.
5. « Le Bas-Dauphiné [c'est-à-dire le \ alentinois], où B'étend le département de notre maréchaussée, n'a point éprouvé cette affreuse révolution. » Lettre citée du sieur Bergeron, procureur du i<>i a Valence.
(113) Bibliothèque d'histoire moderne. — I.
Il4 LA PEUR EN DAUPIIINE
Ainsi, tout autour de Crémieu, de Lyon et de Vienne, les bandes étaient dispersées par l'intervention des troupes : la révolte des campagnes eût sans doute été étouffée beaucoup plus tôt partout, si les forces parties de Grenoble avaient agi avec la même décision que les volontaires de Lyon ou les dragons de Monsieur. Mais, en battant en retraite, M. de Frimont avait laissé au mouvement insurrectionnel la faculté de gagner des cantons restés indemnes jusque-là. Dans la région de Virieu notamment, la destruction méthodique des terriers avait commencé le Ier août. Les documents permettent de reconstituer par le détail la suite des événements survenus dans cette partie des Terres-Froides.
A Virieu comme dans les villages environnants, à Chàbons, à Eydoche, à Belmont, à Blandin, on avait répété depuis le 29 que le Roi ordonnait la destruction des titres seigneuriaux \ On avait d'autant plus volontiers ajouté foi à ces propos que les terriers étaient nombreux dans la région : les Chartreux de Sylve-Bénite, le marquis de Langon, le comte de Virieu, le marquis de Belmont, et bien d'autres seigneurs de moindre importance en possédaient.
Dès le 3o juillet, on dit à Chàbons qu'il fallait attaquer le manoir du comte dé Virieu, Pupetière i . Le Ier août, une bande s'y rendit, se lit donner à boire, força la porte des Archives et enleva les terriers : comme l'agent du comte de Virieu, Me Journet, était absent, on ne put mettre la main sur la dernière rénovation '. Le même jour, à sept heures
1. Il y aurait même eu des gens qui auraient montré des imprimés portant les ordres du Roi et de M. Necker pour le pillage des archives seigneuriales ; verbal de ce qui sest passé dans nos cantons, Bibl. de Grenoble, mss., O. 890. Il est regrettable que l'on ne puisse, vu le caractère incertain de toutes les allirmations sur ce point, savoir s'il y a eu réellement des placards contenant les ordres du Roi. Aucun témoin ne les a vus ; beaucoup ont entendu dire que d'autres avaient vu des gens qui les montraient. Mais la croyance générale des paysans à l'existence de ces ordres est certaine. Cf. délibération des curés et des notables du marquisat de Virieu, du 11 septembre 1^89, Bibl de Grenoble, mss., O. 962