CHAPITRE QUATRIÈME
croira nécessaire pour Le bien de la province, même de faire repousser la force par la force '. »
Le choix de Champel étail heureux : c'était un homme capable de comprendre, avec le temps, les événements et de renoncer sans trop de peine à des idées préconçues. Il prit 1res vite le plus grand ascendant sur les officiers cl les délégués de L'hôtel-de-ville de Grenoble : et il sui à L'occasios tempérer l'ardeur répressive de ses collègues de la Commission ou des Etats". On lui remit des fonds pour payer les dépenses des volontaires et pour assurer quelque bien-être aux soldats 3. On prit dans la milice citoyenne trente hommes de choix : le 4< de grand malin, les artilleurs, les volontaires et lesdélégués partirent de Moirans pour Yirieu '.
Jusqu'à ce moment, l'attitude de la Commission intermédiaire avait été hésitante et modérée : elle craignait un peu sans doute de n'avoir ni les moyens ni l'autorité nécessaires pour réduire les révoltés par la seule force des armes. Elle conseillait donc à son député de recourir surtout « aux voies de L'exhortation et de la prudence » : elle demandait le concours des bons citoyens . Elle cherchait, par les imprimés et les placards répandus dans Le pays insurgé, à ouvrir les yeux des paysans: elle leur montrait leur ingratitude pour un seigneur philanthrope ' ou essayait de leur persuader que les pillages étaient dirigés par des vagabonds chassés des autres provinces T. Ces dispositions modérées
i. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, 3 août, matin, p. 344-346'