CHAPITRE CINQUIEME I
furent jugées par contumace : d'autre part, à la lin de novembre, il y avait encore beaucoup de détenus dans les prisons de Vienne ' ; et le rejet de la demande d'amnistie présentée par les cuirs et les notables prouve que le gouvernement désirait vivement compléter la répression. Un jour de mai de l'année suivante, le lieutenant de maréchaussée de Vienne, étant de passage à Bourgoin, s'arrêta sur la place pour voir manœuvrer la garde nationale : il tut reconnu: la population s'attroupa, en criant: a A la lanterne ! » M. de Saint-Romain, poursuivi à coups de pierres, dut se réfugier à son auberge : celle-ci fut aussitôt assiégée par la foule : pour éviter une mort certaine, le Lieutenant dut se réfugier dans la cave, et s'enfuir de Bourgoin à minuit par les chemins détournés \ Le peuple de la ville n'avait pas encore oublié les rigueurs de la justice prévôtale.
i. Lettre du procureur général au Garde des sceaux, 22 novembre 1789, Bibl. de Grenoble, inss.. Q tl. i'° 108 : « S'il y avait quelques exécutions des coupables détenus dans les prisons de Vienne, la punition exemplaire qu'on leur infligerait pourrait intimider ceux qui seraient tentés de commettre les mêmes crimes. »
2. Procès-verbal du lieutenant de maréchaussée Puniet île Saint-Romain, du 25 mai 1790, Arch. nat., 1) \\i\. 83 ; lettre delà municipalité de Bourgoin au président de l'Assemblée nationale, 18 juin 1790. D xxix, 23.