CHAPITRE Si \l i:\il [5g
réunis ». El. s'en remettanl à la Commission du soin de « presser des découvertes si importantes à la sûreté et à La tranquillité publique », il la chargeait de reconstituer la suite des événements survenus en Dauphiné : « Il serait à propos que vous lissiez rédiger le plus tôt possible un Mémoire détaillé et par ordre de la marche des brigandages qui s'y sont commis ' : de ce que vous aurez pu découvrir sur les causes et les auteurs, sur les circonstances qui les ont accompagnés; de ce que les diverses réponses des prisonniers ont pu produire d'éclaircissement tant sur leurs rapports entre eux qu'avec des instigateurs fauteurs : et vous ferez passer ce Mémoire à l'Assemblée nationale le plus tôt possible ! ».
La Commission intermédiaire qui croyait, comme beaucoup de personnes alors, à un complot, tenait elle-même à en découvrir les auteurs. Déjà, quand le procureur général du Parlement avait décidé M. de la Rochelle à reprendre son enquête, des recommandations spéciales avaient été faites dans ce but à son assesseur : « On a recommandé à M. Bernard, qui a été donné pour assesseur à M. de la Rochette, de mettre autant de liaison qu'il se pourra entre les ditFérentes informations, de faire voir autant qu'il se pourra la connexité des faits pour pouvoir remonter à la source de la manœuvre ' ». A la séance du 23 août, les procureurs-généraux-syndics nrenl connaître à la Commission la demande de M. de Clermont-Tonnerre :
i. Dans la hâte de sen travail, Roux a cru sans doute que les procèsverbaux il'cnquète qu'il publiait, matériaux destinés à la rédaction du Mémoire, constituaient le Mémoire lui-même : il'- là le titre qu'il a donné à son volume.
2. La lettre de M. de Clermont Tonnerre, transcrite sur le registre de la Commission intermédiaire le :•', août, p. i'|S ',."'. ayanl été reproduite intégralement en tête du registre des procès-verbaux île l'enquête de Champel et Ronin (15ihl.de Grenoble, ni-^., < >. nu',), a été publiée par Roux, p. 3-5, ainsi que la délibération 'lu a3 août, citée plus loin (Roux, p. n-i a). Biais
ROUX a lu par erreur « du ■•] août ».
'{. Lettre de M de Saint-Ferréol à Champel, ag août 1789, Bibl, «le Gre noble, miss., (t. 950. On ne possède malheureusement qu'un 1res petit m un lue des lettres adressées à Champel pendant sa seconde mission.
l6o LA PEUR EN DAUPHINE
ils demandèrent en conséquence à leurs collègues d'ordonner une nouvelle enquête.
« Messieurs les procureurs-généraux-syndics ont dit... .« Que les instructions recueillies par les commissaires qui ont accompagné les différents détachements des troupes du Roi ne sont pas complètes, n'ayant pu être rédigées qu'à mesure qu'elles se sont présentées, que ceux des accusés qui sont arrêtés n'ont pu être interrogés et n'ont donné leurs réponses que sur des questions relatives au délit dont ils sont prévenus et non point sur les causes de l'impulsion qui leur a été donnée, que ces interrogatoires et les informations qui ont été commencées ayant été pris par différentes personnes en dilïérents temps et en divers lieux ne peuvent avoir aucune cohérence, et ne donner aucune lumière ;
« Que le seul moyen de se procurer quelques éclaircissements précis serait d'envoyer un ou plusieurs commissaires qui seraient chargés de faire des recherches exactes et de prendre des informations positives sur tout ce qui s'est passé dans l'élection de Vienne et surtout de remonter à l'origine des désordres, et que les commissaires devraient être en même temps chargés de faire des vérifications sur la consistance et la valeur des châteaux et maisons incendiés, pillés et dévastés, ainsi que sur la valeur des terriers qui ont été brûlés '. »
Champel et Ronin furent désignés sur-le-champ par la Commission pour aller procéder sur les lieux à la grande enquête qui servirait à rédiger le Mémoire de la marche des brigandages. On leur lit donner une escorte de troupes à cheval, et on mit la maréchaussée à leur service. Après un court voyage à Lyon pour les affaires de la province, les commissaires se rendirent tout d'abord à Bourgoin ~.
i. Registre des délibérations de la Commission intermédiaire, p. 442 443 ; Roux, p. 10-11.
2. Registre des délibérations de la Commission, p. 443-444; 447"44& : « La Commission a arrêté. . . . qu'il sera écrit à M. le comte de Clermont-Tonnerre qu'elle n'a pas négligé de prendre des renseignements pour découvrir L'origine de toutes les machinations qui ont répandu le trouble et la désolation dans Le Dauphiné : mais que ces renseignements, recueillis sans suite