CHAPITRE VII
Le halètement a en soi quelque chose d'impérieux que la volonté ne peut dompter. Il suffît d'une légère émotion, d'un petit effort, d'une hémorragie, de la fièvre, du passage d'un lieu froid dans un autre où la température est élevée, de monter un escalier, etc., pour que subitement la i;»espiration devienne haletante. Lorsque nous sommes calmes, il nous semble que nous pouvons modifier à notre gré les mouvements respiratoires, mais, dès que nous sommes agités, nous constatons notre impuissance à maîtriser le jeu de la machine. Notre liberté n'est complète en rien de ce qui touche aux fonctions de notre organisme. Nous sommes comme 3es enfants auxquels la nature ne permet de jouer que dans la mesure où le jeu ne peut compromettre leur existence.
Les variations continuelles qui se produisent dans les mouvements respiratoires ont un sens qui, pour être compris, exige que nous rappelions que notre corps est un foyer très compliqué qui doit être constamment alimenté pour entretenir la flamme de la vie. Le jeu des organes respiratoires, qui dilatent et compriment les poumons, est analogue au mouvement d'un soufflet. Nous avons deux modes de respiration, ou nous dilatons la partie supérieure du thorax, en soulevant les côtes, ou nous dilatons la partie inférieure en abaissant le diaphragme. Le premier mouve-
ment est plus fréquent chez les femmes, Télévation et l'abaissement des seins est tout à fait caractéristique chez elles quand elles sont émues. L'autre se remarque plutôt chez les hommes. Pendant le sommeil le diaphragme est plus particulièrement en repos et même presque immobile pour certaines personnes, mais un léger bruit, un petit choc, une parole, une cause externe quelconque réveillent aussitôt l'activité du diaphragme. Cela se passe à notre insu, d'une manière soudaine, sans que nous nous éveillions et qu'il nous en reste aucun souvenir.
Pendant quelques piinutes, le sommeil devient plus léger, puis, cette faible agitation passée, la respiration reprend le rythme et la forme caractéristique du sommeil profond. Ces changements, qiii se produisent sans l'intervention de la volonté, sont un des plus admirables exemples de la perfection de la machine humaine. Au moment où cesse pour nous la conscience, la nature ne saurait abandonner notre corps sans défense à l'action du monde extérieur; le laisser désarmé devant le péril et en proie à ses ennemis. Il est indispensable que, même pendant notre sommeil, une partie des centres nerveux veillent à notre insu sur le monde externe, et préparent à temps et les conditions matérielles de la conscience et les forces nécessaires pour la lutte. Tous les phénomènes inconscients qui se produisent dans le passage du sommeil à la veille concourent à augmenter la circulation du sang dans le cerveau et à activer les fonctions et l'énergie du corps. Ils constituent un véritable appareil de protection qui veille continuellement et jette le cri d'alarme quand survient un danger.
Après les fatigues de la journée, l'homme se livre au sommeil. Les muscles se relâchent, la tête et les bras se laissent aller à l'abandon, les paupières s'abaissent et ferment les yeux, les jambes fléchissent. L'activité de la veille a cessé ; la chaleur intérieure se tempère peu à peu. La combustion des tissus se modère à ce point que les mouvements de la respiration qui, pendant la veille, introduisaient environ sept litres d'air par minute dans les poumons, n'en font pénétrer qu'un seul maintenant. Le cœur s'apaise : il
ralentit ses mouvements et en diminue l'énergie et Tarnpleur. Les vaisseaux se dilatent, la pression du sang diminue et le corps se refroidit sensiblement. Pendant cette suspension de la vie animale et cet assoupissement profond du corps, un réseau de nerfs et un amas de cellules nerveuses conservent leur énergie et veillent sur nous. Il suffit d'une parole, d'un bruit éloigné^ d'un rayon de lu mière, d'un attouchement léger, en un mot, d'une impression quelconque, et aussitôt le soufflet se ranime, le cœur augmente le nombre de ses battements, les vaisseaux superficiels se contractent, chassent le sang vers les centres de la vie, et les conditions matérielles de la conscience se rétablissent.
Dans la lutte pour la vie, c'est l'organisme dans lequel la vigilance inconsciente sera la plus parfaite, et qui, en présence d'un danger, pourra le plus promptement possible passer du calme le plus profond à l'activité la plus complète, qui sera le mieux en mesure de se soustraire aux dangers du monde extérieur.
Mes études sur la respiration de l'homme endormi ou éveillé vont nous permettre d'expliquer pourquoi la respiration devient haletante dans les émotions. Le sommeil est par rapport à la veille ce que le calme est à l'activité ; la différence entre les deux états est seulement dans l'intensité du phénomène et non dans la nature et dans la qualité. Voyons-en la preuve.
Si nous voulons arriver à observer avec une grande exactitude les mouvements respiratoires, nous ne devons pas nous borner à observer les mouvements de la poitrine, il nous faut recourir à l'emploi d'un instrument d'une grande sensibilité qui révèle et écrit les plus légers mouvements de la poitrine et de l'abdomen. Cet instrument, nommé pneumographe, est construit de telle sorte que son application ne cause aucune gêne. Je l'apporterai ici quelques observations faites sur mon chien. C'est, comme on l'a vu, un animal assez doux, qui se prête facilement aux
expériences et reste calme et endormi pendant longtemps. Mais le plus léger bruit détermine un changement dans les mouvements respiratoires. J'ai souvent répété cette expérience devant mes collègues pour démontrer Tinfluence des phénomènes psychiques sur ces mouvements. Tout étant silencieux, l'appareil étant disposé et le style du pneumographe traçant la courbe de la respiration, j'adressais alors la parole à quelqu'un, ou je donnais un ordre, ou encore je touchais légèrement l'appareil ou la table, mieux encore, je me bornais à regarder l'animal et à lui donner une caresse de la voix, aussitôt la respiration se précipitait.
Si l'impression était faible, l'effet ne durait que quelques secondes. Mais le plus souvent l'effet durait plus longtemps. La présence de personnes qu'il ne connaissait pas contribuait à modifier les mouvements respiratoires. Le grondait-on, l'effet durait jusqu'à plusieurs minutes, pour ne cesser qu'avec l'émotion.
Lorsque je me trouvais au laboratoire de Leipzig, je m'occupais de recherches que je n'ai pas encore publiées sur les changements produits dans la respiration par l'activité cérébrale. C'est là une question d'autant plus ardue que tous les hommes ne se comportent pas de la même manière. Dans les tracés que j'obtenais sur quelques-uns de mes collègues qui voulurent bien se prêter à mes observations, je trouvai des différences très marquées pendant un travail sérieux de l'esprit. La cause devait en être cherchée dans l'irritabilité variable des centres nerveux et plus particulièrement dans ce fait que l'appareil respiratoire réagit d'une manière opposée, selon que les émotions sont faibles ou fortes. J'ai fait sur moi-même quelques expériences dans le but d'étudier les modifications qui se produisaient dans ma respiration lorsque, pendant que j'étais distrait ou que je lisais, il se produisait à l'improviste un grand bruit, comme la décharge d'une arme à feu. J'ai répété des observations analogues sur le chien et j'ai toujours constaté qu'une inspiration très profonde a lieu au moment du bruit. A la suite, il y a une sorte d'arrêt dans la respiration qui peut durer plusieurs secondes, et, aus
sitôt après, les mouvements respiratoires deviennent plus fréquents qu'auparavant. Quelquefois, la décharge d'un fusil déterminait immédiatement chez le chien une inspiration profonde, suivie d'une légère expiration et d'une faible inspiration, pendant que la poitrine était très dilatée; puis, une autre inspiration profonde comme la première, laquelle ayant cessé, la poitrine se débarrassait de l'air accumulé dans les poumons et faisait une série de respirations plus fréquentes avec inspirations plus rapides que dans l'état normal. Si nous voulions trouver une raison plausible de ces phénomènes, nous dirions que ces inspirations profondes servent à rendre plus artériel et plus vital le sang qui passe par les poumons. L'organisme se met ainsi en état de défense.
Examinons maintenant les parties qui composent l'appareil respiratoire et comment cet appareil met sa force en œuvre. Chez l'homme les rouages de ce mécanisme ne |)euvent être complètement séparés de façon qu'on puisse les surprendre fonctionnant isolément. On a pu voir seulement la tête des décapités accomplir des mouvements inspirateurs. Les médecins qui assistent les condamnés au dernier supplice ont raconté l'effet terrible produit par cette tête humaine agonisante, roulant sur le sol, se recouvrant immédiatement d'une pâleur cadavérique, et sur la face de laquelle apparaissent, pendant plusieur secondes, des frémissements et des contractions étranges, des mouvements désordonnés, avec l'épouvante dans les yeux. Le tronc est déjà immobile, le sang, qui jaillissait de l'artère du cou, lance encore à plusieurs reprises un faible jet à chaque battement de plus en plus lent du cœur, les yeux ont déjà accompli leur dernière rotation vers le haut, mais la vie n'est pas encore entièrement éteinte, la bouche s'ouvre encore haletante par intervalles. Les inspirations, qui s'accomplissaient d'abord en dilatant les narines et en ouvrant largement la bouche, deviennent rapidement moins visibles et moins fréquentes jusqu'à ce qu'elles cessent complètement.
Si, prenant des animaux très jeunes, on arrête Thémorragie aussitôt après la décollation et que Ton introduise la buse d'un soufflet dans la trachée de manière à maintenir artificiellement la respiration, on voit qu'après la première perturbation causée par la décapitation ils continuent à respirer bien que privés de leur tête. Quand on administre à déjeunes chats une très petite dose de strychnine (0»,0005), le tronc continue à respirer après la décapitation. Les mouvements se ralentissent progressivement, parce qu'ils ne suffisent plus à maintenir à un degré suffisant l'irritabilité des centres nerveux au moyen de l'oxydation du sang.
Cette expérience très simple démontre que la respiration s'accomplit à l'aide des nerfs qui partent du cerveau et avec ceux qui partent de la moelle épinière. La conscience du moi n'est pas nécessaire, car un animal décapité, qu'on pince ou dont on comprime la patte, réagit avec modification de la respiration. Ce sont les nerfs sensibles de la peau qui transmettent à la moelle les impressions du monde extérieur. Les inspirations profondes, bruyantes et discontinues de celui qui prend une douche sont irrésistibles. C'est aussi par le même mécanisme que se produisent les inspirations profondes, lorsque nous avons peur.
A mesure que la physiologie fait des progrès ^ on découvre de nouveaux organes qui s'intercalent entre ceux qui composent la machine humaine. Ainsi, on avait cru, jusque dans ces derniers temps, que c'était le cerveau qui, dans les émotions, agissait sur les organes de la respiration pour en modérer ou en précipiter les mouvements; or, d'après Christiani, même chez l'animal privé de cerveau et qui, par conséquent, n'a pas de volonté, une lumière vive qui blesse la vue ou des bruits de nature à effrayer un animal peuvent déterminer des inspirations profondes et fréquentes et une respiration haletante plus forte que dans les conditions normales. Cette expérience montre que, dans les phénomènes psychiques, indépendamment de l'action du cerveau, le rythme de la respiration se modifie pour tout changement survenu autour de nous, pour toute excitation périphérique des organes des sens. Ainsi s'expliquent
la respiration précipitée et les palpitations que nous ne pouvons maîtriser et qui se produisent quand nous sommes surpris par le battement d'une porte ou un coup de tonnerre ou par mille bruits qui nous saisissent à Timproviste. Et, m^Miie après que nous avons reconnu la futilité de la cause qui a produit notre émotion, nous avons de la peine à nous calmer.
C'ast là que se manifestent d'une manière évidente les causes matérielles des phénomènes psychiques, et la lenteur relative avec laquelle s'accomplissent des phénomènes de la vie (jue Ton regardait comme les plus rapides.
Dt;^ même qu'une étincelle électrique ou une lueur qui dure moins d'un millième de seconde laisse néanmoins en nous une impression d'une durée cent fois plus grande, de mùme que le tison ardent qu'on fait touner dans l'obscurité produit l'illusion d'un cercle de feu, de même que si l'on touche un corps brûlant nous nous brûlons la main avant d'avoir senti la douleur, de même qu'il nous arrive souvent de nous heurter, en marchant, contre un obstacle pour ne pas nous être arrêté à temps, ainsi les impressions qui ébranlent les centres nerveux produisent une longue agitation et nous n'avons pas la force de nous arrêter sur la pente où le choc imprévu d'une émotion nous a lancés. Nous avons tous épfouvé l'effet de cette inertie de notre organisme et nous savons qu'on ne parvient pas à se rendre maître même de la plus petite émotion. Si au milieu d'une promenade paisible nous voyons tout à coup une personne que nous voulons éviter, notre sang se retourne vivement. Mais voici qu'à peine nous l'avons vue nous nous aperce- Yonis avec soulagement que ce n'est pas elle, notre cœur ce[icndant bat plus fort, le trouble et l'inquiétude ne cessent pan î^ubitement; ils persistent comme les vibrations d'une cordQ après qu'elle a été choquée. Comme une flamme qui se répand dès qu'une étincelle a troublé l'équilibre des mfjlGLiules des centres nerveux, comme l'écho d'un son qui so ]>ropage et s'éteint lentement dans les fibres nerveuses.
Quelle sera la dernière expression de la douleur, la dernière manifestation de la sensibilité ? C'est une recherche qu'il nous faut entreprendre si nous voulons connaître rimportance relative des phénomènes qui rentrent dans notre étude sur la peur et voir quels sont ceux qui résistent plus longtemps dans la lutte contre la mort.
J'ai endormi au moyen du chloral ou enivré au moyen de l'alcool des chiens et des lapins, les plongeant dans un sommeil si profond qu'ils ne pouvaient plus s'éveiller. L'état de ces animaux ressemblait tout à fait à celui d'un homme que j'avais eu occasion d'observer en 1869 et qui s'était suicidé en buvant un litre de rhum. On ne saurait s'imaginer une mort plus calme, un abandon mieux gradué et plus lent de notre organisme dans les bras de la mort.
Dès que l'animal a absorbé le chloral ou Talcool à haute dose, il se montre quelque peu excité. Ses jambes postérieures commencent à fléchir. Si on l'appelle, il ne peut plus se retourner sans tomber par terre ; il se relève et se remet en marche^ il chancelle, il tourne, il retombe, se relève avec peine et finalement se couche étendu et tranquille. Il essaie encore de temps en temps de soulever la tète, puis s'endort d'un sommeil de plomb. La respiration continue lente et sans trouble, la température s'abaisse peu à peu, et enfin il cesse même d'agiter sa queue. Les paupières ne se relèvent plus pour laisser voir les yeux somnolents, la face ne change pas, les oreilles restent immobiles, quelque douloureux que soit le moyen par lequel on cherche à l'éveiller. On croirait qu'il est mort.
Le moyen unique que nous ayons de reconnaître si, dans ces conditions, un animal est encore sensible, consiste à voir si le cœur et les vaisseaux sanguins réagissent à des excitations douloureuses. Mon ami, le professeur Foâ, dans un travail fait en commun avec le professeur Schiff (1),
(1) Foâ et M. Schifif, la Pupille comme estésiomètre, dans VImparlial, 1874, page 6L7.
démontre que, lors même que le cœur et les vaisseaux ne réagissent plus, que la circulation n*est pas modifiée quelle que soit la commotion imprimée aux centres nerveux, on peut néanmoins observer encore dans Toeil des traces de sensibilité; la pupille se dilate à chaque excitation.
J'ai vu des chiens empoisonnés par le chloral, dont la température s'était abaissée jusqu'à 30 degrés, tant étaient lentes les combinaisons chimiques de la respiration, chez lesquels aucun courant, aucune action mécanique ne pouvaient produire le plus léger mouvement des extrémités ou de la face, dont le pouls, la pression sanguine, la pupille étaient devenus impassibles. Les nerfs mêmes du cœur mis à nu, taillés, irrités par un courant électrique n'avaient aucune action sur le pouls et cependant l'animal était encore sensible. En étudiant attentivement la respiration, j'ai pu constater qu'elle se modifiait lorsque je comprimais fortement une jambe ou que je pinçais une'partie quelconque du corps.
Les modifications de la respiration sont donc les dernières manifestations par lesquelles se révèlent la sensibilité et les émotions.
Nous venons de voir que, si quelques nerfs superficiels sont irrités, il se produit une série d'inspirations plus profondes et plus fréquentes, dont l'utilité a été expliquée. Si cependant l'excitation des nerfs est assez forte pour produire une grande douleur ou si Ton éprouve une émotion très vive comme une frayeur, le mécanisme s'arrête au milieu d'une profonde inspiration, et cela est nuisible.
Dans le petit nombre de cas où je me suis trouvé en danger de perdre la* vie, je me souviens d'avoir éprouvé une angoisse très vive, comme si on me coupait la respiration. Il y a seulement quelques mois, je fus surpris dans la montagne par un orage, et la foudre tomba à cinquante pas de moi, je me rappelle avoir noté l'arrêt de ma respiration pendant plusieurs secondes.
Nous qui portons continuellement à droite et à gauche notre fragile machine, n'oublions pas que toute impression violente peut la déranger. Une légère impulsion donnée à la pendule peut accélérer la rotation des roues, mais un choc trop fort peut faire cesser le mouvement; si une légère poussée peut activer notre marche, une poussée trop forte peut nous renverser par terre. Ainsi, les phénomènes de la peur qui, dans une certaine mesure, peuvent avoir quelque utilité, deviennent fatals dès qu'ils dépassent unç certaine limite. Aussi la peur doit-elle être regardée comme une maladie.
C*est surtout chez les enfants que les désordres de la respiration sont le plus visibles. On voit assez souvent des enfants se laisser tomber, et on remarque avec surprise qu'après avoir poussé un cri aigu, ils restent un moment silencieux, puis se mettent à plehrer bruyamment. Il s'est produit d'abord une suspension de la respiration. Lorsqu'à la suite d'un coup violent, la douleur survient à l'improviste, l'enfant fait une profonde inspiration avec la glotte resserrée, et pousse un cri aigu, après quoi se produit un arrêt spasmodique des mouvements respiratoires.
Il y a des enfants très nerveux qui éprouvent ces arrêts spasmodiques même pour de très faibles émotions. J'en ai connu un qui, un jour, se mit à pleurer abondamment parce que son père ne voulait pas l'emmener avec lui, et qui resta pendant une minute et plus dans un état de prostration complète. Il était livide, avec la bouche largement ouverte, les lèvres et le visage violets, les yeux feriçés et pleins de larmes. L'asphyxie devint bientôt si complète qu'il perdit l'équilibre et tomba, rendant ses urines et ses excréments, puis il se releva comme si de rien n'était. On me dit qu'il en était ainsi toutes les fois qu'il éprouvait une contrariété.