‹ La Pharmacie centrale de FranceChapitre 18 sur 73 · DES PASTILLES · texte numérisé non relu

DES PASTILLES

Nous n’entreprendrons pas d'en décrire le fonctionnement, nous contentant de rappeler que les règles sur lesquelles la comptabilité repose, reçoivent leur application la plus rigoureuse en ne laissant prise à aucune erreur qui ne puisse être reconnue immédiatement.

Une facture détaillée accompagne chaque envoi, afin de permettre au client de reconnaître sa commande au moment où il la reçoit.

A la fin de chaque mois, tous les comptes sont arrêtés et balancés. Le total des opérations en débit et crédit est relevé et le détail en est remis à chaque client, selon le mode de règlement qu’il a adopté.

On aura une idée de l’importance de ce travail, quand on saura que le nombre des comptes courants ouverts à la Pharmacie Centrale de France est déplus de huit mille.

En général, tous les employés, occupés aux différents services que nous venons de décrire, travaillent sous l’impulsion du Chef du personnel, qui leur transmet les ordres de la Direction. Cette fonction est confiée à un pharmacien actif, d’une intelligence vive, possédant une expérience consommée, grâce à sa longue présence à la Pharmacie Centrale de France où il a débuté comme simple employé (>).

(i) Il s’agit ici de M. Gillet , pharmacien, professeur de micrographie et membre du Conseil d’Administration de la Société des Laboratoires Bourbou\e.

USINE DE SAINT-DENIS

Pour la Pharmacie Centrale de France, Y Usine de Saint- Denis se rattache directement à la Maison de Paris.

Cette Usine est située à la Plaine-Saint-Denis, au lieu dit La Couture , tout au bout de cette belle et longue Avenue de Paris, qui part de la Porte de la Chapelle pour aboutir au Tont du Canal du Nord.

Elle occupe une superficie de 3o, 000 mètres carrés environ, dont plus de la moitié est couverte de bâtiments, de laboratoires et d’entrepôts.

L’Usine de Saint-Denis est la plus vaste fabrique de Produits Chimiques et Pharmaceutiques de France. Par son étendue, par l’heureuse disposition et l’élégance de ses constructions, par son énorme production, son outillage perfectionné et sa tenue irréprochable, elle réalise le type de ces Usines-Modèles, véritables écoles pratiques, où le visiteur émerveillé peut suivre minutieusement tous les détails d’une industrie.

Les plans de l’Usine furent dressés par l’architecte Saulnier et sa construction, commencée en 1862, fut achevée en 1864. Ménier, désireux de créer un établissement de premier ordre, n’hésita pas de recourir aux lumières d’un des plus illustres savants de notre siècle, et c’est sous la direction et aidé des conseils du grand maître Berthelot qu’il fit agencer son installation et outiller les laboratoires d’une façon à la fois pratique et scientifique.

Bien que la Pharmacie Centrale de France acquît, en 1867, la maison de droguerie Ménier, qui comprenait l’exploitation de l’Usine de Saint-Denis, ce n’est que deux ans plus tard

qu’elle devint réellement propriétaire de celle-ci, en tant qu’immeuble, moyennant le prix principal de 800,000 francs, et suivant contrat de vente à elle faite par M. et Mm0 Ménier, passé devant Me Gatine, notaire à Paris, le 9 septembre 1869.

Une journée entière ne saurait suffire, aujourd'hui, pour visiter en détail l’Usine de Saint-Denis, étudier son outillage si varié, en suivre le fonctionnement et la production.

Nous n’entreprendrons pas de décrire ici les nombreuses fabrications qui s’y poursuivent. Il nous faudrait, pour cela, entrer dans de fastidieux détails techniques, et soumettre notre lecteur bienveillant à l’épreuve d’une lecture aride et sans intérêt.

Nous nous bornerons à prendre le visiteur par la main et à lui faire parcourir l’Usine de Saint-Denis, comme nous l’avons fait plus haut, en lui décrivant les divers services de la Maison de Paris.

Quand on s’arrête devant la grille d’entrée et qu’on embrasse du regard l’ensemble de l’Usine de Saint-Denis, on reste surpris et charmé, tout à la fois, à l’aspect de ces vastes bâtiments qui s’élèvent au milieu d’une luxuriante végétation.

Une avenue de 14 mètres de large {Avenue Ménier), bordée à l’entrée par de beaux platanes, partage l’Usine dans toute sa longueur.

En outre, l’Usine est divisée en Avenues et Rues, auxquelles on a donné des noms de Pharmaciens, de Chimistes et de Physiciens célèbres.

Les deux allées parallèles à l’Avenue principale portent les noms dé Avenue Dorvault et Avenue Genevoix.

Les rues perpendiculaires se nomment : rue Gay-Lussac , rue Bertliollet , rue Lavoisier , rue J. -B. -Dumas, rue Palangier.

A gauche de l’Entrée., se trouve le parc au charbon, approvisionné d’environ 1000 tonnes de combustible et dissimulé par un grand et beau jardin plein d’ombrage et de fleurs.

A droite, un coquet pavillon est affecté au logement du Gardien-Surveillant.

Un large trottoir bitumé conduit à l’habitation du Directeur de l’Usine, élégante construction bâtie dans le style des cottages anglais.

Le rez-de-chaussée est occupé par le cabinet de la Direction et les bureaux de l’Usine. Sous les fenêtres, qui donnent sur l’avenue Ménier, un pont à bascule d’une portée de 10,000 kilos permet de contrôler le chargement de toutes les voitures qui entrent ou qui sortent de l’Usine. Cette vérification est faite par le Surveillant, homme de confiance, médaillé, ancien gardien de la paix de Paris, retraité.

Huit vastes bâtiments, isolés les uns des autres, occupent le centre de l’Usine de Saint-Denis ; ce sont les Pavillons : Guibourt , Soubeyran , Pelletier, Julliard, Denis Papin, Caventou, Wurt{ , Victor Régnault.

Tout autour de l’immense quadrilatère formé par l’Usine, sont une suite d’ateliers, de magasins et d’entrepôts, affectés chacun à des fabrications spéciales ou à des destinations particulières ; ce sont les Pavillons : Baume, Robiquet, Jules Regnauld, Jouffroy , Cloë{, Guy ton de Morveau , Virey, Valenciennes , Raymond Lulle, Cahours, Chevreul , Personne, Nicolas Leblanc, Bernard Palissy, Biaise Pascal, Jussieu.

Nous les décrirons successivement lorsque notre visite aux bâtiments du centre sera terminée.

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