VUE A VOL D OISEAU
(Cliché J. David),
On y remarque aussi un moulin à noix, pour le concassage des gommes.
2e Atelier : Produits chimiques. — Cet atelier se compose de trois appareils Dalbouze à boulets en porcelaine et d’un appareil, tout en porcelaine, pour la pulvérisation des produits chimiques organiques.
3e Atelier. — On y remarque une puissante Meule double, nouveau système, servant au broyage des Minerais et en particulier de la Magnésite. Son énorme cuvette est munie, aux deux extrémités, de grilles mobiles permettant de tamiser la poudre selon la grosseur désirée. Cette meule peut écraser 1,000 kilog. de minerai par jour.
Dans ce même atelier, à côté de la Meule, se trouve un blutoir spécial pour les Minerais.
fl Atelier. — Cet atelier est consacré à la fabrication de la farine de lin et au triage de la graine de lin. On y voit fonctionner un trieur perfectionné pour la graine de lin destinée à la farine ; un tarare, modèle spécial, pour la graine de lin mondée ; deux moulins à farine avec leurs blutoirs, ainsi que deux moulins à noix pour le concassage des amandes et autres produits.
5e Atelier. — On y voit fonctionner: une paire de meules accouplées, en granit, de im5o de diamètre, du poids de 6ooo kilog., roulant sur une cuvette en fonte ; une raboteuse pour les bois de Quassia: de Santal , de Sassafras , etc.; un tritureur Anduze, pour le granulage des quinquinas et autres écorces; et un moulin à farine de moutarde, produisant 5o kilog. de farine à l’heure. Dans le même atelier, se trouve un appareil centrifuge pour le broyage des fruits servant à la fabrication des sucs médicinaux et pouvant produire 6ooo kilog. par jour.
6e Atelier. — Il renferme une lentille à boulets pour la pulvérisation des fleurs de Pyrèthre , avec un groupe de tamis
mécaniques ; un Carters pour le coupage des racines très dures, et un appareil pour couper les plantes vertes.
7e et 8 6 Ateliers. — Tout autour de ces ateliers, sont disposées trois batteries de mortiers de six pilons chacune, dont cinq accouplés, et un groupe de quinze tamis mécaniques pour obtenir les poudres à la tenuité exigée par le Codex. Dans ces ateliers, il ne se fait que des poudres colorées.
gK Atelier : Toxiques. — Cet atelier, peint en rouge, est complètement isolé des autres ateliers pour éviter toute contamination. On y voit fonctionner, durant toute l’année : une batterie de six pilons dans un seul mortier ovale, exclusivement affecté à la pulvérisation de la noix vomique ; une batterie de mortiers contenant neuf pilons, avec leurs tamis respectifs ; on y remarque également un tritureur Anduze, pour les fèves Saint-Ignace et les noix vomiques râpées.
io° Atelier: Produits blancs. — Cet atelier comprend: une paire de meules en granit ; deux batteries de mortiers avec dix pilons, dont deux accouplés, et un groupe de sept tamis mécaniques. A côté, se trouve un broyeur à cylindre, système Vapart, pour la désagrégation des écorces dures.
Les mortiers sont en fonte, montés sur socles en pierre, et sont recouverts d’une poche en peau, qui protège les produits et empêche la déperdition des poudres.
Les pilons sont en acier et pèsent chacun ioo kilog.
Le même bâtiment possède, entre les ateliers 5 et 6, de vastes étuves qui servent à la dessiccation des matières premières.
L’étage supérieur est divisé en deux parties bien distinctes: d’un côté les Toxiques et de l’autre les produits de grosse droguerie végétale. On y remarque un assortiment considérable de quinquinas logés en balles et surons d’origine, ainsi qu’un stock important de noix de kola, de salsepareille, de semences, graine de lin et moutarde, etc., etc.
PERSONNEL DE I.'uSINE DK SAINT-DENIS
Dans une des pièces de cet important magasin, se trouve une trieuse universelle d’un nouveau système, servant au nettoyage des grains.
Dans le Magasin des Toxiques, il y a un stock constamment renouvelé de plusieurs milliers de kilogrammes de Digitale , destiné à subvenir, non seulement à la vente, mais encore à la fabrication de la Digitaline cristallisée , qui se fait durant toute l’année sans interruption.
L’énorme production de poudres à l’Usine de Saint-Denis s’explique par la réputation universelle dont jouissent ces produits. Ménier fut le premier à introduire dans le commerce de la droguerie des poudres pures et parfaitement impalpables. La Pharmacie Centrale de France a toujours tenu à honneur de conserver cette renommée, en apportant les soins les plus minutieux dans le choix des matières premières et dans leur transformation.
A l’extrémité du bâtiment de la Pilerie, se trouve adossée une vaste et coquette véranda qui abrite les Machines.
On y admire un moteur à vapeur, dont le volant n’a pas moins de 6 mètres de diamètre, et deux machines horizontales accouplées, de la force de i5o chevaux. Les transmissions sont souterraines et les arbres de couche qui partent des machines sont d’une grosseur énorme. La force développée par ce moteur, outre qu’il sert à mettre en mouvement les différents appareils répartis dans l’Usine, actionne aussi trois pompes qui envoient, dans toutes les directions, environ 90,000 litres d’eau à l’heure. Or, il y a lieu de remarquer que l’eau est un des facteurs les plus importants de l’Usine.
En sortant de la chambre des machines, on s’arrête devant l’élégante cheminée monumentale, haute de 45 mètres, construite en briques polychromes, dessinant des monogrammes et des arabesques d’un effet très artistique.