‹ La Pharmacie centrale de FranceChapitre 8 sur 73 · MAISON DE PARIS — COUR D’ENTREE · texte numérisé non relu

MAISON DE PARIS — COUR D’ENTREE

( Cliché J. David).

( Cliché J. David)

MAISON DE PARIS — VUE A VOL D’OISEAU DES LABORATOIRES ET ATELIERS DE FABRICATION

comité de pharmaciens distingués, choisi dans la France entière et résolu à soutenir son projet.

Parmi les membres de ce comité d’initiative nous devons citer : Le professeur Chevallier , de Paris; — Aubergier , de Clermont-Ferrand; — Barbet-Lartigues , de Bordeaux; — Carta{, de Bourg; — Chauvel, de Rennes; — Davallon , de Lyon; — Dele^enne, de Lille; — Emery, de Marseille; — Freppel, de Sainte-Marie-aux-Mines; — Guichard, de Valence; — Hariot, de Méry; — Hœcht, de Strasbourg; — Husson , de Toul; — Kampmann, de Colmar; — Lacroix , de Mâcon; — Lallemand , d’Epinal; — Lepage, de Gisors; — Malapert, de Poitiers; — Malenfant, de Châlons-sur-Marne; — Marchand, de Fécamp ; — Marque {, de Coutances ; — Millot, de Vesoul; — Mourgues, de Nîmes; — Oudart, de Troyes; — Oudinet, de Versailles; — Rabourdin, d’Orléans; — Viallanes, de Dijon; — Viguier , de Vienne; — Guillermond, de Lyon; — Filhol et Magnes-Lahens , de Toulouse ; — Comoy, deNevers; — Larue-Dubarry, de Limoges; — Viel et Bodart, de Tours; — Gatillon, du Puy ; — Legrip, du Chambon; — etc., etc.

Suivant les statuts adoptés par ce comité d’initiative, l’Association projetée devait être une Société en nom collectif et en commandite par actions, entre M. Dorvault, pharmacien, à titre de directeur, d’une part, et tous les pharmaciens qui auraient adhéré à ces statuts et souscrit des actions, d’autre part. Son objet était la fondation, sous le titre de Pharmacie Centrale des Pharmaciens , d’un établissement pour l’achat, la préparation et la vente des drogues simples, des produits pharmaceutiques, chimiques et annexes, en un mot pour le commerce général de la pharmacie.

A cet effet, une souscription fut ouverte parmi les seuls pharmaciens, afin de constituer un fond social de un million , au moyen de 2,000 actions de 5oo francs au taux de 5 pour 100, payables par cinquième. Cette souscription fut rapidement couverte.

Pour entourer la naissance de la Société de toutes les garanties désirables et lui donner en même temps le cachet d’un événement pharmaceutique, le dépouillement de cette souscription se fit, le i3 septembre i852, en présence des délégués des Sociétés pharmaceutiques de province, convoqués tout exprès. En voici les noms, ils méritent d’être conservés :

Bouchardat , professeur d’hygiène à la Faculté de Médecine de Paris, représentant de la Société de Pharmacie de Rouen; Cap , représentant de la Société de Pharmacie de Lyon; Decaye, représentant de la Société des Pharmaciens des Côtes-du-Nord ; Jacout, délégué du Cercle pharmaceutique de la Marne; Lecomte , délégué de la Société pharmaceutique d’Indre-et-Loire; Schaeuffèle , représentant des Sociétés pharmaceutiques du Haut-Rhin et de la Gironde ; Garot, président de la Société de Prévoyance des Pharmaciens de la Seine; Lepage, secrétaire de la Société de Pharmacie de Rouen.

Or, d’après ce dépouillement, il fut constaté que 800 actions pour la création de la Pharmacie Centrale des Pharmaciens avaient été souscrites et au delà, et que, aux termes des statuts adoptés, la Société se trouvait ainsi constituée. En conséquence, dépôt desdits statuts fut effectué aussitôt entre les mains de Me Beaufeu, notaire à Paris, le i5 septembre i852. Un mois après, déclaration de constitution de Société était passée devant le même notaire, suivant acte du i5 octobre.

La Pharmacie Centrale des Pharmaciens était définitivement fondée; sa première Assemblée générale eut lieu les jours suivants, 16 et 17 octobre.

La Pharmacie Centrale des Pharmaciens fut d’abord installée rue des Marais Saint-Germain (aujourd’hui rue Visconti) n° 23; quelques semaines suffirent pour aménager les magasins,

assurer les approvisionnements, agencer les bureaux et la Maison de Commerce et pour installer un laboratoire de fabrication à Courbevoie, au Rond-point, dans le local de l’ancienne Poste.

Les opérations commerciales commencèrent le i5 janvier 1 853 et prirent rapidement un grand développement. Le capital primitif, devenu bientôt insuffisant, fut porté successivement, en 1 8 5 5 , à quatre millions, et, dix ans plus tard, à cinq millions. Les actions furent chaque fois souscrites avec un empressement qui témoignait de la confiance que la pharmacie française avait en son Etablissement et du profit qu’elle trouvait à concourir à sa prospérité.

C’est à dater de l’Assemblée générale du 14 août 1 8 5 5 que la Société abandonna son titre primitif de Pharmacie Centrale des Pharmaciens, pour adopter définitivement celui de Pharmacie Centrale de France.

Afin de faire distinguer facilement ses produits, la Société adopta, dès son début, une Marque de Fabrique, emblème symbolique, qui devint bientôt le cachet préféré du pharmacien.

L’écu de la Pharmacie Centrale de France représente la Pharmacie, s’appuyant d’une main sur un livre, emblème de la Science, et de l’autre sur le caducée, emblème du Commerce. Elle est entourée des principaux objets qui font la matière des études pharmaceutiques : appareils de pharmacie et de chimie; puis animaux, vétégaux, minéraux, synthétisant ainsi la vieille devise des pharmaciens : « In his tribus versantur. » Elle a le coude appuyé sur les armes de Paris, pour rappeler que le siège de l’Association est dans cette ville. Enfin, devant elle, est une colonne supportant le serpent traditionnel et le coq d’Esculape, le tout souligné de la devise : « In fœdere virtus. »

Confiant dans l’avenir, ne reculant pas devant la mise en pratique des idées qui lui venaient en foule, ne désespérant

jamais des difficultés du présent, le fondateur-directeur de la Société, Dorvault, mettait tous ses soins à conduire l’Etablissement dans la voie du progrès.

Les locaux de la rue des Marais-Saint-Germain étant devenus insuffisants, il fallut bientôt songer à s’agrandir, et la Société fit, en 1859, l’acquisition d’un vaste immeuble situé à Paris, rue de Jouy, n° 7, au centre du commerce de la droguerie. Cet immeuble est l’ancien hôtel des ducs d’Aumont, dont nous avons présenté ci-devant l’histoire.

Au lendemain de la création de la Pharmacie Centrale de France , la ville de Lyon fut dotée d’une Succursale, qui prospéra rapidement et qui est devenue la première maison de droguerie de la région. Des factoreries, ou agences, furent successivement installées à Bordeaux, à Toulouse, à Nantes, à Rouen, à Marseille, à Strasbourg, à Bayonne, à Lille, à Rennes, contribuant ainsi à répandre la marque de la Pharmacie Centrale de France et à faire apprécier ses produits.

En même temps qu'il assurait la prospérité commerciale de la Société, Dorvault, toujours guidé par son amour de la profession, ne négligeait rien pour accroître le prestige moral de l’œuvre et lui mériter l’attachement de ses confrères.

Dès 1 858, il voulut créer une caisse de prévoyance et de retraites pour les pharmaciens et ce projet aurait été réalisé, sans les entraves que le Gouvernement d’alors lui suscita.

Entre temps, il fondait un organe professionnel, Y Union Pharmaceutique, devenu aujourd’hui un des périodiques les plus lus et les plus appréciés du monde scientifique.

Il instituait l’Office des Pharmaciens, où les praticiens en quête d’assistants et les élèves cherchant à se placer peuvent se rencontrer et s’entendre.

Poussant toujours plus loin le souci de procurer à ses confrères tous les avantages qui découlent du principe de la solidarité, la Pharmacie Centrale de France jetait les bases

PHARMACIE CENTRALE DE FRANCE — VUE A VOL D’OISEAU DE LA MAISON DE PARIS

( Cliché J. David J.

d’une caisse d’assurance contre les suites d’erreurs ou d’accidents de pharmacie, dont les conséquences peuvent être parfois si redoutables pour le pharmacien. Mais elle se heurta à des difficultés multiples et aux exigences d’une législation sévère. De nos jours Y Association Générale des Pharmaciens de France a pu triompher de ces obstacles et, grâce aux efforts et à la générosité de ses membres, cette Caisse d’assurances est aujourd'hui fondée sur des bases solides et fonctionne avec une régularité parfaite.

Le 25 septembre 1867, la Pharmacie Centrale de France accomplit un acte considérable, l’acte le plus considérable qu’elle ait fait depuis sa fondation.

Elle acquit de MM. Ménier, père et fils, leur grand établissement de droguerie, composé d’une Maison de Commerce située rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n° 37 et d’une vaste Usine modèle à Saint-Denis, avenue de Paris n° 379, et prit désormais le titre de Pharmacie Centrale de France et Maison de Droguerie Ménier (P .

La maison de droguerie Ménier, l'une des plus importantes de France, avait été fondée, en 1816, par Ménier père; sa réunion à la Pharmacie Centrale de France fut un nouveau bien pour le commerce pharmaceutique.

En devenant ainsi propriétaire de l’usine de Saint-Denis, la Pharmacie Centrale de France réalisait une amélioration considérable et devenue urgente, car le laboratoire de Courbevoie ne suffisait plus à ses besoins. Par l’exploitation de l’usine de Saint-Denis, la Pharmacie Centrale de France allait désormais pouvoir fabriquer tous ses produits chimiques et donner à ses clients, avec son cachet, l’assurance de la perfection de leur préparation, achevant ainsi le programme qu’elle s’était tracé lors de sa fondation.

(1) Dans cette fusion des deux maisons, ne fut pas comprise l’usine de Noisiel que M. Ménier conserva et consacra à la fabrication du chocolat.

C’est à dater de l’annexion de l’usine de Saint-Denis que fut supprimée la fabrique de Courbevoie, devenue inutile. La maison de commerce de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie fut transférée rue de Jouy en janvier 1868.

La prospérité de la Pharmacie Centrale de France grandissait sans cesse et son chiffre d’affaires annuel atteignait 7.000.000 de francs, lorsque survint la guerre de 1870, suivie des luttes terribles de la Commune. Pendant ces longs mois d’épreuves, l’établissement lutta vaillamment, non sans souffrir cruellement dans ses intérêts.

Mais sa vigoureuse constitution eut bien vite raison de ce malaise passager et, dès 1873, le chiffre d’affaires des années précédentes était dépassé. La clientèle, toujours plus fidèle et toujours plus nombreuse, s’étendait dans toute la France et à l’étranger où sa réputation s’établissait sans conteste.

L’exposition universelle de 1878 fut un succès éclatant; la Parmacie Centrale de France remporta la médaille d’or, et de nombreuses récompenses furent décernées à ses collaborateurs.

Dorvault était promu au grade d’Officier de la Légion d’Honneur; rien ne manquait à sa renommée et il songeait à prendre sa retraite, lorsque la mort le surprit presque subitement.

Dorvault ( François-Laurent-Marie ) naquit, en 1 8 1 5 , à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Inférieure). Ses parents étaient sans fortune et ce n'est qu’à force de travail et de persévérance qu’il parvint à compléter son instruction. Arrivé à Paris en 1 836, il se mit avec ardeur a l’étude, se fit recevoir, en 1840, interne des hôpitaux, devint lauréat de l’Ecole de Pharmacie et fut bientôt après reçu pharmacien.

Voici, du reste, en quels termes les débuts de Dorvault se trouvent retracés dans une note que son fils, M. Francis

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