Bœckh, Encyklopaedie, p. p. Bratuscheck, p
2. Scaligerana {Vassanorum), La Haye, 1666, p. 61, Casaubonus doctissimus ; ego eius discipulus, gustutn haheo rerum, sed non doctrinam. Et souvent il exprime son dédain pour ceux qui « ne font autre chose qu'amasser. »
curent les monuments de l'antiquité et la détournent des problèmes qu'ils posent devant nous. En même temps, le commerce qui s'établit entre la cour et les hommes de lettres, et l'intérêt dont les gens du monde croient honorer les érudits, engagent ceux-ci à prendre autant que possible les dehors et les façons de la cour et du grand monde. C'est de cette époque que datent notre peur excessive de toute apparence de pédanterie, notre fausse honte de tout appareil scientifique, enfin cette étrange et funeste prétention de n'écrire jamais pour les savants seuls, de rendre tout accessible au grand public. On voulait être honnête homme, selon l'expression du temps, et la qualité d'honnête homme, c'est Pascal qui en fait la remarque, exclut la spécialité. La science a nécessairement un côté par où elle est métier : avoir un métier répugne à qui deviendrait par là impropre à frayer avec les grands. On comprend que le xvni° siècle, avec sa passion des idées générales, avec ses prétentions philosophiques et son manque de sens historique, ne fut pas fait pour remettre en honneur l'étude scientifique, c'est-à-dire historique, de la civilisation ancienne. S'il a eu ses Fréret et ses Villoison, ce ne pouvait être que des exceptions. La direction générale des études était entre les mains des jésuites ou de leurs semblables, pour qui la littérature ancienne n'a guère été jamais qu'un instrument propre à donner cette éducation toute superficielle, toute verbale, qui est propre à leurs écoles. Enfin le prodigieux retentissement qu'ont obtenu
dans notre siècle certaines réputations littéraires, la considération, le renom, rinlhience, que la presse peut donner même à ceux qui n'oseraient rêver la gloire, ont achevé de faire de l'art d'écrire, de ce qu'on appelle le talent, la plus enviée, la plus recherchée des facultés. Aussi ceux que leur vocation appelait à s'occuper de littérature, ne firent pas leur premier souci de coinpi'endre les auteurs anciens, ce qui exige de pénibles travaux d'observation grammaticale et de critique des textes ; ni de tirer de ces auteurs des données exactes sur la civilisation dont leurs ouvrages sont pour nous les principaux monuments, c'est un labeur qu'on peut laisser à d'autres , quitte à venir ensuite mettre en œuvre des matériaux tout prêts. Ils s'appliquèrent avant tout à devenir écrivains eux-mêmes; à dire des choses fines et frappantes à propos de ces auteurs ; à les goûter, à y admirer des beautés, fût-ce imaginaires, comme le lacrimae rerum, que Thurot raillait si agréablement ; à faire preuve d'esprit, et de ce sentiment littéraire dont chacun s'attribue volontiers le monopole , soupçonnant les autres d'en manquer s'ils n'en font pas étalage ; en un mot, à faire de la littérature au lieu de faire la science des littératures anciennes ^ d
Nous pouvons passer rapidement sur la période anglo-hollandaise. C'est dans les Pays-Bas surtout que nous trouverions notre manière de voir confirmée. Devançant l'Italie, la Hollande avait depuis