Lipps, Aeithetik, t. I, p. lli ft 12S
apprendre qu'elle agit et s'exprime en elle. Ce qui caractérise VEinfahlung et la distingue profondénient de l'association, c'est que, grâce à elle, toutes les fois que nous percevons l'apparence sensible d'un être, une manifestation de sa vie, comme par exemple, un geste de tristesse, noua percevons en ' même temps l'émotion que cette manifestation extérieure exprime : l'intuition du mouvement et la conscience de l'émotioD correspondante constituent un événement psychique un et indissoluble. II y a plus : l'émotion ne a gtt » pas seulement pour nous dans le mouvement perçu, mais elle s'y « exprime » : le geste nous appandt comme produit par la tristesse. 11 n'y a pas là seulement tme succession perçue par moi d'un phénomène extérieur et intérieur, succession que je sais nécessaire, c'est-à-dire qwe je suis obligé de représenter suivant une règle due à l'expérience. Mais cette production du geste par la tristesse, qui n'existe aucunement pour notre perception, est un événement psychique particulier. Grâce à VEinfûAlttng, il s'établit entre le geste et l'émotion correspondante un lien d'une étroitesse et d'une intimité singulières. « La tristesse s'exprime et son expression est le geste ou ce geste est la tristesse exprimée'. » D faut donc admettre — pour nous servir d'une formule de Meumann — que c'est par un mécanisme inné de notre vie spirituelle que nous prétons immédiatement h toutes les formes et à tous les mouvements que nous percevons une vie intérieure. Volkelt de même, et dans son essai, Der Symbol-Begriff in der neuesten Aestketik, 1876, et dans son grand ouvrage, revendique l'originalité de l'fm/â^/un^ vis-à-vis de l'association. L'association consiste à réunir, à lier, à nouer des faits de conscience, soit, en esthétique, des intuitions et des sentiments. Hais quelque étroite, quelque intime que l'on suppose cette liaison, elle