‹ La philosophie allemande au XIXe siècleChapitre 20 sur 63 · W. WUNDT ET LA. PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

W. WUNDT ET LA. PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE

reviser le problème logique de la certitude scientifique, ainsi dans la seconde moitié du xix" siècle, Wundt opposera à la solution des associationaistes une théorie nouvelle, capable de tenir compte, mieux que ne te faisait J. Stuart Mill, de l'activité propre de l'esprit. A l'hypothèse de l'association il oppose la théorie de l'aperception.

Vis-à-via des associationnistes, Wundt soutient les thèses suivantes : d'abord, il n'y a pas d'éléments psycholo^ques proprement dits ; les éléments, nous l'avons vu, sont des produits de l'analyse et de l'abstraction, mais ils n'existent jamais è l'état libre ; ils font toujours partie de complexes qui sont, par certains aspects, représentation, et par d'autres, activité subjective, sentiments, volonté, attention. Ni les sensations, ni les ideas de Hume ne sont des éléments. Les éléments sont beaucoup plus simples et ils ne sont jamais des données conscientes. L'analyse et l'expérimentation seules parviennent à les découvrir. 11 en résulte que toute sensation, même la plus simple au point de vue de ce qu'elle nous parait être dans la conscience, est une fusion d'éléments qui n'existent pas en dehors de l'ensemble qu'est cette fusion même. Ainsi est contredite l'une des thèses des associationnistes, la thèse sensu alîste.

Quant à leur seconde thèse, qui réduit les lois de l'activité mentale à des lois d'attraction entre représentations, elle ne trouve pas non plus grâce devant Wundt. Celui-ci soutient qu'il existe une activité propre dans la vie mentale : plus haut déjà, à propos des fonctions du cerveau, nous l'avons signalée. C'est l'aperception. L'aperception, par le fait même qu'elle est la fonction centrale de la vie mentale, détermine les liens logiques dans lesquels entrent inévitablement nos représentations. Ces liens ne sont donc pas des lois d'attraction entre idées, mais relèvent du fonctionnement psycho-physiologique lui-même. Ainsi la fonction essentielle de l'activité psycholo-

gique est en même temps loi logique donnant à la conscience son unité.

Par cette dernière conception, Wundt se rapproche des rationalistes, qui reconnaissent à ta vie spirituelle une unité et une activité propre. Comme jadis Kant, par la Critique de la raison pure, opposait aux sensualistes une théorie qui reprenait en la transformant la thèse rationaliste, Wundt à son tour continue la tradition des idéalistes, mais il se place au point de vue psycholoffique et prétend définir le fonctionnement psycho- physiologique de la pensée. Sa théorie de l'aperception est très développée et depuis le début, elle a dominé ses idées psychologiques.

Nous n'avons pas l'intention d'exposer cette théorie dans tous ses détails; nous en indiquerons les notions essentielles. L'aperception est l'activité mentale accompagnée du sentiment d'elle-même; elle se traduit extérieurement par l'attention, par laquelle certains contenus psychiques sont inhibés au profit d'autres représentations; celles-ci sont élevées à la clarté, tandis que l'intensité qu'elles présentent provient de leurs rapports avec l'excitation extérieure. Elle se manifeste comme aperception active ou comme aperception passive, de même que l'attention peut être active et être éprouvée comme telle, ou bien passive et être déterminée par les motifs extérieurs. Grâce à cette distinction, il ne devient pas nécessaire d'avoir recours à deux fonctions différentes. De plus, il est aisé de comprendre que de l'aperception dépend tout ce qui est synthèse dans la vie mentale, depuis la fusion et l'assimilation d'éléments sensibles jusqu'à l'unification logique des concepts.

L'aperception ainsi conçue apparaît comme pouvoir de synthèse et c'est, en ce sens, de Kant que Wundt se rapproche ie plus. Reprenant le problème où l'avaient laissé les Anglais, il attribuera à l'aperception passive le système des associations.

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