W. WENDT ET LA. PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
en étendant celui-ci beaucoup plus loin que les Anglais et en le faisant pénétrer jusque dans la vie psychologique élément taire. Les éléments que l'abstraction dégage sont nécessairement fusionnés dans la représentation qui les contient. Dana cette synthèse élémentaire, l'aperception est passive. Wundt a tenté une classification de ces formes d'association élémentaire : combinaisons intensives entre sensations de même nature, comme pour un son et ses hannoniques, extensives entre sensations différentes ; puis assimilation et complication des représentations. Ensuite, associations successives par similitude ou par contiguïté, selon Stuart Mill : mais ce ne sont là que des limites ou des tendances associatrices, qui nous conduisent à envisager l'activité réelle de l'espnt, celle de l'aperception active. Les liaisons associatives sont provoquées exclusivement par l'action d'impressions présentes ou de dispositions acquises ; ici, l'idéation est déterminée dans un sens, elle obéit à l'impulsion donnée soit par l'excitation présente, soit par l'acquis représentatif antérieur. L'aperception est alors passive et nous la distinguons de l'aperception active par les états affectifs qui l'accompagnent, tels que le sentiment de reconnaissance.
L'aperception active par contre établit des rapports logiques entre les représentations, soit pour les combiner, soit pour les décomposer. Le concept est un produit de l'aperception qui combine; la division et les rapports enire les parties d'une représentation résultent de l'aperception en tant qu'elle analyse. L'aperception active s'accompagne de sentiments spéciaux; la représentation se marque d'une forte tonalité affective qui sert de moUf à l'entrée en jeu de l'aperception ; celte dernière fonction provoque des sentiments d'activité, liés à toute volitîon, aussi bien si l'effort se traduit par l'attention que s'il s'objective en actes. Mous avons vu plus haut que l'aperception donne plus de clarté à la représentation, exerce
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un choix, traduit l'unité de la vie consciente. Elle est, finalement, attention et volonté.
Nous n'insisterons pas sur les considérations métaphysiques dont Wundt a encombré la conclusion de sa psychologie. Autant il est intéressant de suivre l'expérimentateur dans ses recherches exactes, aussi peu nous attire en lui le métaphysicien, dont les idées nous paraissent singulièrement confuses. Ce qui nous attachera, pour terminer, ce sont les principes directeurs par lesquels il résume finalement le contenu de la vie mentale dans l'hypothèse actualiste qu'il admet. C'est d'abord le principe des résultantes créatrices : tout produit mental est plus et autre chose que la combinaison des éléments qui lui donnent naissance. Une perception de son, par exemple, est plus que la somme de ses composantes; une représentation spatiale est autre chose que les éléments sensibles qui y entrent et se fusionnent en elle, tout en y disparaissant ; un sentiment esthétique élémentaire diffère des combinaisons physiques qui le provoquent ; un acte volontaire est autre chose qu'une somme de motifs. En second lieu, le principe des relations indique que les parties d'un tout psychologique sont toujours en rapport les unes avec les autres; il est ainsi possible de les comparer et de les analyser ; grâce à cette possibilité, l'abstraction arrive à dégager des éléments qui se retrouvent dans différents produits de la vie mentale. Le principe des contrastes croissants a sa portée surtout pour les états affectifs ; les contrastes qui s'étabhssent par le principe des relations produisent un renforcement du sentiment total, comme on peut le constater dans le rythme, qui gagne en intensité par les fortes oppositions. Le principe de l'hétérogénéité des buts, qui est la résultsuite du premier principe et sa forme téléologique, signifie que plus est complexe la vie volontaire, plus il se présente de buts nouveaux. Chaque but, atteint ou entravé, se complique de circonstances nouvelles