‹ La philosophie allemande au XIXe siècleChapitre 47 sur 63 · Eduard Meyer, Kleine Schriflen, p. i · texte numérisé non relu

Eduard Meyer, Kleine Schriflen, p. i

n,g-,-^l--,yGOOglC

LA PHILOSOPHIE DES 8CUNCE8 HIStORIQUEB 211

Révolution française, importe moins cepmdant que les ohangemeotsqui en sont résultés pour l'Europe entière '. Cette déânilion qui mesure l'importance d'un fut aux conséquences dont il est solidùre mérite une ^rave attention. Il vient un moment où les stratiiioations les plus massives laiseées par les faits du passé sont usées à leur tour et emportées }ue- qu'au dernier vestige par le flot qui s'écoule. Des religio&s

- éteintes, des empires morts, des civilisations abolies peuvent n'avoir plus, dans le présent, laissé aaoQne trace de leur existence, si ce n'est quelques documents ou quelques ruines. Des faits de moindre étendue peuvent avoir laissé sur les hommes actuels une empreinte encore vivante. Est-ce seule-

. ment le présent qui décidera de l'importance de ce qui fut ? Pour Eduard Meyer, ce proMème est affaire de discernement. L'intelligence de rhistorien trace, à travers la série des événements écoulés, oomme des coupes transversales. Elle envisage ce qui fut, à diverses époques, le présent ; et sur celte coupe terminale, elle voit aboutir et afBeurer les séries de faits qui viennent de loin. Les faits importants seront pour lui ceux qui auront amené avec eux les conséquences les plus étendues pour le temps qu'on envisage. Mais il est vnù que la préoccupatkm présente modifiera sans ' cesse cette appréciation de leur importance. Chaque présent pose d'autres proJiIèmes. C'est ce qui fait que les matériaux de l'histoire ne sont jamais complets, et que, d'autre part, ils ne sont jamais c^ut5^j. Ils ne sont jamais complets parce que les observateurs d'autrefois, dont le témoignage survit parfois seul aux faits abolis, ne se sont pas posé les questions que nous nous posons et n'ont donc pas songé à y répondre. Et ils ne sont jamais épuisés parce qu'une description nïd've des faits pose plus de questions à la pensée des

Page 1