‹ La philosophie allemande au XIXe siècleChapitre 50 sur 63 · Eduard Heyer, Kltine Schriften, p · texte numérisé non relu

Eduard Heyer, Kltine Schriften, p

su LA PHILOMWHIE ALLBKAMDE AU XIX* SIECLE

$• Les faits collectifs, aux yeux des historieiis descripteurS) ne soat pas des faits historiques. La destinée des nuiltihides maa^crée» dans une bataille de César nHinportie aucunemoit. Le plan stra(^;ique et tactique par oh la victoire a été remportée, voilà le fait qui mente seul l'att«»tion. Ce plan a nécessité une multitude pour sai mise en œuvre. Mais c'est ta mnltilude organisée, groupée, mise en forme et maniée par on bomme qui est objet de l'aUentitm tHstorique: Il est ùidifférent de savoir combien de fois dans le petq^ de Rome s'est consommé le mariage romaîii. Mais cette forme du mariage, difEérente de toute autre, voilà ce qu'il faut étu*dier. « Les masses sont le substraUim de l'histoire », c'est-àdire la matière dans laquelle se réalisent les événements et se taillent les insUlutioas, a dit Eduard Me;^r. Cette matière n'est intéressante que pu- la fonne qu'elle prend; et cette (orme est œuvre individuelle. Des individus conçoi\%nt et réalisent les idées ; les masses les soutiennent seulement, dira Théodore Lindnw '. Mais en ce sens les masses à leur tour, moulées- en formes de droit, en formes sociales, politiques et militaires- par de» individus inventifs ou puissants, reçoivent une structure individuelle ; et c'est elle que l'histoire étudie.

On ae demamle otanment alors les historiens purs, les tiiéoriciens do particulier, sont aussi les historiens politiqoes. Il n'y a pas là de nécesàté. Un Wilhelm von Humboldt, tout individiuliste qu'il fût, n'aurait pas considéré que les formes poDtiques eussent tant d'importance. Il aimait à se %urer l'humanité dég^ée de cette gangue des nationalités et des Etats et à n'envisager que les hommes dans leurs créations sptmtaoéest qu'elles fussent libres ou issues d'une nécessité intérieure. Pour les historiens d'aujourd'hui au contrwre l'homme et le groupe humain ne font qu'un ; et c'est une

Page 1