Eduard Meyer, KUine Schriften, p. Ï
S. Karl Lamprecbt, Moderne GetchichltiaUaeniehaft, p. 6 : s Moderne Gescbichtswissenschafl ist an erater Stelle suiial-psychologische Wissen-
donc Lamprecht surtout que vise ta protestation d'Eduard Meyer contre les tiistoriens qui feraient de l'histoire une simple psychologie appliquée '. Ce n'est pas que Lamprecht veuille négliger l'histoire des « Étals » et des « héros » ; et inversement Éduard Meyer n'avait-il pas soutenu qu'il ne voulait pas négliger l'étude des « lois »? Le conflit est de savoir si les a États » et les n héros » sont des moteurs du mouvement historique et, dès lors, les objets vrais de l'étude historique. Lamprecht distingue deux formes extrêmes de la vie sociale. U y a : 1° les petites sociétés primitives, où tous les individus sont de mentalité semblable; 2' les grandes sociétés, très évoluées, où les individus diffèrent fortement par le vouloir et par le sentiment. Peut-être Lamprecht conclut-il un peu vite que dans les sociétés peu différenciées, il est à peu près indifférent d'étudier la vie des individus, puisque ces sociétés ne sont guère qu'une somme d'unités qui se ressemblent. Peut-être est-ce de même avec trop de hâte que cet histoiien ne reconnait une vie psychique sociale que dans les sociétés composées d'individus très différenciés. On conçoit au contraire que de la vie en commun d'individus très semblables, mais qui subissent le contact et la suggestion les uns des autres, il puisse résulter des normes de conduite et de pensée que les mêmes hommes n'auraient pas découvertes dans la solitude ou dans un groupement différent; et ainsi il serait vrai même des sociétés les plus homogènes et les plus simples que la vie individuelle n'épuise pas la vie de la collectivité. Inversement, s'il n'y avait pas le lien d'une vivante réciprocité d'action entre les hommes, les sociétés les plus complexes seraient à concevoir comme des assemblages d'individus dissemblables, mais simplement mélangés. S'il y a une ftme sociale (Sozial-Psycké) où baignent les âmes des
« Geschiclite ist nichta
itî LA PHILOSOPHIE ALLEMANDE AU XIX* »IÈGLE
individus groupés, elle doit être préseote dèsqu'ilya^groape; etU faut ODe métaphysique nouvelle pour en déOnir la nature. Lampreclit ne nous a pas donné oelle méli^hysique.
Il ne suffit pas de dire qu'on peut discerner des périodes d'histoire différentes par leur &me sociale [social-psychisehe Perieden). Car an peut, à coup silr, définir des périjÀériee chronologiques à l'intérieur desquelles apparaissent seules certaines habitudes de pensée. Mais il sera toujours permis d'admettre que ces colorations diFTérenteB de la menttdité observable à diverses époques ne sont que des reflets diffus et interférents qui rayonnent des individus eux-mêmes et se posent sur tout ce qu'Us louchent, institutions et rilea, prisées ou œuvres d'art. La difficulté sans doute a été vue par Lamprecht. Il s'agit de découvrir, dit-il, les causes psychologiques qui donnent à toute une période de la civihsation une physionomie mentale unique, et d'atteindre les phénomènes profonds, élémentaires o vraiment derniers a, dont est faite cette hme commune où toutes les âmes individuelles se meuvent'. Cela va sans dire; et il n'est pas inexact non plus de soutenir qu'il faut, avant que l'historien découvre ces faits élémentaires, que le psychologue lui ait déjà a{^ris à les comprendre. Wundt, Ebbingfaaûs, Mttnsterberg, Théodore Lipps, vcùlà les guides dont Lamprecht se réclame pour re&ire, sur des époques nouvelles, la tentative que Jacob Burchhardt fit sur la Renaissance italienne. Mais ces théoriciens se sont occupés de psychologie individuelle, inlrospective ou expérimentale. Comment cette psychologie individuelle éclairerait-elle les profondeurs d'une « ôme sociale .», différente de l'àme de chacun ? Or, si Lamprecht ne s'imagine pas cette Sozial-Psyché comme une matière d'âme diffuse et comme une pensée sociale mythologiquement conçue comme