IV. — Hésomé de o^tie période
Nous avons essayé plus haut (p. 16-19) de mon(rerIa marche et la gradation des systèmes, leur rôle particulier et le mouvement de la pensée dans celte première période de la philosophie grecque, n convient de recueillir, en peu de mots, les résultats obtenus, afin de fixer le point précis où nous sommes parvenus et d'où la raison doit partir pour s'élever à de nouvelles et plus profondes recherches.
I. Résultats génébaitx. — Et d*abord, qui n^admirerait l'esprit grec à ses débuts, dans cette sphère nouvelle de son activité, od il ne s'était pas encore exercé, sa nerveiUeiise sagacité, sa ridiesse et sa iécondilé, sa hardiesse et l'originaltté de ses conceptions? Les premiers pas qu'il a faits dans cette carrière, où rien n'a pu le guider, on peut le dire sans emphase, sont des pas de géant Déjà toutes ces questions, chez nous depuis tant de siècles débattues et qui eflrayent notre pensée, sur l'origine et la formation de l'univers, ses lois générsdes, la substance des êtres, le principe qai les anime, etc., sont par lui posées et agitées avec une clairvoyance et une force de compréhension qui nous étonnent* Elles le sont avec une enHère indépendance, en dehors des dogmes et des Êibles mythologiques dont ailleurs la réflexion n^avait pas su se dégager.
Les solutions, sans doute, peuvent nous paraître quelquefois grossières, mais non pas moins ingénieuses, souvent vraies ei profondes ; toutes sont singulièrement remarquables, si Ton se reporte à cet âge de l'esprit humain où les sciences ne sont pas encore nées ou n*ont laii aucun progrès. Elles dénolmt un talent d'observaiioa et de raisonnement dont la supériorité surtout est frappante qaand on tes compare aux productions analogues des autres peuples. Le génie de l'Occident s'y révèle déjà tout entier avec sa puissance d'abstraction et l'admirable lucidité qui le caractérisent.
Le germe de tous les grands systèmes est déjà déposé dans