ROLE DE SOCRATE DANS L'HISTOIRE
toire du inonde. Ainsi qu'on Ta démontré S il est une des grandes figures qui apparaissent dans le drame de Thumanité. La philosophie de rbistoire le réclame aussi bien que Thistoire de la philosophie.
C'est ce qui donne à sa vie et à Tévènement qui la termine une si haute signification et un caractère vraiment tragique.
Si Ton examine, en effet, sa doctrine et sa méthode, selon leur esprit, on verra mieux ce qui a été dit (p. 171) : que la négation du monde ancien et sa destruction y sont contenues, comme elles portent en elles le germe fécond d'une nouvelle société et d'un monde nouveau.
Déjà la société grecque, à cette époque (la guerre du Péloponèse), croulait par sa base. Socrate, sans le vouloir, rien que par l'emploi de sa méthode, achève de la ruiner (173). Hais de plus, appliquant cette méthode, il établit un principe nouveau, qui est tout Topposé du principe sur lequel cette société est assise (ibid.). L'erreur de ceux qui font de Socrate un conservateur ou un réactionnaire est des plus singulières. Elle prouve combien ils ont la vue courte. C'est tout justement un contre-sens.
La société antique, grecque surtout, avons-nous dit, repose sur une autorité tout extérieure : la tradition, les mœurs, les maximes communes, la loi écrite. La religion elle-même, si faiblement qu'elle fût organisée et constituée^ cette religion de l'imagination, non de la raison, dont Tanthropomorphisme est l'essence, est tout extérieure et toute nationale. Tout cela dès longtemps était miné. Socrate porte le dernier coup à l'édifice, dans ce qui en est le fondement. Rien de plus révolutionnaire donc que cette méthode, qui chez celui qui l'emploie parait si simple. Elle, qui paraît si peu présomptueuse et prétentieuse, il n'est pas moins vrai que, en demandant compte de tout, elle ébranle tout et semble ne rien mettre à la place.
Quant au principe lui-même ou au côté positif, il a été aussi clairement indiqué ; mais il importe de rappeler ici sa vraie signification et d'en montrer toute la portée : lo II transporte au dedans ce qui était au dehors. Socrate, on l'a dit, c'est l'àme humaine mise en face d'elle-même, la raison se constituant en un tribunal intérieur, devant lequel doit tout comparaître : la tradition, les lois positives, les mœurs, la religion. — Logicien et métaphysicien, Socrate, comme Protagoras, fait de l'homme c la mesure de tonte