‹ La philosophie ancienneChapitre 121 sur 194 · II. — Les Cyniques, I. — I.*Éoole cynique en général · texte numérisé non relu

II. — Les Cyniques, I. — I.*Éoole cynique en général

L Son importance. — Cette Ecole, sans doute, au point de vue spéculatif, a fort peu d'importance. La science, qu'elle méprise, n'a chez elle à enregistrer aucune tendance oo idée nouvelle. Il n'en est pas de mAme si on la considère par le côté moral ou pratique « Sous ce rapport, elle a marqué sa place dans la philosophie et dans la société antiques. S' étant donné pour mission de réformer cette société et d'en corriger les mœurs, elle a complètement échoué et n'a réussi qu'à se rendre ridicule par ses extravagance» ; elle n'a pas moins fixé sur elle l'attention des contemporains et laissé un nom fort peu noble, il est vrai, mais qui ne s'est pas efiEacé de la mémoire des hommes. Ce nom a passé dans la langue commune de tous les peuples civilisés. Malgré ses erreurs grossières, sa doc**trine contient une part de vérité qui la relève et qui a sa grandeur jusque dans le grotesque et la folie. Quelques-uns des personnages qui la représentent, sans être des penseurs ni des caractères dignes d'être admirés, ont su, par l'originalité de leur esprit, l'énergie de leur volonté et une certaine force d'âme , sinon commander le respeet, se défendre du mépris, conquérir même la célébrité. Ce n'est pas tont à fait sans raison que, dans l'Ecole d'Athènes, au-* dessous des grandes et nobles figures de Pyikagore, de Socrate, de Platon et d'Âristote, Raphaël a cru devoir donner aussi une place à Diogène. Celte Ecole, d'aiUenr», est l'antécédent direct du stoïcisme, qui Ta éclipsée, mais à qui elle a fourni presque toutes ses maximes. À ces titres, elle offre vm sujet curieux d'étude et fournit

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à cette histoire une page qui n^est ni sans instruction, ni sans intérêt.

II. Son origine et ses antécédents. — Elle aussi se rattache directement à Socrate. Sa doctrine n'est qu*une interprétation étroite d*un des points de la morale socratique, mais elle emprunte aussi quelque chose à la sophistique et à Téléatisme. De la première elle tient son scepticisme spéculatif, du moins en partie. La rhétorique et le ton oratoire, Tostentation , chez elle, rappellent aussi la manière des sophistes. Le principe éléatique se retrouve dans la conception radicale de l'absolu, qui, en tout, n'admet pas de milieu, efface toute différence, ce que met en lumière Texposé de la doctrine.

m. Coup d'œil sur son histoire. — Nous ne la suivrons pas dans les détails de son histoire. Il suffit de marquer ses phases essentielles. Contemporaine du mégarisme, du platonisme et du péripatétisme, elle a une existence propre et une destinée particulière. Antisthène^ qui Ta fondée et en est le chef, constitue à lui seul presque toute la doctrine, c C'est lui qui a jeté les fondements de tout l'édifice b (Diog. L., YI, i). Diogène^ qui lui succède, y ajoute fort peu ; il retranche plutôt ce qu'elle a de spéculatif et entre tout à fait dans la voie pratique. Il est le itpàxTucoc àrr^. Par toute sa personne, l'originalité de son esprit et de son caractère, par son genre de vie, il représente l'école entière, dont il est devenu comme le type et réalise en lui l'idéal. Son disciple Cratès est une autre figure originale qui n'est pas sans importance. Ces trois hommes à eux seuls représentent toute Técole. A côté de Cratès, sa femme Hipparchie et son beau-frère Métroclès forment un groupe intéressant. Tous ces personnages ont une valeur réelle. Ce qui vient à côté ou après n'en a plus. Théombrote et Cléomènes, Monime, Démétrius et Onéncrite sont des noms obscurs qui méritent à peine d'être cités. La secte se continue, encore facile à suivre, jusqu'à la fin du iii« siècle avant Jésus-Christ. Alors elle s'efface, sans pourtant disparaître. Hais ce qu'il y a de vital en elle a passé dans le stoïcisme; son rôle philosophique est fini. Les cyniques, tels que Ménippe^ Ménédème, etc., ne sont que des fous ou des charlatans que la verve de Lucien fera bien de vouer au ridicule (Dialogues des morts : Demonax). Les cyniques d'alors apparaissent au milieu des autres sectes (faux pythagoriciens, faux stoïciens, mystiques, rhéteurs et sophistes) qui pullulent sur le sol de l'empire

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