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LES DERNIERS CYNIQUES

parchie, dont le mariage avec lui et la participation à sa secte ont bien de quoi étonner ^

Les femmes, on le sait, ont eu leur part dans toutes les écoles. Théano^ chez les Pythagoriciens; Hypatie, chez les Alexandrins; Axiothée , Lasthénie , disciples de Platon. On en trouverait bien d'autres exemples chez les modernes.

Une autre qualité, dans Gratès, est sa patience à supporter les injures, vraiment belle et grande, mais non sans prêter au comique'. Il s'était donné pour mission d'exhorter les gens et de leur donner des conseils. Il entrait partout, et on l'avait nommé « Touvreur de porles ».

Il était fort éloquent. Il a laissé un livre de lettres que Ton disait rempli d'une excellente philosophie et dont le style égalait quelquefois celui de Platon. Il avait aussi fait des tragédies. On en cite ce passage remarquable : a Je n'ai point pour patrie une seule ville, un seul toit. L'univers entier^, voilà la ville, voilà la demeure qui m'est préparée. » Il mourut vieux et fut enterré en Béotie.

lY. Les deri^iers cyniques. — Des autres cyniques, Ménippe, Ménidèmey etc., il n'y a rien à dire; ce sont des pseudocyniques. Ils n'ont des cyniques que le costume et les ridicules. Ménippe est

1. Voici commoDt le fait est racooté par Diogèoe de Laerce : « Hipparchie, sœar de Métroclès, se laissa prendre aux disconra de Cratès. Elle s^'éprit d'une telle passion poor sa doctrine et son genre de vie qu'elle repoussa tous ses prétendants sans tenir aucun compte de la ricliesse, de la naissance et de la beauté ; Cratès était tout pour elle \ eUe menaça même ses parents de se tuer si on ne la mariait avec lui. Ceux-ci prièrent Cratès de la détourner de son dessein. Il mit pour cela tout en œurre ; enfin, la trouvant inébranlable, il se leva et plaça sous ses yenx tout ce qu'il possédait en lui disant : « Voilà Tépoux, voilà le patrimoine; u réfléchis ! tu ne seras ma compagne qu'à la condition d'adopter le môme genre ic de vie que mol.» La jeune fille se décida sur-le-champ ; elle prit le même vêtement que lui et le suivit partout. » (Diog. L., VI, ch. vu.)

2. Il était sans cesse à poursuivre les prostituées, afin de s'habituer à supporter les injures. — Un joueur de harpe, Nicodromus, irrité par lui, lui meurtrit le visage. Il s'en vengea en mettant un écriteau sur son front. A Thèbes, le maître du gymnase le frappa à coup de fouet et le traîna par les pieds. Pendant ce temps, Cratès débite tranquillement ce vers d'Homère :

Il la prit par le pied at le traîna hors du sanotaaira.

{Iliade, I, 591.)

Il se promenait gravement avec une peau de mouton cousue à son manteau (voy. Diog. L.).

3. Un autre trait de lui à remarquer est son horreur de la guerre et de la force conquérante. Il prétendait qu'il faut poursuivre l'étude de la philosophie jusqu'à ce qu'on regarde les généraux comme des conducteurs d'ftnes. Alexandre lui demande s'il veut qu'il rebâtisse sa patrie. « A quoi bon? dit-il, pour qu'un autre Alexandre la détruise. » (Diog. L.)

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un esclave avide d'argent qui s'enrichit par l'usure , prête à la journée, et qui, pillé par les voleurs, se pendit de désespoir. Menédime est un charlatan et un fou. Son goût extravagant pour le merveilleux lui fait jouer le rôle d'un insensé. Il avait coutume de se promener déguisé en furie, disant qu'il était venu des Enfers pour observer les corps et faire au retour son rapport aux dieux. II portait une tunique foncée qui lui descendait aux talons, un manteau de pourpre , un large chapeau arcadien sur lequel étaient peints les douze signes de zodiaque , le cothurne tragique , une barbe démesurément longue, une baguette de frêne à la main (Diog. L.).

On le voit, la secte s'éteint, et, pour le philosophe, son histoire est finie. Reste à connaître la doctrine qui l'éclairé et l'explique, si elle ne la justifie.

m. — La Doctrine cynique.

I. Son caractère pratique. — Ce qui constitue cette doctrine, c'est d'abord le rejet de la spéculation physique et logique, le bu exclusivement pratique donné à la philosophie. Antisthène soutient que toute science théorique est impossible (infra). Diogène, qui va plus loin, supprime tout à fait la science; il affectait son mépris pour la géométrie, la musique et les autres arts (Diog. L., VI]. Il disait que le cadran n'est bon que pour rappeler aux gourmands l'heure du dtner. Ceux qui sont parvenus à la sagesse ne s'occupent pas des lettres, pour ne pas être distraits par des choses étrangères {ibid.y On voit l'étroitesse de ce point de vue, opposé à l'esprit vraiment socratique; mais il est conforme à la doctrine qui n'accorde d*importance qu'à ce qui apprend à vivre selon la loi de la nature et du pur nécessaire.

U. Le savoir opposé a l'ignorance. — Il ne faudrait pourtant pas prendre à la lettre cette proscription, surtout chez Antisthène et les premiers cyniques. L'esprit de Socrate était trop présent. Loin de là, le savoir opposé à l'ignorance est une condition de la sagesse et distingue le sage. Mais la science doit se borner à ce qui est strictement nécessaire pour se conduire selon la droite raison. Tout le reste est superflu et fait obstacle. Les cyniques rejettent les sciences théoriques, les recherches ardues et difficiles sur la nature et ses lois. Diogène, entendant quelqu'un discourir sur les phénomènes célestes, lui dit : a Depuis quand es- tu revenu

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