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LA MORALE DES CYNIQUES

avec la IJimiéy b paiiL, la iélicîlé, rimperturbahililé (àTapa^sev), «nais sarlont la jonksanoe -de se sentir maître de soi, de se commander à soi-même *.

Se conmander à soi-même «st très-beau ; mais le cynique prétend aussi commander aux antres. Diogène, pris par les pirates et sur le point d'ètare vendu comme esclave^ interrogé sur ce qu'il sait faire : « Commander aux hommes, d répond-il, et il crie : « Qui vent ndieter un maître? > C'est tonjonrs le même lorgueii, la même tanké q«i gâte ce qu*il y a de meilleur et de plus ékfsé dans cette doctrine et dans ceux qui la (natiqaent.

VII. Morale sociale. — La SociéU^ Ul Familky VÉiaU — Mais (fest surtout dsms l'application à la vie publkfue que se Irafait 4e rioe de cetle morale, qui an fond est régoifine, qui isole rhomme de ses semblables et le rend insociable.

Pour conserver sa liberté, ne pas la compromettre, le sage ne prend point part a«i jkffaires publiques. N« voulant pas flnd aigs*, il n'agit pas ; il se renferme «n lui-même et rompt tout lien avec ses semblables (Dioç. L., VI). Le soin de lui-mèiiie (laurip ^iXeTv) l'absorbe entièrement. H n'accorde à la société que ce qu'il ne peut lui refuser. D'aitleors, cette société, elle est anal ûite. Il Imidrait la changer ; ne le povvant, il se donne pour oîiission de l'atta- 4|uer, de l'insnllier, de la braver. Teille qu'elle est, il s'en sépare, se tient à l'écart on vit au milieu d'elle conune si elle n'existait pas.

Quelle idée se fait-il de la nociéU en général et des sociétés diverses qu'elle renferme^

La société est faite uniquement pour que ïindividu puisse s'y ferfectionner ; elle n^ pas d'existence propre. L'individu n'est pas m de ses membres, la partie intégrante d'un tout auquel il doit se si^rdonner, se sacriûer même. Elle est £iite pour produire le sa^ ; le.sa^e ne lui doit rien ; s'il se doit i elle, c'est à l'ensemble, à Vhunm»ité^ Des $ociétés particulières, il n'y a rien à en dire, linoA que tout y est à changer, les institutions, les lois, les mœurs, ies ittsages. Les lois humaines sont contraires à la naturo et â ia néson. C'est ainsi que le cynisme leatend la distinction socratique

1. Les paroles qu'on md dans It booohe de Dio£pàDe sont trèà-belles : « L'iia- Mlude nous fuit trouver une joie infinie même dans le mépris du plaisir^ ef^ de même que ceux qui en ont contracté l'habitude n'y renoncent pas sans peine, de même aussi ceux qtn se sont lait des babitsdeB contraires sont phis heureux du mépris de la volupté que de sa jouissance... Tels étaient les principes qu'il enseigiaK et pratiquait, changflamt -akisi ia moauiie et se eonCormaiit pliiiâl à la nature qu'à la loi. » (Diog. L., VI.)

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des lois écrites et des lois non écrites. Aussi le sage, comme citoyen, se conduit non d'après les lois établies, mais d'après la loi de la raison K

Partout, dans les lois, les coutumes les plus vieilles et les plus générales, il ne voit qu'erreurs, injustices, préjugés. La famille^ le mariage, la parentéj V amitié^ etc., sont ainsi jugés; s'il les admet, il les considère d*un autre œil que le vulgaire. D'abord la famille est faite pour perpétuer Tespèce, élever les enfants. Ce but atteint, ses membres redeviennent libres. — Le mariage n'a rien de perpétuel ni d'indissoluble. Ne pas se marier est le plus sage. Diogène donne ce conseil : Pour les jeunes gens, il est trop tôt; pour les vieillards, trop tard. Il va jusqu'à dire que les femmes doivent être communes, xoiv^c eTvat Ssiv t^ç YuvaTxaç, et les enfants communs, xal Touç utsticç (Diog. L.). Pas de différence entre la société humaine et la société animale.

VÉtat (la Cité) n'a pas d'existence propre. Aussi le patriotisme est absurde. Sur tout cela, le philosophe cynique a des idées opposées à l'opinion vulgaire, même universelle.

Les idées de patriey de nationalité u'oni^ à ses yeux, aucune valeur. Il n'y a qu'une nation, qu'une famille, la famille humaine. Ce cosmopolitisme n'admet aucune distinction de race ni de pays. Le sage a pour patrie toute la terre (àv5pl<ro(pÇ -nMatx 'fii iwtTp(ç). Pour lui, rien d'étranger : E^vov où$iv (Diog. L., VI). Le monde entier est la patrie du sage. Interrogé d'où il était, Diogène répond : a Citoyen du monde : xcxrfjLoitoXCTY)!; Içy). x> Cratès, lui, se dit citoyen de Diogène {ibid.).

L'abolition de l'esclavage semble un corollaire naturel et devait être revendiquée par les cyniques. Au moins, dira-t-on, en ceci ils ont rencontré juste. Sans doute, et le côté vrai de la doctrine s'y révèle. Diogène, à qui l'on demande d'où vient le nom à'andropodes donné aux esclaves, répond : c Parce qu'ils ont des pieds d'hommes et une âme semblable à la tienne. » (Diog. L.). Ils proclament nulle la distinction de l'esclave et de l'homme libre. La nature entre eux n'a établi aucune différence : vofAcp xbv fjiiv $oûXov elvat xbv ^'IXeuOepov, (pu^et S'oOOèv ^caop^pei {ibid,). Les rôles même peuvent se renverser, le maître être l'esclave, l'esclave le maître, selon que l'un est et l'autre n'est pas vertueux. Mais la différence n'est qu'au point de vue moral ; quant au côté juridique, en fait ils n'y tiennent pas. Le cynisme ne demande rien à la loi ; il ne réclame pas la liberté de Tesclave au nom du droit, ni qu'on change sa con-

àfiÊtnt (Diog. L., VI).

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