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LES ERREURS DU CYNISME 22S

ranimai (os sublime). S'il se vêtit, ce n'est pas seulement pour se préserver des injures de Vair. Tout ce qui dans son corps et à Textérieur «st de Tanimal, il le modiûe, le transforme, l'arrange ou le pare. De soa corps il cache ce qui est purement étranger à Tesprity en ce sens naturel. Et cela s'appelle la pudeur, c'est-àdire le respect (verecundia) que l'homme a de lui-même comité être supérieur. Le contraire le dégrade et le fait ledescendre, non pas même au niveau, mais au-dessous de la brute. Chez le sauvage, voisin de la nature, et chez l'enfant, ce sentiment est faible ou nul. Hais il est essentiel à l'homme qui a pris la conscience de lui-même. Il l'est à l'homme, encore plus à la femney pour des raisons qu'il esi inutile de rappeler. Le cynisme» qui méconnaît cette loi, parti d'un spiritualisme exagéré, aboutit ici au plus grossier matérialisme i.

Nous n'insisterons pas sur les autres conséquences, Yégaisme^ V orgueil , V insociabilité de cette doctrine et de la secte qui fut une excroissance du socratisme. Elle trouve le monde mauvais, mal fait, et elle veut le changer. Elle lui propose un idéal qui la ramène à l'animalité et la société à l'état de nature^ c'est-à-dire à un étal où la société humaine n'existe plus. Elle met la bête à la place de l'homme ou en fait son égal. Elle détruit tout ce qui fait la grandeur réelle de l'homme et est l'œuvre de sa liberté : l'industrie, les arts, les sciences, etc. Que de fois de tels paradoxes, depuis, out été émis et ont servi de texte à la déclamation ou d'arguments à l'utopie^l (Voy. Rousseau, Disc* sur les se. et les arts.)

♦. La nnture enennôme, dit très^ien Clcéron, a montré celte dislînctîon dans la stnietire do eorps humaki :

c Priocipio corporis nostri magoam natura ipsa -videtur babuisse rationem : quœ formam nostram, relîquamque figuram, în qua species esset honcsta eam posuit in promptn ; qacB pertes antem corporis , ad naturs? necesMlatem da4te aspectum eàseat deforaoem babilure atque turpem, eaa cootexife et abdtdîL — Haac

natut^ tam diligentem fabricam imita ta est hominum verecundia Nec vera

audiendi sunl cynici, etc. » (Cîc, de 0/f., I, xxxv.)

2. Le cynisub et L'ASCÉnsnt chrétien. — On a compavé lei cyniqoes jm moines. M. Zeller, p. 287, les appelle les capucins de l'antiquité. — Schopenhauer lui-môme fait ici Ir^-bien ressortir la différence. « La ressemblance, dit-il, est pi as dans let effets que dans les eanses. Chei lies moinay le bot est placé att-dessoa de la vie terrestre; cluez les cyniqve$, H est dans 1» vie néme. C'est cette coQTÎction que le renoncement est le chemin le pins eoort et le phis sûr pour arriver au bonheur td qu'il est possible (sur la terre). Maés la différence essentielle et frappante est Vhwmilité qot carectéribe l'ascéttsme ckrélien. Etts est totalement étrangère an cynisme. Celui-ci, au contraire, met sur sob enseigne For^iMtl et le mépris des autres^ » (Scbop., die Welt.)

IjB cyousvb et lb PKOLiTAaiAT MODERNB. — Oo !«» S atHsl esDiparés. Mtègpt quelques ressemblances, surtout dans les causes et l'état social, les difléreoces sont très-grandes : !• Les cynique» soni «m »ectw pkiUscfkiqmf dont le but est

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m. — Les Cyrénaïques.

Caractère général et importance du gyrénaîsme. — Vouée aussi uniquement à la pratique et dédaignant la spéculation, cette école ne fait pas moins avec la précédente le plus parfait contraste. Ici, c'est la doctrine du plaisir (^^ovy)] donné pour but et motif uni^ que des actions humaines. De même que le cynisme conduit au stoïcisme, Yhédonisme est Tanlécédent naturel de Tépicurisme. Cette école tient aussi de fort près à la sophistique, dont la morale également ici se retrouve. Elle ne se dit pas moins issue de Socrate, quoiqu'elle s'écarte le plus de son esprit et n'emprunte presque rien à sa méthode. On verra quel lien la rattache au père commun de toutes ces écoles.

Quoique d'une importance secondaire, il n'y a pas moins de l'intérêt à l'étudier : !<» La morale qu'elle professe, par cela même qu'elle est la morale facile, n'a jamais cessé d'avoir pour elle des partisans nombreux qui la pratiquent et la vantent, i^ Son chef, Aristippe, est un personnage fort connu dans Tantiquité et dont le nom, entouré d'une certaine considération, est souvent cité dans les écrits des moralistes anciens et modernes. Chez lui, comme chez les cyniques, l'accord est parfait de la pratique avec la théorie, ce qui fait de lui comme une vérification vivante de sa doctrine. Il est resté le type et le modèle de toute une classe d'hommes, esprits distingués à toutes les époques, qui ont sans cesse ses maximes à la bouche et, à l'exemple du poète romain, reviennent, non pas même à la dérobée, à ses préceptes ^ Il est comme le patron de Tépicurisme lettré. La comparaison avec Ëpicure est aussi intéressante. S"" Mais ce qui prête surtout un intérêt philosophique à cette école et à son histoire, c'est que nulle part mieux que dans la succession de ses philosophes n'est visible la logique des conséquences qu'un principe amène à sa suite et que le temps se charge

un but moral : le perfeotionnement de Yindividu. — 2* Le moyen est le renoncernent , raffranchissement du beaoio. — S» Chez elle, l'aristocretie de la vertu forme une élite inaccessible au vulgaire. Le cynique veut donc réformer la société, sur une base qui n'est nullement celle du socialisme moderne. — 4* Celui-ci, loin de prêcher l'absence du besoin comme idéal à poursuivre, donne Tessor aux passions et multiplie les besoins; il cherche plutôt les moyens de les satisfaire. Le but qu'assignent &es apôtres (Fourier, Saint-Simon, etc.) est le plaisir, la jouissance physique. Le moyen est l'association. — Tout cela est étranger au cyniaaoe comme au pythagorisme (voy. «Mpra, p. 31, note). 1. Nunc in Ariitippi furtim prmcepta relabor» (Hor., ép. I.)

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d*en tirer en supprimant les contradictions. — Sous tous ces rapports, cette école mérite d*étre étudiée, surtout dans le personnage principal qui la représente.

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