Voy. Werke,XVI
2. Die offenUiche Meinong entbalt, dsher in sich die ewigen sabstantieUen Principen des Gerechtigkeit... {Phil. des R&chtt, § 317.)
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porte à ridée elle-même. Nous n'insistons pas ; mais nous disons : quelle que soit rinfériorité de cette forme comparée à la forme réfléchie, fruit d'une plus haute culture, encore faut-il lui laisser à quelque degré la faculté d'aperception directe, claire et sûre de la vérité. Mais, si elle la voit clairement et la possède, comment ne ferait-elle pas bien de s*y attacher? Le sophiste, lui qui ne croit à rien, a Tesprit plus libre et aussi le coeur plus léger. Les maximes du sens commun ne le retiennent pas et il en use à leur égard avec une liberté entière. Il en est de même de tout le reste : autorité, traditions, coutumes, mœurs, croyances, lois, institutions existantes, et de tout ce qui en est la base. Tout cela est, pour lui, sans valeur aucune. Pourtant tout cela est-il absolument faux? Ne faut-il y voir qu'un amas d'erreurs et de préjugés? On n'oserait le soutenir ; mais la sophistique le fait. Ce pas, elle Ta franchi ; elle nie et détruit tout. Et que met-elle à la place? La négation pure et simple. Que la raison commune fasse preuve d'un esprit étroit, qu'elle s'attache trop fortement à ses croyances et à ses principes, que souvent, dans l'emploi qu'elle en fait, elle se trompe et même se contredise, encore est-il que ces principes, ces croyances sont quelque chose ; on est forcé même d'admettre qu'une part de vérité y réside (/étd.), car l'opposé, je l'ai dit, c'est la négation pure et simple, l'indifférence absolue.
Un tel état d'esprit est-il bien préférable à l'autre? mérite-t-il d'être proclamé supérieur, d'être si fort prisé, de façon à motiver l'admiration d'un côté, le dédain de l'autre? Ce n'est pas notre avis, ni celui du sens commun. Nous oublions qu'on le récuse.
Mais le philosophe pourrait bien être accusé là-dessus lui-même de se contredire. Hegel, on le sait, reconnaît à la raison humaine plusieurs formes qu'il cherche à mettre d'accord et à concilier, quoiqu'entre elles il établisse une gradation nécessaire (voy. en particulier Gesch. der PhiL Einleitung, 2, 6). La pensée y ^ la forme religieuse, artistique, scientifique, populaire même, etc. Elle est vox Dei {Phil, der RechtSy ibid.). La raison cultivée n'est qu'une de ces formes. Le lien entre elles et les autres formes est indissoluble, et le rompre serait détruire le système. Mais ce sujet nous mènerait trop loin.
La raison cultivée (gebildete Verstand), ce savoir libéral, qui est celui des sophistes, c'est un savoir réfléchi^ quoique non encore médiatisé. Or, n'oubliez pas que celui qui l'a ne croit à rien, n'affirme rien ; cet état, c'est le vide fait dans les esprits et dans les âmes. Avec lui, Hegel le dit très bien lui-même, tout chancelle et tout tombe ; rien ne reste debout ; la pensée tourbillonne dans le vide.
C'est un moment de transition, nous dit-on, il est subordonné à un
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autre savoir auquel il conduit, celui-ci supérieur et plus *vrari.
Soit; mais ce moment «n'-est pas moins ^ qu'il est, tin «Uftuvais moment, je dirai même très mauvais à passer, le moment de la négation pour les peuples et pour les individus. -Pour ceux qui y soift placés, il n*y a pas à s*en réjouir ; il n^ a pas non plus si fort à considérer et admirer les hommes qui le représentent et qui en seu)s s'en réjouissent, attendu qu'ils savent en profiter.
Platon et Aristote, qui vécurent à ce moment et qui avaient en face d'eux de pareils hommes, en ont ainsi jugé. Us ont trouvé mauvaise cette forme de culture des esprits ou cette mmiére de les élever, iDKiScuecv M^iimùoç ; ils ont signalé, avec les faux semUamts de cette forme, les dangers qu'elle fait courir à ■l'huiaonHé, et la postérité en a jugé comme eux. Socrate avant eux et pies encore, tmdt compids ce danger et mit tous les efforts de son génie à le conjurer. Sans M, k itoience sombrait avec la moralilë* U en eût ^é ainsi à la ^pfais^ tique avait prévalu.
3" Mais, dira-t-on, la raison cultivée «cfue représente la sophisSque n'est pas moins cet esprit supérieur et non borné qui sait envisager les diverses faces d'un sujet et les faire valoir. — fl nous semble qu'il y a encore là une équivoque qu'il importe de dissiper.
Sans doute, en toute quesrtion, surtout de Tordre pratique ou moral, il y a divers côtés ou plusieurs faces à envisager et qu'il faut savoir distinguer. Si les sophistes n'avaient fait que cda, ils ne seraient pas des sophistes, mais plutôt des sages; l'estime la plus haute leur serait acquise.
Mais es^ce bien là ce qui les caractérise, l'art qu^ils ont enseigné et pratiqué? Nullement. Ce qui les caractérise, on l'a dit et il est ton de le tedire, c'est que, saohant qu'en un même objet il y a des faces différentes, ils s'emparent adroitement d'une ^e ces faces, de celle qui leur convient, k font uniquement valoir, et cda à l'aide d'arguments «péoieuiL, -mats trompeurs, sans eax-mtoessmêtre dupes, et qui peur cek «'appellent dés saphtsmes. C'est qu'en outre ils savent rabaisser, obscurcir, défigurer la face contraire, et toujours par de semblables arguments et ties moyens oratoires de même qualité. — En oela, dira-t-on, ik sont de bons avocats. Soit, je n'y contredis pas ; mak, précisément à cause de cek, ce ne sont pas des philosophes. Ce titre doit leur être absolument refusé. Nous tenons à cette distinction nullement injurieuse pour les ppeimers. Le phiksofdie, c'est l'ami de k vérké, «on le champion d^e cause à défendre. >Le philosophe n^ de aouci que la vérité. D'elle -seirie il se préoccupe, il k recherche, k montre et k défend. Cette souk dislinction, di^ms-aous, met le&
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sophistes k&n eu carcle 4es philma^w {voy. fîlat«i, Itép.^ Y) et la sophistique en dehors de b philosophie.
Loin de vouloir embrasser oes différents côtés et les ooneiHer, le sophiste ne croit pas plus à Tun qu'a Tautre. Tout lui est indifférent, sanf, ce qoi ne Test pas, savoir lui-même à lui-même, et ce qui le touche, sauf ce qu'il veut rendre vraisemblaUe dans son intérêt. Voilà œ qui a fait et fera toujours les sophistes, ce qui les dtstingiiera toujours des philosophes.
Et cela est tout sônple. Pour celui qui ne croit pas à la vérité, il n*y a pas de face vraie ni fausse. Sachant cela, le sopkiste ckerche à montrer la face trompeuse, à faire par là iUusios aux esprits inattentife ou non assez cultivés. C'est ce que disent Aristote, Platon et, avec eux, tous les esprits sérieux, «iciens ou modernes, qui, a][H*ès eux, se sont occupés du même sujet et n'ont pas cru devoir les réhabiliter. Cet art, notez-le, les sophistes s'en vantent ; c'est ce par quoi eux-mêmes se sont définis. C'est l'art qu'ils ont enseigné à la jeunesse athénienne ^ Cela aussi leur a permis d'^user de la crédulilé du vulgaire et de l'ignorance de leurs semblables. Ils l'ont fait sciemment, volontairement, dans un but intéressé, égoïsée, 4e vanité, de soif du pouvoir ou d'imibition, par amour de la richesse ou du gain. £t c'est ce qui, de UM temps, leur a valu le mauvais renom dont an parle et que, selon imn, îb ont mérité. Platon et Ârislaie les ont<41s calomiiiés ? On l'a dit, il y aurait à le prouver (voy. infra).
4® Ce n'est pas tout ; qoand on dit : En toute question, il y a, au moins, deux côtés à examiner, on dit vrai. Mais ces deux côtés sontils égaux ? Doit-on dire avec les sophèstes : Tcàm X^cp ^oç hoç «vrtxa(ciu? La vraie culture de l'esprit consiste-t-elle à soutenir que tout est égal ? £^-il vrai aussi qu'il n^ ait pas de mesure fixe pour apprécier ici la vérité) je veux dire VégalUe ou VinégaHté entre ces faces diverses? Bref, pour discerner la vérité, recanaaitre ce qui est vrai ou faux, inférieur ou supérieur, il faut pouveir mesurer la part de vérité en chacune d'elles. Y ji-t-il un critérium f N'y «-t41 d'autre mesure que la manière de voir toute personnelle de diacun, comme le prétend Protagoras avec sa formule ? Les sophistes le disent. Ontils iraison de le dire ? Li est le point. S'ils ont raison, oà est la vérité? Gelle*-ci, la vérité, ils n'y croient pas ; mais l'art qu'ils prafessent, ils y croient. £t quel est-il? L'art de Caire Musion, deifaire jtrendre i'mjh parence pour la réalité. Cet art est-il un art bm élevé, noble, ttéral, ou un art vil et méprisaUe? Ceux qui en 'ont ainsi jugé et
i. awiP««D\ télç ^$Un<i 94Htv ^(^mwfuàXai^ (Plit, So^., 331; Cf. PMayaf»i).
l'ont qualifié tel se sont-ils bien trompés? Nous ne le pensons pas, ni qu*il y ait lieu de casser leur jugement et de le réformer, ni même de trouver qu'à leur tour ce soient des esprits bornés, trop attachés aux préjugés et aux vieilles maximes du sens commun et de la saine raison. En tout cas, c*est ce qui n'apparaît pas assez dans la tbése bégélienne, et Ton y voudrait plu$ de lumière.
Or, c'est là-dessus qu'il faudrait précisément s'entendre et ne pas laisser d'équivoque. Et voilà pourquoi nous insistons. L'ami de la vérité, disons-nous, le vrai philosophe, cherche aussi à voir les différents côtés d'un sujet ; mais c'est pour y démêler ce qui est vrai et ce qui est faux, le distinguer, choisir et se décider. H compare et pèse les raisons ; il admet ou rejette ce qui lui paraît vrai ou faux après mûr examen des raisons contraires. Ces faces diverses, il voit s'il y a moyen de les accorder, de les concilier, uniquement mû par le désir de connaître la vérité. H en est tout autrement du sophiste. Comme il n'y a pour lui ni vrai ni faux, ni juste ni injuste, ni beau ni laid, etc., mais seulement des faces différentes d'un même objet qu'il peut faire paraître à son gré telles qu'il le désire ou rendre vraisemblables, il emploie à faire réussir cette opération tous les moyens dont il dispose, toutes les ressources de son habileté et de son art. Le grand art, c'est de faire paraître et croire. Cet art, tous les sophistes le pratiquent, les anciens, comme les nouveaux et les nouveaux comme ceux qui, les premiers, l'enseignèrent.
Les sophistes soutiennent Yabsolue égalité des contraires (kkSxtiç) ou du pour et du contre. U n'y a pour eux qu'une chose qui ne soit pas égale : c'est le talent de celui qui raisonne ou qui parle, l'art de discuter ou de persuader. Le sophiste sait faire d'une mauvaise cause une bonne et d'une bonne une mauvaise : t^v ^rrco Xoyov xpetrno irotstv. C'est là le grand art et la vraie sagesse. Là-dessus Protagoras et Gorgias sont du même avis qu'Eu th}dème, Thrasymaque ou Dionysodore. C'est du moins ce qu'ont dit les contemporains, assez bien renseignés, ce semble, et qui les ont connus, Xénopbon comme Platon, Aristote comme l'un et l'autre, quoiqu'ils diffèrent d'opinion sur beaucoup d'autres points.
Nous ne voyons pas en quoi la thèse hégélienne a dû faire revenir les modernes de cette opinion. Du moins nous ne trouvons pas les arguments assez clairs ni assez directs, mais plutôt à côté de la question véritable.
J'en conclus que cette thèse, soutenue par Hegel, dans sa Logique et ailleurs, en ce qui concerne l'idée même de la sophistique, n'a aucune valeur, en dehors de son système. Elle ne fait pas connaître.