‹ La philosophie ancienneChapitre 15 sur 194 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

OU spéculative comme des autres formes de son intelligence et de son activité. Celle-ci est la plus haute : comment se résigneraitil à renoncer à ce qui fait Tobjet incessant de toutes les autres qui lui sont inférieures? C'est donc parce que ses conquêtes également ici sont solides et durables qu'il y attache un grand prix et qu'il s'intéresse à ces systèmes. Il en est des anciens comme des nouveaux. Et c'est pour cela seulement que leur étude est féconde, qu'elle n'a pas perdu pour lui son intérêt; mais il ne peut prendre une part bien vive à ce qui ne serait reconnu que comme simplement hypothétique et probable, surtout à ce qui serait personnel, relatif ou individuel, particulier à certains hommes, à leur temps et aux circonstances où ils ont vécu, même à ce qui aurait été utile mais transitoire.

Il ne peut surtout s'amuser et se complaire au spectacle de ces variations incessantes, de ces tâtonnements infructueux de la pensée, aux élucubrations abstraites de ces hommes qui ont été, dit-on, de grands esprits, mais qui n'auraient laissé après eux rien de durable, de placé en dehors des vicissitudes du temps.

Les sciences elles-mêmes eussent-elles profité de ces systèmes aujourd'hui disparus, cela ne suffirait pas à les rajeunir ni à leur rendre l'intérêt qu'ils auraient perdu. Cela ne pourrait surtout satisfaire la raison moderne sollicitée par tant d'autres objets et occupée à poursuivre aujourd'hui un autre idéal.

Voilà ce que nous avions à dire de cette seconde opinion dont l'importance, le nombre de ses partisans, le haut savoir et le talent de ceux qui la représentent, excuseront la franchise et la vive insistance de notre critique. Nous ajouterons quelques mots propres à rendre justice à la vérité qui y est contenue et à dissiper tout malentendu à ce sujet.

Dans ce parallèle que Von établit entre la philosophie^ la science^ la religion et Varty nous reconnaissons volontiers la ressemblance, pourvu que la différence essentielle subsiste et soit maintenue. Cette différence est précisément le caractère scienti-

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