LA SCIENCE ET LA PHILOSOPHIE XXV
fique que Ton nie. L'art poursuit un idéal et le réalise, l'idéal du beau, idéal non abstrait mais concret, uni à la forme sensible, ou représenté dans de belles images. La religion aspire à un autre idéal, Tidéal suprême, Tidéal parfait, qu'elle aussi manifeste et révèle sous des formes individuelles réalisées dans le dogme. La philosophie comme science a aussi le sien, idéal abstrait^ dépouillé des formes sensibles et qui s'adresse à la raison pure. Le fond est commun. Ce sont toujours les idées ou les principes et le principe éternel qui en est la base ou la substance. En un mot, c'est toujours la vérité étemelle. L'élément de beauté * qui représente l'œuvre d'art est le même que l'élément de sainteté ou de perfection divine que la religion offre comme dogme à Tadoration des fidèles. C'est aussi ce même objet que conçoit ou s'efforce de concevoir la pensée philosophique comme terme de ses spéculations. Là est l'identité ou, si l'on veut, la participation. Mais ce qui fait la fausseté de l'opinion critiquée, c'est qu'en elle s'efface sous la ressemblance la différence caractéristique ou spécifique qui constitue la philosophie. Celle-ci, la philosophie, on la dit, c'est la pensée pure dépouillée de ses formes. Le système est abstrait, conçu et formé d'une manière abstraite; il s'adresse à l'entendement abstrait. Et c'est par là précisément que la philosophie, dont la base est la métaphysique, est une science. Elle Test par les raisons qui ont été dites, bien qu'elle ne puisse se confondre avec les autres sciences *. Elle contient ce qui en elles est le plus scientifique, les principes et les causes. Elle seule sert à relier les parties disséminées de l'ensemble que se partagent les autres sciences. Seule aussi elle donne la vraie raison, le pourquoi (la fin) des choses. Elle offre la science dans son intégrité, son idéalité, comme l'ont fort bien vu tous les vrais philosophes, tous fondateurs de systèmes et qui sont de vrais métaphysiciens :