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L'IDÉE DE LA SOPHISTIQUE

DANS L'fflSTOIRfi

Avec un aperçu des principaux jugements portés sur la sophistique

ET LES sophistes GRECS PAR LES AUTEURS ANCIENS ET MODERNES.

Opimonum commenta Met dies, nmtttrm Jmdieim confirmât, (Cio*, Ih nat. deôrumy II, 2.)

Le mot SOPHISTE BT SON KSTOiRB. — Le mot sophiste» oocptorncr dérivé de co(^ç^ est très anciea daas U langue gceeqa^

Il désigne simplement un homme cpii excelle dans son art, quel que soit cet art. Le sophiste est celui (joe sou intelligeiiee ou son habtteté mettent au-dessus du vulgaire. Le talent de la parole y est compris. C'est rbomme disert, éloquent^ qui sait parler et raîaoaiier de tout, surtout de ce qu'il sait. La sagesse pratique, fruit du savoir, est ici le trait principal. Plus tard, les sages spéculatifs eux-mêmes furent appelés sophistes, de sorte que sages et sophistes étaient à peu prés synonymes; ol U oocpol xol wffumX IxoXoQvta, nous dit Di^géne de Laerce, I» 12, IV, 95. Ce nom, Hérodote QL 29, IV, 95) le donne à ceux qui furent comptés parmi les sept sages, à Soton, à Pythagore. Mais la dënominatioa première était heauooup plus générale ; elle s'étendait à tous les artistes et aux artisna eux-mêmes, ic8ç xr/iyktiç (Suidas).

Les hommes d'État, les législateurs, les généraux d'armée, les méàeànSj les ma^ciens étaient ainsi appelés, tantôt acfcpot, tantôt ao<piaTQiU Bans un vers de Sophocle cité par Athénée, le ehuntre Thamiras reçetl cette épithéte qui ailleurs est aœsi e^e d^on joueur de flfùte. Le poète Crafmus la donne aux poètes, y compris Homère,. Hésiode, etc»

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(Diog. L., I, 12). Elle s'appliquait môme aux personnages divins, à Jupiter, le père des dieux, à Pluton, etc., à Eole, à Sisyphe, etc. ^

Ainsi, sophiste, à l'origine, ne peut avoir signifié que sage, qui possède la sagesse pratique en tout genre ou une supériorité quelconque, de sorte qu'il pouvait y avoir des sophistes très différents n'ayant entre eux rien de commun que l'idée abstraite, très générale, qui sert à les dénommer.

Plus tard, le sens se spécifie davantage. Le mot s'applique aux maîtres qui enseignaient en public et qui se faisaient rétribuer. C'étaient des hommes distingués par leur savoir, leur talent de parole, l'étendue et la variété de leurs connaissances. Leur enseignement comprenait tout ordre de sciences et d'arts, les mathématiques, la physique, l'astronomie, la musique, l'éloquence, lagynmastique, etc. (V. Platon, I Hippias). Ils étaient très estimés, goûtés et honorés. Plusieurs jouirent d'une grande réputation, se firent admirer surtout par leur éloquence et leur habileté à traiter les affaires (Ibid,).

Avec Socrale et son école, la signification change. Le nom de sophiste, qui n'avait eu jusque-là rien que d'honorable, fut pris en mauvaise part ; il devint synonyme de faux sage, qui vend la sagesse ou qui l'enseigne dans un but intéressé, égoïste, qui s'en fait simplement un moyen utile pour gagner de l'argent, ou pour se faire admirer, s'en parer, satisfaire son ambition, etc. C'est le sens qu'on trouve partout chez les contemporains de Socrate et les socratiques, Xénophon, Platon, Aristote ou Isocrate ; dans Aristophane (Nuées).

Toutefois, le mot conserva sa signification première, vague et indéterminée, à cdté de la nouvelle.

n est pris dans un bon ou un mauvais sens, selon Fesprit et l'intention de ceux qui s'en servent. Socrate lui-même était rangé parmi les sophistes; Aristophane suivait l'opinion commune dans sa pièce où 0 en fait le sophiste par excellence. Dans Xénophon, ce nom est donné aux anciens philosophes ou physiciens, et aux poètes. Platon luimême l'emploie quelquefois dans l'acception ancienne quand il dit, par exemple, de Diotime, la devineresse de Mantinée, qui enseigne à Socrate les mystères de l'amour : c Et elle, comme les plus parfaits sophistes... > (Banquet, 208, B '). Isocrate, dans son discours contre

1. Snr tontes ces significations voyex Grésoluus: I%wtrm^ t^erymrhdorum, ouvrage savant quoique indigeste où tontes ces dénominations sont indiquées; les sophistes sont distingués, classés, etc. — Voy. aussi Grole, HUt. de h Grèce, ch. vm; Zeller, PhU. dtr Griechm, t I. p. 882.

2. Ûviccp o{ TiXfitoi QOifiaxal. L*Amour est aussi appelé sophiste, philosophant sans cesse, enchanteur, magicien, sophiste (Ibid, 263, D) ; cf. Minot,

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