‹ La philosophie ancienneChapitre 159 sur 194 · LA SOPHISTIQUE DANS XÉNOPHON · texte numérisé non relu

LA SOPHISTIQUE DANS XÉNOPHON

le charlatanisme de ees hommes qui préiendeiii avoir résolu les plus hauts problèmes qu'ils n'ont même pas étudiés. U leur reproche aussi de ne pas s*eotaidre,de se oonlredîre entre eux, et ee blâme n'est pas moins énergiquemeat eipiimé.

< Socrate n'avait pas la manie si commune d'embrasser dans ses kçons tout ee qui existe, de rechercher l'origine de ce que les sophistes appellent la nature et de rononter aux causes Bécessaîres qui oot donné naissaaee aux choses célestes > (I, 8).

c U admirait surtout l'aveui^mait de ces faux sages qui ne sentent pas que l'esprit humain ne saurait pénétra ces mystères. Aussi, disait-il que ceux qui se piquent d'en parler le mieux sont bien hrin de s'accorder entre eux sur leurs principes. Qu'on les voie ensemble, on les croirait une assemblée de fous. C'est ainsi qull pariait de ces vaines spéculations, etc. >

Qu'on voie ici une preuve de l'idée trop étroile de la soenoe qu'avait Socrate et qu'il restreint aux choses humaines, c'est possible; mais c'est surtout le faux savoir, le savoir universel que poursuit son ironie dans les sophistes.

A ce savoir universel se joint aussi, chez eux, l'art universel, qui doit remplacer tous les autres arts. Cet art unique, c'est l'art de discourir ou de raisonner sur tout, d'enseigner ce qu'on ne sait pas, sans que le talent et l'exercice soient nécessaires.

Xénophon, aussi bien que Platon, le tourne en ridicule. L'exem{de donné par lui dans ces entretiens est parfaitement choisi; on doit en convenir:

Lui, le grand capitaine, ne manque pas de faire ressortir ce qu'il y a de ridicule en dSet à enseigner l'art de la guerre quand on n'est qu'un discoureur et un vain artisan de paroles qui prétend ainsi former son disciple i devenir un bon généraL

<c Un certain Dyonysodore, le même sans doute que dans Phton (£utAydème),qm venait d'arriver i Athènes, s'annonçait pour donner des leçons dans l'art de commander les armées. Socrate se moque finement de cette prétention. D nâlle le jeune homme qui croit sortir habile des mains du sophiste et le sophiste lui-même. Il le compare i Agamemnon dans Homère. L'aitreti»i continue sur ce ton. Socrate après s'être moqué du jeune homme lui montre que la tactique, que le sophiste ^iseigne, n'est eHe-mème qu'une partie de l'art militaire. Il s'étend aussi sur les devoirs d'un bon général et finit par cette leçon sévère, qui s'adresse encore plus au maître qu*à l'élève : c Retourne donc le trouver, fais-lui les questions nécessaires; s'il sait l'art qu'il se mêle de professer et que ce ne

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soit pas un impudent, il rougira de s'être fait payer et de ne t'avoir c pas mieux instruit > {Ibid.).

n 8*agit bien encore ici du salaire, mais aussi de l'instruction que le salaire procure et des qualités de celui qui la fait acquérir.

V. L'art oratoirb et la politique des sophistes. — Dans un autre exemple, c'est de Y Eloquence et de la Politique qu'il est question, et que les sophistes se vantaient surtout d'enseigner (voy. Platon, Gorgias).

« n savait que le bel Euthydème, pour avoir rassemblé un grand nombre d'ouvrages des poètes et des sophistes les plus renommés, croyait devoir l'emporter par ses lumières sur ses égaux, et n'avoir de rivaux à craindre ni dans Téloquence, ni dans la science de gouverner » {Mém., IV, 3).

Socrate fait comme pour l'art militaire, il montre que la parole est vaine, que les préceptes sont inefâcaces, sans la science, que, sans elle et la connaissance des affaires, on n'est ni un vrai orateur, ni un homme d'Etat digne de ce nom ou un politique.

L'entretien avec Hippias (liv. IV, ch. xvi), pour le fond et pour la forme, est tout à fait dans le sens et la manière dont la sophistique est représentée dans Platon. Cet entretien roule sur la Justice. Socrate, très poli, complimente le sophiste sur ses talents; mais il le raille sur l'inconsistance de ses réponses, qui, chez lui, révèle l'absence de principes, et de suite dans le raisonnement. On peut comparer ce dialogue avec le passage analogue du Gorgias ^.

< Hippias, qui l'avait écoulé, lui dit d'un ton railleur : « Gomment Socrate, vous répétez donc encore les mêmes choses que je vous ai déjà entendu dire il y a si longtemps. — Oui, toujours les mêmes choses et sur les mêmes sujets. Pour vous qui êtes un homme plein de science» peut-être sur les mêmes sujets dites-vous toujours des dioses nouvelles. > i

Le sophiste croit avoir trouvé une définition de la justice. Socrate la réfute, puis il expose la sienne, qui n'est autre que celle de la loi, de la distinction des lois écrites et non écrites {Mém,^ FV).

VI. Leur éducation de la jeunesse. — Le traité De la Chasse attribué à Xénophon n'est pas authentique; mais de cela seul qu'il lui est attribué, on doit conclure qu'il est composé dans son esprit. Or voici comment y sont qualifiés et jugés les sophbtes en ce qui

1. CallicUs. — Ta dis tonjoon les mêmes choses, Socrate. — SocraU, — Non-sealemeDt les mêmes choses, mais sur les mêmes ohjels, àXXà xa\ icep\ xûv auT£>v {Gargiat, 490, E).

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